Guide de lecture

bon_berger_aime_dieu_et_ton_prochain_comme_toi_meme_verge_de_fer

Cher lecteur,

ATTENTION : À partir de l’année 2016, les articles seront publiés le dimanche, jour du Seigneur.

Blog participatif : Créations Chrétiennes

Blog sur l’histoire de France : La France Chrétienne

Nouveau blog sur saint François de Sales : Les amis de saint François de Sales

Avancer sur le chemin de la quête spirituelle Chrétienne est toujours délicat. Dans ces temps modernes, le Christianisme n’est plus enseigné comme il devrait l’être. Dieu n’est plus le premier servi depuis la moitié du XVIIe siècle. Ce blog peut vous aider, dans une certaine mesure, à progresser sur la voie de la vérité du Christ. Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit !

Voici un petit guide de lecture afin de mettre en avant les articles qui devraient être lus en priorité :

La victoire appartient aux catholiques

La vérité divine du christianisme (Abbé de Broglié)

La conversion du monde romain au christianisme (Abbé de Broglié)

Les miracles de Jésus-Christ (Abbé de Broglié)

La vie du fondateur du christianisme (Abbé de Broglié)

La doctrine chrétienne sur Dieu et les hommes (Abbé de Broglié)

La prophétie hébraïque du Christianisme (Abbé de Broglié)

La sainte Église face aux coalitions hérétiques (Abbé de Broglié)

Dieu et le monothéisme primitif (Abbé de Broglié)

Sur les autels (La vie de saint Dominique Savio)

Dominique revient (La vie de saint Dominique Savio)

Les derniers jours (La vie de saint Dominique Savio)

Le terme approche (La vie de saint Dominique Savio)

La compagnie de l’immaculée conception (La vie de saint Dominique Savio)

Son esprit de prière, sa dévotion mariale (La vie de saint Dominique Savio)

Désir de sainteté (La vie de saint Dominique Savio)

Rencontre de don Bosco (La vie de saint Dominique Savio)

À l’école de Châteauneuf (La vie de saint Dominique Savio)

La vie de saint Dominique Savio (La vie de saint Dominique Savio)

Suivez-moi, mon joug est léger !

Une mort prédestinée (Telle mère, tels fils – 1931 – St Jean Bosco)

Le cadet des trois frères (Telle mère, tels fils – 1931 – St Jean Bosco)

Les transes d’une mère (Telle mère, tels fils – 1931 – St Jean Bosco)

Dix ans de dévouement, de prière et de pauvreté (Telle mère, tels fils – 1931 – St Jean Bosco)

Rajeunie de trente ans (Telle mère, tels fils – 1931 – St Jean Bosco)

Fils dignes de leur mère (Telle mère, tels fils – 1931 – St Jean Bosco)

En collaboration (Telle mère, tels fils – 1931 – St Jean Bosco)

Les origines douloureuses d’une grande oeuvre (Telle mère, tels fils – 1931 – St Jean Bosco)

Le triomphe d’une vocation (Telle mère, tels fils – 1931 – St Jean Bosco)

La fin d’une épreuve (Telle mère, tels fils – 1931 – St Jean Bosco)

Une vocation bien éprouvée (Telle mère, tels fils – 1931 – St Jean Bosco)

Un songe prophétique (Telle mère, tels fils – 1931 – St Jean Bosco)

Un trio de petites têtes peu commodes (Telle mère, tels fils – 1931 – St Jean Bosco)

Une mère qui connaît son métier (Telle mère, tels fils – 1931 – St Jean Bosco)

Les années se suivent et ne se ressemblent guère (Telle mère, tels fils – 1931 – St Jean Bosco)

Une vraie jeune fille chrétienne (Telle mère, tels fils – 1931 – St Jean Bosco)

La bonté de Théodose 1er

La miraculeuse victoire de Théodose 1er

La pénitence de Théodose le Grand

Éclaircissement sur les sacrifices

Le décalogue de la Nouvelle France (gloire de l’Olivier)

Les graves erreurs du XXIe siècle

Napoléon 1er, ennemi de l’Église

L’importance de la famille

Les véritables raisons de la mort de la France

Le catholicisme caricaturé par ses ennemis

Les 72 outils indispensables aux bonnes oeuvres

Cette liberté qui engendre la dictature

Les désastreuses conséquences de l’apostasie

Le procès et le martyre de sainte Cécile

Le martyre de Valérien et Tiburce

Jésus-Christ, Fils de Dieu

Le miracle de la légion Fulminante

Orphée, allégorie de Jésus-Christ

La beauté de la morale chrétienne

Le livre du Pasteur et l’allégorie de la tour

La naissance de l’Église

La chasteté, pierre angulaire du christianisme

Saint Pierre, fondateur de l’Église

Les origines de la gnose

La persécution des chrétiens sous l’empire romain

La divine origine de la chaire

L’abolition de la loi judaïque

Ode à la femme

Fuyons l’esprit du monde

Le mensonge de l’athéisme

L’homme sensé pèse ses mots

Les racines du mal

Dompter le lion qui rugit en soi

Les dangers de la société de droit

La prière miraculeuse

Les croyances qui mènent à la sainteté

De la déification de l’homme

La glorification de l’homme est un poison mortel

De la crucifixion de Notre Seigneur Jésus-Christ

De l’exaltation de la Sainte Croix

La culture du bon sens est un précieux trésor

Comment relever la France après l’effondrement ?

Qu’ont-ils fait de la France ?

Communiqué du Lieutenant du Sacré-Cœur de Jésus

Marchons sur les pas de Jésus

Donne-moi la force d’aimer

Faut-il combattre l’injustice ?

Une mise au point s’impose

L’antisémite, idiot utile du système

La France a besoin de votre talent !

Adieu mes amis, je dois partir

RÉSISTANCE CHRÉTIENNE : Catéchisme de 1947

L’heure est grave. Cessons de tergiverser. Il est temps de nous réveiller.

CRIS DE COLÈRE !

Prophétie pour la France

Nous ne sommes pas Charlie

On ne peut pas être bon et mauvais à la fois

Celui qui ne s’indigne pas de la progression du mal est complice de ceux qui engendrent le chaos

Il est l’heure de faire un choix : Jésus-Christ ou La Bête

Découvrez qui veut anéantir les Chrétiens

Un modèle de société idéale pour la France

Les commandements du roi

Le prince fera lever au Ciel les regards éteints

Le secret du roi

Tous les chemins mènent à Jésus-Christ

Quel est l’ultime secret de cette civilisation ?

Cessons de dire « je ne peux rien changer »

Pour vaincre le mal, il n’y a qu’une seule solution

La seule échelle de valeur réaliste pour une société Juste

Pour en finir avec les mensonges contemporains

Les autres articles peuvent être lus indifféremment. Il est toutefois conseillé de partir des plus vieux aux plus récents : les anciens articles étant moins précis que les nouveaux.

Si vous êtes pressé, ne vous intéressez qu’aux nouveaux articles en remontant progressivement la file.

