Un songe prophétique

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Le cinquième chapitre du livre « Telle mère, tels fils », issu de la vie de saint Jean Bosco, dont les pages sont consacrées à Mamma Margherita, s’intitule « un songe prophétique ».

« Telle mère, tels fils ». Chapitre V. Un songe prophétique. Page 30 à 33

« Et nous voici arrivés à une page mystérieuse, à l’histoire d’un songe qui, non seulement mettra en émoi l’âme du plus jeune des fils de Marguerite, mais aiguillera définitivement sa vie vers la prêtrise.

Un matin, au réveil, le petit Jean, qui pouvait avoir neuf ans à cette époque-là, raconta qu’en rêve, il s’était vu, la nuit, devant sa porte, au milieu d’une multitude d’enfants hurlant, criant, blasphémant, polissonnant. À coups de raisons d’abord, à coups de poing ensuite il voulait les faire taire. Mais un personnage mystérieux s’approchant lui dit :

« Non ! Pas de violence ! De la douceur ! De la douceur, si tu veux gagner leur amitié. »

Alors ces garnements qui, pour un instant, s’étaient mués en fauves de toute espèce, se transformèrent en agnelets timides et dociles, tandis qu’une voix caressante de femme, surgie au milieu de cette scène, lui disait :

« Prends ta houlette et mène-les paître. Plus tard tu comprendras le sens de cette vision. »

Le récit terminé, chacun l’expliqua à sa façon.

« Tu deviendras peut-être le gardien de moutons, de chèvres, et d’autres animaux, dit placidement Joseph.
– À moins que tu ne deviennes chef de brigands, repartit amèrement Antoine.
– N’attachons pas d’importances à un songe », murmura la sage grand-mère.

Mais Marguerite Bosco enveloppant son fils d’un long regard d’amour, pensa :

« Qui sait si un jour, il ne deviendra pas prêtre ? »

C’était elle qui voyait juste. De fait, dans les années qui suivirent, le petit Jean s’ouvrit à plusieurs reprises à sa mère, de son ardent désir de devenir prêtre.

« Prêtre ! Prêtre ! répondait sa mère, c’est bientôt dit. Mais pourquoi veux-tu le devenir ? Quelle idée te pousse ?
– Écoutez, mère, répondait Jean, si je puis arriver un jour au sacerdoce, je consacrerai ma vie aux enfants. Je les attirerai à moi. Je les aimerai et m’en ferai aimer. Je leur donnerai de bons conseils, et me dépenserai sans mesure pour le salut de leurs âmes. »

Et ce programme d’apostolat il le mettait déjà en pratique, autour de lui, aux Becchi. Pendant un court séjour qu’il avait fait à l’âge de neuf ans chez une de ses tantes, servante du curé de Capriglio, il avait appris à lire très couramment, et ce modeste talent lui permettait d’animer les longues veillées d’hiver. Dans les métairies du hameau, c’était à qui posséderait le petit lecteur, tant il savait donner à son récit de la couleur et de la vie. Juché sur un escabeau, ou sur une chaise, pour bien dominer le monde, il entamait la lecture des Reali di Francia devant le plus simple, le plus divers et le plus attentif des auditoires : et, pendant des heures et des heures, ces braves Piémontais restaient là, suspendus aux lèvres du petit Jean. Inutile de dire que la séance s’enclavait entre deux signes de croix et deux fervents Ave Maria.