Ce que vous semez sur terre, vous le récolterez au Ciel. N’oubliez jamais que la Justice Divine est impartiale. Semez l’Amour, de votre vivant, et vous récolterez le Paradis lorsque le Seigneur vous aura rappelé à lui. Dieu vous bénisse pour votre soif spirituelle.

saint_michel_archange_guide_de_lecture

Publicités
Publié dans Article | Tagué , , , | 46 commentaires

Qui n’est pas avec moi est contre moi

Voici une méditation, intitulée « qui n’est pas avec moi est contre moi », pour rappeler la véracité du catholicisme

« Qui n’est pas avec moi est contre moi,
Qui n’amasse pas avec moi disperse,
Qui s’accapare les trésors de la terre n’obtiendra pas ceux de l’Éternité,
Qui ne fait pas le bien fait le mal,
Qui ne m’aime pas me hait,

Qui cherche à éradiquer le mal brise les os d’autrui,
Puisque la loi du talion s’oppose à la Loi de l’Amour,
Ainsi, je vous dis de suivre les deux commandements suivants,
Tu aimeras Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme,
Et tu aimeras ton prochain comme toi-même,

Le matérialisme s’oppose à la foi,
Puisque l’amour des biens de la terre éloigne de ceux du Ciel,
Ainsi, celui qui aime l’argent méprise son frère,
Celui qui hait Dieu finit par aimer Satan,
L’aveugle est complice de celui qui vénère le mal,

Mes commandements sont de bonnes lois,
Celui qui les applique est comparable à un bon berger,
Tandis que celui qui veut vivre comme il l’entend est plein d’orgueil,
Il est rempli d’ossements et de ténèbres,
Puisque la mauvaise liberté s’oppose à mes commandements,

Est réellement libre celui qui m’aime,
Puisqu’il écoute mes lois,
Et fait mon admiration dans les Cieux,
Tandis que l’effronté se préfère à moi,
Pour se perdre dans le péché et la barbarie,

Combien d’aveugles de ce temps,
Suivent obstinément leur propre volonté,
Pour assouvir leurs passions malsaines,
Pour vivre selon des règles dictées par des hommes avides,
Ceux qui sont sans foi ni loi,

Qui n’est pas avec moi est contre moi,
Qui n’amasse pas avec moi disperse,
Qui suit ses passions ne fait pas ma volonté,
Qui cherche la richesse ne m’écoute pas,
Qui a soif de luxure est perdu,

Celui qui lève les yeux vers le Ciel,
Et souhaite m’aimer sincèrement,
Se réforme lui-même,
Il admet ses imperfections,
Il revêt une Armure en Or pour vaincre le péché,

Celui qui cherche à se vaincre lui-même m’est fidèle,
Il n’accuse plus les autres mais accepte ses fautes,
Il se pardonne et devient patient,
Il devient doux avec lui et avec ses frères,
Il finit par faire la volonté de Dieu,

Celui qui accepte de porter ma Croix est bon,
Il marche à mes côtés sur l’étroit Sentier de la Vie,
Il n’est plus de ce monde,
Il boit une Eau Vive que les autres ne connaissent pas,
Il ouvre les yeux à la beauté de la Création,

Celui qui est avec moi n’est plus de ce monde,
Les autres ne le comprennent pas,
Perdus dans leurs pensées, ils jugent futilement,
Ils voient les ténèbres sans chercher à regarder la Lumière,
Celui qui m’aime aura la vie éternelle,

Combien d’hommes m’aiment aujourd’hui ?
Donnez-moi le nombre de ceux qui croient en moi ?
Ceux qui m’honorent vraiment en secret sont peu nombreux,
Je pourrais les placer sous ma tente,
Puisque ceux-ci sont une poignée,

Combien sont ceux qui préfèrent le jeu ?
Combien sont ceux qui préfèrent l’argent ?
Combien sont ceux qui préfèrent la luxure ?
Combien sont ceux qui suivent aveuglément des lois iniques ?
Combien sont ceux qui ne me connaissent pas ?

En vérité je vous le dis,
Le mal ne vaincra pas,
Je reviendrais pour mes Fidèles,
Pendant un Petit Temps,
Pour leur faire goûter le Miel de la Paix,

Ma Miséricorde est sans borne pour les affamés,
Je donne ma Paix à ceux qui la cherchent,
Mais je laisse le glaive de la division à ceux qui s’acharnent,
Je tourne le dos à ceux qui me méprisent,
Car ceux-ci ont pour père le démon,

Vivez selon les dix commandements,
Aimez Dieu de tout votre cœur et de toute votre âme,
Aimez votre prochain comme vous-même,
Donnez de votre temps à ceux qui en ont besoin,
Soyez là pour votre frère et je serais là pour vous,

Protégez les enfants de ceux qui les scandalisent,
Veillez sur les anciens,
Soignez les malades,
Donnez de la nourriture à ceux qui ont faim,
Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé ! »

Lien vers le fichier PDF : https://lafrancechretienne.files.wordpress.com/2018/03/qui_n_est_pas_avec_moi_est_contre_moi.pdf

Publié dans Article | 1 commentaire

Extrait du livre « de la gnose au transhumanisme »

Pour découvrir l’extrait, avec sa mise en page, au format PDF : https://lafrancechretienne.files.wordpress.com/2018/02/de-la-gnose-au-transhumanisme-extrait-30-pages.pdf

Copyright © 2017 Stéphane B.
Tous droits réservés
Œuvre protégée par horodatage électronique

L’histoire de la Gnose

Avant le Christianisme

Le monde avant le Christ était plongé dans la violence des ténèbres. La force physique prévalait sur toutes les vertus de l’esprit. L’humanité était donc en proie à la violence animale qui se décuple lorsque les pulsions ne sont pas maîtrisées par l’esprit. La Rome antique avec ses empereurs païens et tyranniques sont la représentation matérielle de cette cruauté. L’empereur se définissait comme le maître de la civilisation qui devait être adoré à l’image d’une idole païenne. La cruauté d’un tel dominateur était limitée à son caractère et à sa capacité d’imagination. Autant dire que lorsqu’un tyran s’érigeait à la tête d’un tel empire, l’ensemble des organes de la civilisation se mettait au service de sa cruauté.

Pour nous donner une idée de l’horreur de la condition des esclaves féminins au temps de la Rome païenne, découvrons un texte de Gougenot des Mousseaux.

L’esclavage des femmes sous Rome

La réalité vient encore ici briser une à une toutes nos illusions. Un caprice cruel et sanguinaire constituait le fond de l’humeur des dames romaines. Cela était vrai surtout aux heures critiques consacrées à réparer les oublis de la nature ou les injures des ans. Blasées sur les assassinats du cirque et de l’amphithéâtre, endurcies dès l’enfance au spectacle des punitions sanglantes infligées aux esclaves, ces douces matrones faisaient peser sur leur entourage ces petites et lâches vengeances dont les plus frivoles contrariétés faisaient bouillir en leur sang le désir. Malheur à ces pauvres esclaves, si le billet galant, attendu avec anxiété le matin, laissait s’écouler en vain l’heure cruelle de l’attente ! Si l’intrigue, habilement ourdie, mais dérangée sur sa route par les caprices de l’imprévu, venait à se délier sans résultat ; si le rendez-vous, donné dans le temple d’Isis, sanctuaire des turpitudes de l’adultère (Vouer chasteté à Isis pour tant de nuits pendant lesquelles on se livrait à la débauche), n’avait pu s’accomplir qu’en promesses et en vœux. Malheur à elles, enfin, si le miroir, dans sa franchise brutale, décelait de nouvelles et fâcheuses floraisons sur le visage de la maîtresse, ou bien une de ces altérations subites que la débauche y empreint, comme un témoin de son passage.

Dans les maisons de haut parage, plus de deux cents esclaves, attachées au service personnel de la matrone, expiaient le malheur de leur condition en payant de leurs larmes et de leur sang tout incident qui provoquait la quinteuse et farouche humeur du despote féminin. C’était dépouillées jusqu’à la ceinture qu’elles approchaient de leurs maîtresses, soit à l’heure de la toilette, soit au moment où elles recevaient l’ordre de comparaître pour se prêter aux corrections, dont l’instrument vulgaire était un fouet de fil d’archal garni à ses extrémités de nœuds ou de petites boules de métal. Des épingles, longues de plusieurs pouces, jouaient un rôle habituel dans ces vengeances de la coquetterie ; et lorsqu’une boucle importune persistait à contrarier l’aspect qu’elles prétendaient imposer à leur visage, ces fières matrones ne parvenaient à calmer leur impatience qu’en les dardant au sein ou dans les bras de leur coiffeuse.

Ovide, ce trop savant conseiller des belles, leur donne l’avis de maîtriser leur cruauté et leur emportement lorsque l’œil de l’amant suit les progrès de leur toilette. Que ton esclave alors n’ait rien à craindre de tes ongles ! Je hais l’humeur sanguinaire qui lui perce le bras avec des épingles !… Lalage, dit Martial, jette le miroir à la tête de sa malheureuse esclave ; elle la bat, lui arrache les cheveux et la renverse à terre. Faveur insigne cependant, tant il est heureux pour l’accusée de recevoir les coups de la main furibonde de sa maîtresse ! Sinon la punition revêt un caractère autrement terrible. Une esclave, endurcie aux rigueurs de ce ministère, accourt aux éclats de voix de la matrone, saisit sans pitié la délinquante et la suspend par les cheveux, tantôt à une colonne, tantôt au montant d’une porte ; puis, dans cette posture, elle lui sillonne le dos à l’aide de courroies de cuir de bœuf, ou avec des cordes garnies de nœuds pénétrants. Le supplice dure jusqu’à ce que, l’exécuteur tombant de fatigue, la maîtresse s’écrie d’une voix de tonnerre : Assez, disparais.

Une criminelle insigne attend son arrêt. Qu’a-t-elle fait ?… Elle a laissé tomber sur les pieds de sa maîtresse l’étui d’un miroir. Va-t-on lui attacher aux jambes un anneau de fer et une chaîne telle que la traînent les galériens ? Mais qu’y aurait-il alors d’exquis dans sa torture ? Des milliers d’esclaves en supportent de pareilles, sans avoir provoqué le moindre châtiment, et par cela seul qu’elles sont esclaves, que l’usage le veut. Que sera-ce donc ? La voici garrottée à un bloc pesant et creusé des deux côtés, qui l’enserre, se fixe aux cuisses, au-dessus du genou, lui sert de siège et la suit partout, jour et nuit, péniblement traîné. Fermons les yeux aux détails de ce supplice, car il ne répugne pas moins à la juste délicatesse des sens qu’il n’afflige le cœur. Pour l’apprécier, sachons que les jeunes épouses le réservaient de préférence aux esclaves qui avaient eu le malheur de plaire au maître avant son mariage et de se trouver leurs rivales par anticipation. Et comment craindre d’exagérer le récit de la tyrannie des matrones, dans cet âge de fer, où les poètes, l’histoire des mœurs domestiques, le langage vulgaire nous offrent à chaque instant les noms génériques et variés des instruments et des modes de torture spécialement affectés à ces êtres de douleur.

Réglant ses actes sur ses croyances, l’homme du paganisme, qui se figurait descendre des dieux ou des héros, eût-il été raisonnable de s’abaisser à voir un frère dans son esclave ? La doctrine de l’égalité morale, transmise seulement par la religion qui enseigne à l’homme l’unité de la race humaine, ne pouvait descendre de génération en génération avec le sang. Et trop souvent les bourreaux d’esclaves, exaltés par la fortune, oubliaient qu’eux-mêmes ou leurs pères avaient vécu sous le fouet et la chaîne, jusqu’à ce que plus de bonheur ou d’infamie les eût arrachés à l’esclavage.

(Gougenot des Mousseaux, 1845, p. 36 à 39)

Toutefois, la civilisation romaine était bel et bien supérieure aux peuplades barbares qui n’étaient pas organisées mais soumises à l’esprit de meute. Nous retrouvons ces vérités dans les écrits des Pères de l’Église : des hordes déferlaient sur les villages. La cruauté guerrière des Normands peut aider à se représenter la violence des Goths.

Pillage de Hambourg en 845

Les Normands attaquèrent aussi le royaume de Louis cette même année 845. Ils donnèrent trois combats en Frise : dans le premier ils furent abattus ; mais ils eurent l’avantage dans les deux autres. Ils entrèrent dans l’Elbe avec six cents bâtiments, sous la conduite de Roric leur roi, descendirent à Hambourg, et surprirent tellement les habitants en l’absence du comte, qu’on n’eut pas le loisir d’assembler les gens du pays. L’archevêque S. Anscaire, qui y résidait, voulut d’abord défendre la place, en attendant un plus grand secours, mais voyant qu’il ne pouvait résister aux ennemis, qui assiégeaient déjà la ville, il songea à sauver les reliques : ses clercs se dispersèrent de côté et d’autre, et lui-même échappa à peine sans manteau. Le peuple s’enfuit de tous côtés, quelques-uns furent la plupart tués : les barbares, étant arrivés le soir à Hambourg, y demeurèrent un jour entier et deux nuits, pillèrent et brûlèrent tout. Cet incendie consuma l’église que le saint évêque avait fait bâtir avec grand soin, le monastère et la bibliothèque, composée entre autres de livres très-bien écrits, donnés par Louis le Débonnaire. Enfin il ne resta que ce que chacun trouva sous sa main et put emporter avec lui. S. Anscaire, ayant ainsi perdu en un moment tout ce qu’il avait amassé depuis son épiscopat, ne témoigna aucun chagrin, mais répéta souvent ces paroles de Job : Le Seigneur me l’a donné, le Seigneur me l’a ôté.

(Abbé Fleury, aux alentours de 1691, p.279)

Cependant, la victoire de ces tribus put avoir lieu après la décadence de Rome, donc au début de l’ère chrétienne.