À la belle saison, c’était bien autre chose : le lecteur se muait en jongleur, paillasse, saltimbanque. Dans un bout de pré des Bosco, qui dévalait à droite du logis, il étendait une corde d’un poirier à un cerisier, déroulait à terre un tapis, et l’après-midi du dimanche exécutait devant un public nombreux, où tous les âges se coudoyaient, un programme complet de jongleur. Gymnaste, il multipliait les sauts périlleux, faisait la roue, marchait les pieds en l’air, opérait des rétablissements prodigieux ; prestidigitateur, il décuplait une douzaine d’œufs, changeait l’eau en vin, étranglait un poulet et le ressuscitait, arrachait des pièces de cent sous du nez de ses spectateurs ; bateleur, il sautait, courait, dansait sur la corde lisse, s’y suspendait d’un pied, puis de deux, enfin exécutait mille tours d’audace et de souplesse. Dans sa pensée, tout ce programme d’amusements n’était qu’un moyen, le meilleur de tous, pour amener à soi les gens du hameau, qui devaient payer leur écot en récitant au préalable un bon chapelet et en écoutant, un peu tronqué sans doute, mais assez fidèle quand même, le sermon du curé de Murialdo.

Il y avait bien parfois un essai de résistance dans l’auditoire, quelques murmures sourds, des tentatives d’évasions momentanées, mais d’un ton décidé Jean mettait le marché en mains :

« C’est à prendre ou à laisser : mes tours sont pour ceux qui récitent le chapelet. Si vous vous éclipsez à ce moment-là, je vous prierai de ne pas revenir pour le divertissement. »

Et tout le monde restait.

Quand on montre une telle précocité d’esprit, un amour du bien aussi agissant, une telle connaissance de la doctrine chrétienne, il semble que l’on possède ce qu’il faut pour s’approcher du sacrement de l’Eucharistie. Ce fut au temps de Pâques, à la fin de mars 1826, qu’il reçut à l’église paroissiale de Castelnuovo l’hostie divine pour la première fois. De ce grand événement, il ne nous reste comme souvenirs bien précis que les conseils donnés au soir de ce jour par maman Marguerite à son plus jeune fils :

« Mon fis, lui dit-elle, j’ai la douce confiance que Dieu a vraiment pris ce matin possession de ton cœur. Promets-lui de te conserver bon et pur jusqu’à la fin de ta vie. Communie souvent mais prends garde aux sacrilèges : et pour cela, confesse-toi avec franchise. Sois obéissant : rends-toi volontiers au catéchisme et au sermon, et fuis comme la peste les mauvais compagnons. »

Sur le manuscrit où Jean nota plus tard ces sages avis, on lit à leur suite :

« Je m’efforçai de mettre en pratique ces recommandations, et dès ce jour il me sembla que ma vie s’améliorait. J’appris surtout à obéir, à me soumettre, moi qui auparavant opposais souvent mon caprice aux ordres et aux conseils de qui me commandait. » »

Lien vers le fichier PDF : http://www.fichier-pdf.fr/2016/10/02/un-songe-prophetique/

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3 commentaires pour Un songe prophétique

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  3. samuel dit :

    Bonsoir à vous,

    Il est en effet plus préférable dans ces moments-là de s’éloigner du vacarme du monde, comme de ceux se prétendant plus réveillés, afin de pouvoir moins oublier les songes que la vie nous adresse quelquefois. Vous n’avez pas idée, comme les gens recherchent souvent à idolâtrer ceux qui recherchent pas tant que ça à s’avancer, hier comme aujourd’hui d’ailleurs.
    Or plus ils prétendent réveiller et plus ils pourraient pas moins endormir, tant au sujet de la laine, de la soie comme du coton, après je ne sais si vous en avez pu déjà constater la chose. Par conséquent, vous vous en donnerez la peine d’en témoigner, afin que bonne hygiène ne se perde pas trop, ils diront pas moins que vous n’êtes plus en état de grâce.
    Ils sont comme ceux recherchant pas si fréquemment à fonctionner ainsi, et donc ne savent pas plus combien ils en perdent des décilitres durant la nuit, et plus encore au niveau des songes comme du reste. Vous comprenez, plus ils perdent leur temps à discuter à perte de vue sur l’interprétation des signes, et plus ils en finissent par ne plus savoir à quoi ils préfèrent ressembler, tant beaucoup préfèrent se laisser séduire par toutes les manières, c’est pourquoi même si plusieurs invoquent la raison, leur interprétation est médiocre au sujet de nos songes.

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