Le Christianisme

Prenons conscience de l’importance de Jésus-Christ qui vint instruire les Hébreux de la vérité du Père. Le vrai Dieu créateur engendra notre monde et tout y fut parfait. Regardons autour de nous pour prendre conscience de la beauté du monde : les paysages, les minéraux, les végétaux, les animaux et les hommes. L’équilibre de la nature est surprenant : tout y est réglé.

L’extrême n’existe pas dans le règne animal, les animaux mangent pour vivre et non l’inverse. Il leur manque deux éléments fondamentaux pour ressembler à l’être humain : la parole et le pouce.

Ainsi, l’animal n’est pas en mesure de créer des structures évoluées. Sa conscience est certainement limitée à ses capacités physiques, bien sûr, il ne s’agit que d’une simple spéculation. Mais l’homme, quant à lui, est responsable de chacun de ses actes parce qu’il possède une conscience développée qui lui permet de formuler des mots. Ainsi, l’homme peut comprendre les notions abstraites et accéder aux lois invisibles qui régissent et organisent le monde. Dieu nous a permis de comprendre Ses lois.

Ajoutons à ceci le pouce applicable aux autres doigts et l’homme est en mesure de créer. Dieu nous a donné une capacité créatrice qui est, heureusement, limitée au travail de la matière. Si seulement l’homme contemporain prenait conscience de tout ceci, il saurait se comporter dignement pour rendre hommage à Son créateur.

Jésus-Christ, modèle pour l’humanité

Il faudrait commencer par la vie de Jésus-Christ même : il est le modèle comme la source de toute perfection. Il nous a donné l’exemple, afin que nous fassions comme il a fait ; et c’est en des grands biens de l’incarnation, que le Verbe se soit rendu sensible, pour être non-seulement l’objet de notre admiration, mais la règle sur laquelle il faut redresser nos mœurs. Je sais bien que cette vie si divine n’a pu être écrite dignement, que par ceux qui avaient vu de leurs yeux le Verbe de vie, qui l’avaient ouï de leurs oreilles et touché de leurs mains, et qui étaient animés de son esprit ; mais du moins chacun peut-il remarquer, selon sa portée, ce qui lui semble le plus propre à être imité par les hommes, laissant aux autres à y en découvrir infiniment davantage, selon qu’ils sont plus avancés dans l’oraison et dans la pratique des vertus chrétiennes.

(Abbé Fleury, 1682, p. 179)

Jésus-Christ, Fils de Dieu, est le réformateur de l’humanité. Il a mis un terme à la barbarie en enseignant aux apôtres l’amour de Dieu et la charité applicable envers son prochain. Il s’agit des deux plus grandes lois divines. Découvrons Sa vie grâce à l’extrait, de l’un des ouvrages de l’abbé Fleury, intitulé « les mœurs des Israélites et des chrétiens ».

La vie de Jésus-Christ

Comme la religion chrétienne n’est pas une invention des hommes, mais un ouvrage de Dieu, elle a eu d’abord sa perfection, aussi bien que l’univers. Il faudrait avoir perdu la raison, dit Tertullien, pour s’imaginer que les apôtres aient ignoré quelque vérité utile au salut, et que dans la suite des siècles on n’ait rien trouvé, touchant les mœurs et la conduite de la vie, de plus sage et de plus sublime, que ce que Jésus-Christ leur a enseigné. Mais cette doctrine si excellente a produit différents effets, suivant la différente disposition des hommes qui l’ont reçue, et les différentes mesures de grâces dont Dieu l’a accompagnée. Les vrais Israélites déjà instruits par la tradition de leurs pères, et par la lecture des écritures saintes, élevés dès le berceau dans la connaissance du vrai Dieu et l’observation de sa loi, se trouvèrent disposés à la pratiquer dans sa perfection, sitôt que cette perfection leur eut été découverte, et qu’ils eurent compris quel salut le Messie leur devait procurer, quel devait être son royaume. Il était bien plus difficile d’amener à la perfection les Gentils, qui avaient vécu jusque-là sans Dieu et sans loi, accoutumés à se laisser mener comme des bêtes devant des idoles insensibles, et à se plonger dans le crime. C’est donc chez les chrétiens de la première église de Jérusalem, qu’il faut chercher l’exemple de la vie la plus parfaite, et par conséquent la plus heureuse qui puisse être sur la terre.

Il faudrait commencer par la vie de Jésus-Christ même : il est le modèle comme la source de toute perfection. Il nous a donné l’exemple, afin que nous fassions comme il a fait ; et c’est en des grands biens de l’incarnation, que le Verbe se soit rendu sensible, pour être non-seulement l’objet de notre admiration, mais la règle sur laquelle il faut redresser nos mœurs. Je sais bien que cette vie si divine n’a pu être écrite dignement, que par ceux qui avaient vu de leurs yeux le Verbe de vie, qui l’avaient ouï de leurs oreilles et touché de leurs mains, et qui étaient animés de son esprit ; mais du moins chacun peut-il remarquer, selon sa portée, ce qui lui semble le plus propre à être imité par les hommes, laissant aux autres à y en découvrir infiniment davantage, selon qu’ils sont plus avancés dans l’oraison et dans la pratique des vertus chrétiennes.

D’abord nous voyons dans Jésus-Christ les vertus de l’enfance. Il était docile et soumis à ses parents, il se rendait aimable à tout le monde. Car il est dit qu’à mesure qu’il croissait en âge, il croissait aussi en sagesse et en grâce devant Dieu et devant les hommes. De tout le reste de sa jeunesse jusqu’à l’âge de trente ans, nous n’en savons autre chose, sinon qu’il demeura dans la petite ville de Nazareth, passant pour le fils d’un charpentier, et charpentier lui-même. Ce silence de l’histoire exprime mieux qu’aucun discours l’état de retraite et d’obscurité où Jésus-Christ a voulu passer la plus grande partie de sa vie, lui qui n’était venu que pour éclairer le monde. Il a donné trente ans à la vie privée, et seulement trois ou quatre ans à la prédication et au ministère public, pour montrer que le devoir général de tous les hommes est de travailler en silence, et qu’il n’y en a qu’un petit nombre qui doivent se donner aux fonctions publiques, seulement pour autant de temps que l’ordre de Dieu et la charité du prochain les y oblige.

Le métier qu’il choisit, est digne de réflexion. Vivre du travail de ses mains, est un état plus pauvre que d’avoir des terres à cultiver ou des bestiaux à nourrir. Soit qu’il travaillât pour les bâtiments, soit qu’il fit des charrues et d’autres instruments pour le labourage, comme porte une ancienne tradition, toujours est-il constant que son métier était rude et pénible, mais utile, et même nécessaire à la société, et par conséquent plus honnête que ceux qui servent pour le luxe et pour le plaisir. Il passa aussi toute sa jeunesse attaché à sa famille et au lieu où il avait été élevé, menant une vie libre et honnête, mais sérieuse et occupée, portant la peine imposée à tous les hommes en la personne d’Adam, et donnant continuellement des exemples des deux vertus qu’il a le plus recommandées, la douceur et l’humilité.

Avant que de commencer l’ouvrage de sa mission, il s’y prépare par le baptême, la prière et le jeûne. Il n’avait pas besoin de ces préparations, c’était, comme il dit lui-même, pour accomplir toute justice, et nous en donner l’exemple. Son jeûne de quarante jours et de quarante nuits sans manger, est ordinairement regardé comme un miracle, aussi bien que ceux de Moïse et d’Élie. Mais je ne sais si nous connaissons bien les forces de la nature.

Saint Augustin dit avoir appris de personnes dignes de foi, que quelqu’un était arrivé à quarante jours sans prendre aucune nourriture ; et Theodoret témoigne que saint Simon Stylite avait déjà passé vingt-huit carêmes de la sorte, après être arrivé par degrés à cette prodigieuse abstinence. On voit encore aujourd’hui des Indiens idolâtres être des vingt jours et plus sans prendre de nourriture.

Pendant ce jeûne, et dans cette affreuse solitude, à quoi s’occupait Jésus-Christ, sinon à prier ? Mais qui oserait parler de son oraison ? Méditons humblement ce que l’Écriture nous en rapporte ; entre autres cette adorable prière que nous voyons dans saint Jean, et ne perdons rien de tout ce qui nous est dit de sa manière de prier. Il priait la nuit, et quelquefois les nuits entières. Il priait à découvert, dans un jardin, sur les montagnes, dans les déserts, seul et à l’écart ; il levait les yeux et les mains au ciel ; il se mettait à genoux et se prosternait contre terre, marquant en tout son profond respect pour son père.

Il souffre d’être tenté pour nous animer, par son exemple, à combattre contre le démon ; et il ne se défend contre ses attaques, que par des passages de l’Écriture, pour nous apprendre entre autres choses à la méditer sans cesse, et y chercher les règles de notre conduite, pour nous déterminer en toutes les occasions.

Il commence ensuite à paraître, et à mener une vie qui est le modèle de celle des prêtres, des évêques et de toutes les personnes publiques. Son occupation principale est d’instruire et de convertir. Il est venu, comme il dit lui-même, chercher et sauver ce qui était perdu. Il attire les yeux et les cœurs de tout le monde, par les guérisons des malades et les autres miracles, qui d’ailleurs étaient nécessaires pour établir sa mission. C’est ce que les saints évêques ont imité, même sans avoir le don des miracles, en s’attirant le respect et l’amour des peuples par les grandes aumônes, par la protection des personnes opprimées, par l’accord des différends, et les autres bienfaits sensibles. Mais les miracles mêmes ont donné à Jésus-Christ la matière de bien des vertus imitables ; de simplicité, d’humilité, de patience. Il faisait ses miracles sans empressement, sans faste, sans ostentation, sans se faire prier que rarement, pour exercer et faire paraître la foi de ceux qui les demandaient. Il cachait ses miracles avec autant de soin que les autres hommes cachent leurs crimes. Il semble attribuer les guérisons plutôt à la foi des malades qu’à sa puissance. Aussi fit-il très peu de miracles à Nazareth, à cause de l’incrédulité du peuple. Il en rend toute la gloire à son père : je ne puis rien faire, dit-il ; mon père qui demeure en moi, est celui qui fait ces œuvres.

Quelle patience ne fallait-il point pour supporter cette multitude incroyable de malades, pauvres et misérables pour la plupart, qui le suivaient continuellement, qui s’empressaient pour le toucher, et qui se jetaient sur lui ? On le voit lorsqu’il guérit la femme affligée d’une perte de sang, et lorsqu’il dit à ses disciples de se servir d’une barque, de peur qu’il ne fût accablé de la foule. S’il était dans une maison, toute la ville s’amassait à la porte ; on l’y assiégeait, on ne lui donnait pas le temps de manger. Il fut réduit à ne pouvoir entrer dans les villes qu’en cachette, et à demeurer le plus souvent dehors dans les déserts, où toutefois le peuple ne laissait pas de s’assembler autour de lui en grandes troupes, comme il paraît par les cinq mille hommes qu’il y nourrit. De là vient qu’il se retirait sur les montagnes pour prier, qu’il y employait les nuits, qu’il dormait en passant lorsqu’il le pouvait, comme dans la barque pendant la tempête. Sa vie était alors plus pénible que quand il travaillait de ses mains. Car il n’en avait plus le loisir, puisqu’il souffrait que des femmes le suivissent pour le servir de leurs biens, et qu’il gardait quelque argent, dont Judas était le dépositaire ; tant Jésus estimait peu l’argent. Du peu qu’il en avait, il donnait l’aumône ; mais il en manquait, lorsqu’il fut obligé de faire trouver à saint Pierre, par miracle, de quoi payer le tribut des premiers-nés : qui n’était qu’un demi-sicle, c’est-à-dire environ seize sous de notre monnaie.

En effet, il vécut toujours dans une grande pauvreté. Il dit lui-même qu’il n’avait pas où reposer sa tête : c’est-à-dire qu’il ne logeait que par emprunt, chez ceux qui voulaient bien le retirer. À sa mort, on ne voit pas qu’il eût d’autres biens que ses habits. Il dit qu’il n’est pas venu pour être servi, mais pour servir. Il voyageait à pied, et quand il monta sur un âne, pour entrer à Jérusalem, on voit bien que ce fut une action extraordinaire. Il marchait par le chaud du jour. Quand il rencontra la Samaritaine, il est dit qu’il était environ midi, et qu’il se reposait sur le puits, étant fatigué du chemin. Car bien qu’il fût le maître de la nature, on ne voit point qu’il ait fait de miracles pour sa commodité particulière ni pour s’épargner de la peine. Il est dit une seule fois que les anges vinrent le servir ; pour montrer ce qui lui était dû, s’il eût voulu en user.

En cette même rencontre de la Samaritaine, on voit son extrême modestie, puisqu’il est dit, que ses disciples s’étonnaient qu’il parlât à une femme. Aussi ses ennemis n’ont jamais osé inventer aucune calomnie qui attaquât sa pureté. Ce n’était point toutefois une modestie contrainte : rien n’était feint ni affecté dans celui qui était l’ennemi déclaré de l’hypocrisie, et la vérité même. Ses manières étaient simples, aisées, naturelles, vives. Il regardait les gens en face, comme ce jeune homme qu’il prit en affection, pour la bonne volonté qu’il témoignait. Il est dit souvent qu’il étendit la main, ou qu’il fit quelque autre geste marqué. Quelquefois par ses regards et par ses paroles il faisait paraître de l’étonnement, de l’indignation, de la colère, de la peine à souffrir l’incrédulité des hommes ; d’autrefois il montrait de la tendresse, comme quand il faisait approcher des enfants, leur imposait les mains et les embrassait, pour recommander l’innocence et l’humilité.

Son extérieur n’avait rien de singulier, rien qui le distinguât en apparence des autres Juifs, des simples particuliers et des hommes du commun, comme il se nomme lui-même ; car c’est ce que veut dire le fils de l’homme. Sa vie était dure et laborieuse, mais sans aucune austérité particulière. Il mangeait comme les autres, il buvait du vin, et ne faisait point de difficulté de se trouver à de grands repas, comme aux noces de Cana, et au festin de saint Matthieu. Cependant il était si peu touché de la nourriture, que ses disciples, l’invitant à manger dans une occasion où manifestement il en avait besoin, il leur répondit : J’ai une autre viande que vous ne connaissez pas ; ma nourriture est de faire la volonté de mon père.

Avec cet extérieur si simple, Jésus-Christ conservait une merveilleuse dignité. Il était très sérieux. On le voit pleurer en deux occasions, mais il n’est point dit qu’il ait ri ; non pas même qu’il ait souri doucement, comme remarque saint Chrysostome. Il ne demandait rien à personne, puisqu’il aima mieux faire un miracle, que d’emprunter le statère qu’il voulait payer : toutefois, quand il envoie quérir l’âne pour son entrée, et retenir le cénacle pour faire la Pâque, il parle comme sachant bien que l’on ne lui pouvait rien refuser. Il agissait suivant la maxime : Que c’est un plus grand bonheur de donner que de recevoir, puisque, répandant continuellement tant de bienfaits, il recevait si peu de chose. Tout le monde le cherchait et courait après lui, et il ne cherchait personne en particulier. Mais allant de ville en ville, il exhortait tout le monde à la pénitence. Il était de facile accès aux malades et aux pécheurs qui voulaient se convertir. Il se rendait condescendant pour ceux-ci, jusqu’à manger avec eux, et loger chez eux, jusqu’à souffrir qu’une femme le touchât et lui parfumât les pieds ; ce qui semblait une délicatesse fort opposée à sa vie pauvre et mortifiée.

Comme il était venu instruire tout le genre humain, il enseignait continuellement en public et en particulier. Il avait accoutumé, les jours de sabbat, d’expliquer l’Écriture-Sainte dans la synagogue, comme faisaient les docteurs des Juifs, d’où vient qu’on lui donnait le même nom, l’appelant Maître ou Rabbi…. Mais il avait une autorité qui le distinguait bien d’eux. Il parlait comme ayant puissance ; et on admirait les paroles de grâce qui sortaient de sa bouche.

Son discours est simple et clair, sans autres ornements que des figures vives et naturelles, qui ne manquent jamais à celui qui est bien persuadé, et qui sont les plus efficaces pour persuader les autres. Ses discours, dit saint Justin, étaient courts et succincts ; parce que ce n’était pas un sophiste, mais la vertu et le verbe de Dieu. Quelquefois il répond plus par les actions que par les paroles, comme quand il dit aux disciples de saint Jean-Baptiste : Allez dire à Jean ce que vous avec ouï et ce que vous avez vu. Il établit de grands principes, sans se mettre en peine de les prouver ni d’en tirer les conséquences. Ces principes ont par eux-mêmes une lumière de vérité, à laquelle on ne peut résister que par un aveuglement volontaire : et c’est pour punir cette mauvaise disposition du cœur qu’il parle quelquefois par paraboles et par énigmes. S’il emploie des preuves, ce sont des raisonnements sensibles et des comparaisons familières. Ses miracles et ses vertus étaient des preuves plus fortes et plus proportionnées à toutes sortes d’esprits, que tous les syllogismes des philosophes ; les savants, comme Nicodème, et les ignorants, comme l’aveugle-né, étaient également frappés de ces preuves. Il y joint souvent les autorités de la loi et des prophètes, montrant que sa doctrine vient de la même sagesse, et ses miracles de la même puissance ; que l’ancien et le nouveau Testament sont fondés sur la même autorité divine. C’est pour cela qu’il emploie si souvent les anciennes écritures, soit par des citations expresses, soit par des allusions fréquentes, que découvrent ceux qui sont versés dans la lecture des livres sacrés.

Il forme ses disciples dans cet esprit de soumission à l’autorité divine : bien éloigné de l’esprit de dispute et de contention, dans lequel les philosophes nourrissaient leurs sectateurs, sous prétexte de chercher avec eux la vérité. Jésus-Christ ne cherche point, il ne doute point comme Socrate ; il parle sûrement, et possédant pleinement la vérité, il la découvre comme il lui plaît. Afin que ses disciples profitassent de tous ses exemples, il vivait avec eux en commun, ne faisant qu’une famille, ils le suivaient partout, ils mangeaient et logeaient avec lui, ils avaient lieu de l’étudier continuellement. Il leur faisait imiter sa pauvreté, les envoyant sans argent et sans aucune provision ; et même étant avec lui la faim les réduisait quelquefois à prendre ce qu’ils trouvaient dans la campagne, comme les épis qu’ils arrachèrent le jour du sabbat.

Il prenait grand soin de les instruire. Ce qu’ils n’avaient pas compris dans ses discours publics, il le leur expliquait en particulier ; les traitant comme ses amis, et leur disant tout ce qu’il avait appris de son père, autant qu’ils étaient capables de l’entendre. Toutefois, il ne donne rien à leur curiosité. Tantôt il l’arrête expressément ; comme quand ils lui demandaient le temps de la fin du monde, avant et après sa résurrection ; et quand saint Pierre voulait savoir ce que saint Jean deviendrait. D’autres fois il se contente de ne rien répondre à leurs questions ; comme quand saint Jude lui demandait pourquoi il ne se manifesterait point au monde. Il souffrait avec une extrême patience leur grossièreté, leur ignorance, leur vanité et tous leurs défauts, et travaillait sans cesse à les corriger.

Par ses disciples, j’entends ici les douze qu’il avait choisis pour être avec lui ; mais l’Écriture nomme aussi disciples tous ceux qui suivaient sa doctrine, et qui avaient reçu son baptême. Ils étaient en grand nombre, puisqu’il y en avait six-cent-vingt enfermés avec les apôtres à l’élection de saint Mathias ; et qu’il y en eut plus de cinq cents qui virent Jésus-Christ tous ensemble après sa résurrection. L’Église était donc dès lors composée de deux parties ; du peuple fidèle, que l’on nommait simplement les disciples ou les frères, et de ceux que Jésus-Christ avait choisis pour le ministère public, savoir : les douze apôtres et les soixante-douze disciples, qu’il envoyait deux à deux devant lui dans les lieux où il devait arriver.

On voit dans ces distinctions, divers degrés de charité bien dignes de réflexion. Jésus-Christ nous apprend que tout homme est ce prochain que nous devons aimer comme nous-mêmes : et en effet, il a donné sa vie pour tous les hommes. Mais il aimait particulièrement ses disciples, et ses apôtres entre les autres, et entre eux, saint Pierre et les deux frères, fils de Zébédée, et surtout saint Jean. Je n’examine point les raisons que nous pouvons connaître de ces distinctions, et les différentes marques d’affection qu’il a données à saint Pierre et à saint Jean. Il suffit d’observer que, par son exemple, il a autorisé et sanctifié les affections naturelles, et les liaisons particulières d’inclination et d’amitié, qui se peuvent former entre les hommes, sans préjudice de la charité générale. Il avait encore d’autres amis que ses apôtres. Il aimait Lazare et ses deux sœurs ; il le nomme lui-même son ami : et il témoigna assez sa tendresse, en le pleurant mort, lorsqu’il allait le ressusciter.

Qui peut douter qu’il n’aimât tendrement sa sainte mère, vu principalement le soin qu’il en prit en mourant ? Et toutefois il semble lui parler rudement quand elle le trouva au milieu des docteurs, et quand elle l’avertit que le vin manquait aux noces. Il reprend la femme qui la louait simplement comme sa mère, et témoigne ne connaître pour mère ni pour parents que ceux qui font la volonté de son père. C’est qu’il savait comment il fallait traiter cette âme forte ; et voulait montrer que la chair et le sang n’avaient aucune part dans ses affections.

Sa charité s’étendait sur tout le monde. Venez à moi, disait-il, vous tous qui souffrez, et qui êtes chargés, et je vous soulagerai. Il avait pitié des troupes qui le suivaient, les voyant affligées et délaissées comme des brebis sans pasteur. Ce fut la compassion qui l’obligea par deux fois à multiplier les pains ; ce fut la compassion qui l’obligea à ressusciter le fils de la veuve de Naïm. Il aimait sa patrie, le peuple d’Israël et la ville de Jérusalem, comme bon citoyen. Il pleura sur elle au milieu de son triomphe, prévoyant les malheurs qu’elle s’attirait par ses crimes. Il enseignait l’obéissance au prince, et le respect aux prêtres et aux docteurs de la loi, quelque corrompus qu’ils fussent ; et lui-même observait exactement les lois et les cérémonies de la religion, quoiqu’il vînt abolir ces cérémonies, et qu’il fût maître et du sabbat et de toutes les lois. Jamais il ne voulut prendre aucune autorité touchant les choses temporelles ; non pas même pour être arbitre entre deux frères. Étant interrogé juridiquement, il répondit à ses juges, suivant ce qui était de leur compétence ; au pontife sa qualité de Christ et de fils de Dieu ; à Pilate, sur celle de roi. Il déclara que son royaume n’était point de ce monde ; et par conséquent, que sa doctrine ne changeait rien à l’ordre des choses humaines. Ce serait une trop grande témérité de prétendre remarquer toutes ses vertus ; la considération en est infinie, et les saintes âmes qui méditent attentivement l’Évangile, y découvrent toujours plus de merveilles. Ajoutons seulement un mot de sa passion, où il donna les plus grands exemples et les plus utiles, puisqu’il n’y a rien de si ordinaire dans la vie que les souffrances.

L’état pitoyable où Jésus-Christ fut réduit au jardin des Olives, montre bien qu’il était sensible, comme les autres hommes, à la crainte et à la tristesse ; et par conséquent que ce fut par effort de vertu qu’il souffrit ensuite de si grands maux. Comme il nous était semblable en tout, hors le péché, il a éprouvé toutes les incommodités de la vie, la faim, la soif, la lassitude, la douleur : il est vrai que nous ne voyons point qu’il ait été malade ; peut-être parce que la maladie est ordinairement l’effet de quelque excès, au moins de travail ; et rien ne pouvait être déréglé dans un corps conduit par la sagesse même. Dans sa passion, il souffre avec une constance invincible, sans se défendre, sans résister, sans rien refuser à ceux qui le tourmentent. Il demeure comme un rocher inébranlable aux coups et aux outrages. Son silence surtout était admirable : il n’ouvre pas la bouche, lui qui d’une parole pouvait confondre ses accusateurs, les faux témoins et les juges mêmes ; parce qu’il savait qu’ils n’étaient pas capables de rien entendre pour sa justification. Enfin sur la croix et dans les horreurs du supplice, il conserve la liberté d’esprit toute entière, et même la tranquillité. Il prie pour ses bourreaux, il récompense la foi du bon larron, il pourvoit à la consolation de sa mère, il achève d’accomplir les prophéties, il recommande son esprit à Dieu. Les apôtres, ayant reçu le Saint-Esprit, furent comme des images vivantes de Jésus-Christ, sur lesquelles tous les fidèles devaient se former. Ils ne feignirent point de le dire : Soyez mes imitateurs (dit saint Paul), comme je le suis de Jésus-Christ. Et ailleurs : Soyez mes imitateurs, et observez ceux qui se conduisent suivant la forme de vie que je vous ai donnée.

Aussi, quelque appliqués qu’ils fussent à enseigner, ils le faisaient plus par leurs exemples que par leurs discours. Entre les fidèles, ils choisissaient des disciples, qu’ils instruisaient plus particulièrement, comme Jésus-Christ les avait instruits eux-mêmes. Ceux-là étaient attachés à leurs personnes, et vivaient avec eux en famille, mangeant en même salle, et couchant en même chambre : au moins c’est ainsi que l’auteur des Récognitions nous décrit saint Pierre vivant avec ses disciples ; et cet ouvrage est ancien, quoi qu’il ne soit pas authentique. Ces disciples suivaient les apôtres dans leurs voyages, et demeuraient pour gouverner les églises à mesure qu’elles se formaient.

Ainsi nous voyons auprès de saint Pierre saint Marc qu’il nomme son fils, saint Clément si fameux par toute l’église, saint Evode qui lui succéda à Antioche, saint Lin et saint Clet qui lui succédèrent à Rome. Auprès de saint Paul, nous voyons saint Luc, saint Tite, saint Timothée, et le même saint Clément. Auprès de l’apôtre saint Jean, nous voyons saint Polycarpe et saint Papias. Ces saints s’appliquaient à retenir la doctrine des apôtres dans leur mémoire, plutôt que dans des écrits, et l’enseignaient plus par la pratique que par des discours. C’est ainsi qu’en imitant leurs maîtres, ils se rendaient eux-mêmes, comme dit saint Paul, les exemples des fidèles par la parole et les bonnes œuvres, la foi, la charité, la chasteté, la gravité et toute leur manière de vivre. Ils faisaient plus, ils formaient eux-mêmes des disciples capables d’en instruire et d’en former d’autres. C’est ce que saint Paul recommande à Timothée. Ce que vous m’avez ouï dire devant plusieurs témoins, confiez-le à des hommes fidèles qui soient capables de l’enseigner aussi à d’autres. Et voilà la tradition, plus propre à perpétuer une doctrine que l’écriture, de l’aveu même des philosophes qui ont tant écrit.

(Abbé Fleury, 1682, les mœurs des chrétiens)

Avons-nous, aujourd’hui, conscience du rôle majeur de Jésus-Christ sur l’humanité ? Il semble bien que non puisque notre siècle est le résultat d’une longue décadence qui a fait perdre de vue le Christocentrisme, c’est-à-dire le monde centré sur le Christ.

Les successeurs immédiats de Notre-Seigneur préservèrent soigneusement Ses enseignements.

La perfection de la religion chrétienne

Comme la religion chrétienne n’est pas une invention des hommes, mais un ouvrage de Dieu, elle a eu d’abord sa perfection, aussi bien que l’univers. Il faudrait avoir perdu la raison, dit Tertullien, pour s’imaginer que les apôtres aient ignoré quelque vérité utile au salut, et que dans la suite des siècles on n’ait rien trouvé, touchant les mœurs et la conduite de la vie, de plus sage et de plus sublime, que ce que Jésus-Christ leur a enseigné. Mais cette doctrine si excellente a produit différents effets, suivant la différente disposition des hommes qui l’ont reçue, et les différentes mesures de grâces dont Dieu l’a accompagnée. Les vrais Israélites déjà instruits par la tradition de leurs pères, et par la lecture des écritures saintes, élevés dès le berceau dans la connaissance du vrai Dieu et l’observation de sa loi, se trouvèrent disposés à la pratiquer dans sa perfection, sitôt que cette perfection leur eut été découverte, et qu’ils eurent compris quel salut le Messie leur devait procurer, quel devait être son royaume. Il était bien plus difficile d’amener à la perfection les Gentils, qui avaient vécu jusque-là sans Dieu et sans loi, accoutumés à se laisser mener comme des bêtes devant des idoles insensibles, et à se plonger dans le crime. C’est donc chez les chrétiens de la première église de Jérusalem, qu’il faut chercher l’exemple de la vie la plus parfaite, et par conséquent la plus heureuse qui puisse être sur la terre.

(Abbé Fleury, 1682, p. 179)

L’orgueil est à l’origine des hérésies

Les opposants de Jésus-Christ se sont manifestés dès le premier siècle de notre ère. L’orgueil de Ses détracteurs les pousse à amoindrir ou à nier la divinité du Christ. Laissons Blaise Pascal nous l’expliquer dans un autre contexte : l’homme ment pour obtenir des faveurs. Pour aller plus loin, le menteur amoindrit, par son comportement, la divinité de Jésus-Christ.

Le mensonge selon Pascal

La nature de l’amour-propre et de ce moi humain est de n’aimer que soi et de ne considérer que soi. Mais que fera-t-il ? Il ne saurait empêcher que cet objet qu’il aime ne soit plein de défauts et de misères. Il veut être grand et il se voit petit ; il veut être heureux et il se voit misérable ; il veut être parfait et il se voit plein d’imperfections ; il veut être l’objet de l’amour et de l’estime des hommes et il voit que ses défauts ne méritent que leur aversion et leur mépris. Cet embarras où il se trouve produit en lui la plus injuste et la plus criminelle passion qu’il soit possible de s’imaginer, car il conçoit une haine mortelle contre cette vérité qui le reprend et qui le convainc de ses défauts. Il désirerait de l’anéantir et, ne pouvant la détruire en elle-même, il la détruit, autant qu’il peut, dans sa connaissance et dans celle des autres, c’est-à-dire qu’il met tout son soin à couvrir ses défauts, et aux autres et à soi-même, et qu’il ne peut souffrir qu’on les lui fasse voir ni qu’on les voie.

C’est sans doute un mal que d’être plein de défauts ; mais c’est encore un plus grand mal que d’en être plein et de ne les vouloir pas reconnaître puisque c’est y ajouter encore celui d’une illusion volontaire. Nous ne voulons pas que les autres nous trompent ; nous ne trouvons pas justes qu’ils veuillent être estimés de nous plus qu’ils ne méritent. Il n’est donc pas juste aussi que nous les trompions et que nous voulions qu’ils nous estiment plus que nous ne méritons.

Ainsi, lorsqu’ils ne découvrent que des imperfections et des vices que nous avons en effet, il est visible qu’ils ne nous font point de tort puisque ce ne sont pas eux qui sont en cause, et qu’ils nous font un bien puisqu’ils nous aident à nous délivrer d’un mal qui est l’ignorance de ces imperfections. Nous ne devons pas être fâchés qu’ils les connaissent et qu’ils nous méprisent, étant juste qu’ils nous connaissent pour ce que nous sommes et qu’ils nous méprisent si nous sommes méprisables.

Voilà les sentiments qui naîtraient d’un cœur qui serait plein d’équité et de justice. Que devons-nous donc dire du nôtre, en y voyant une disposition toute contraire ? Car n’est-il pas vrai que nous haïssons la vérité et ceux qui nous la disent, que nous aimons qu’ils se trompent à notre avantage, et que nous voulons être estimés d’eux, autres que nous sommes en effet ?

En voici une preuve qui me fait horreur. La religion catholique n’oblige pas à découvrir ses péchés indifféremment à tout le monde ; elle souffre qu’on demeure caché à tous les autres hommes. Mais elle en excepte un seul, à qui elle commande de découvrir le fond de son cœur et de se faire voir tel qu’on est. Il n’y a que ce seul homme au monde qu’elle nous ordonne de désabuser et elle l’oblige à un secret inviolable, qui fait que cette connaissance est dans lui comme si elle n’y était pas. Peut-on imaginer rien de plus charitable et de plus doux ? Et néanmoins la corruption de l’homme est telle, qu’il trouve encore de la dureté dans cette loi ; et c’est une des principales raisons qui a fait révolter contre l’Église une grande partie de l’Europe.

Que le cœur de l’homme est injuste et déraisonnable pour trouver mauvais qu’on l’oblige de faire à l’égard d’un homme ce qu’il serait juste, en quelque sorte, qu’il fît à l’égard de tous les hommes ! Car est-il juste que nous les trompions ?

Il y a différents degrés dans cette aversion pour la vérité. Mais on peut dire qu’elle est dans tous en quelque degré parce qu’elle est inséparable de l’amour-propre. C’est cette mauvaise délicatesse qui oblige ceux qui sont dans la nécessité de reprendre les autres, à choisir tant de détours et de tempéraments pour éviter de les choquer. Il faut qu’ils diminuent nos défauts, qu’ils fassent semblant de les excuser, qu’ils y mêlent des louanges et des témoignages d’estime et d’affection. Avec tout cela, cette médecine ne cesse pas d’être amère à l’amour-propre. Il en prend le moins qu’il peut, et toujours avec dégoût, et souvent même avec un secret dépit envers ceux qui la lui présentent.

Il arrive de là que, si on a quelque intérêt à être aimé de nous, on s’éloigne de nous rendre un office qu’on sait nous être désagréable ; on nous traite comme nous voulons être traités : nous haïssons la vérité, on nous la cache ; nous voulons être flattés, on nous flatte ; nous aimons à être trompés, on nous trompe.

C’est ce qui fait que chaque degré de bonne fortune qui nous élève dans le monde nous éloigne davantage de la vérité parce que l’on appréhende plus de blesser ceux dont l’affection est plus utile et l’aversion plus dangereuse. Un prince sera la fable de toute l’Europe et lui seul n’en saura rien. Je ne m’en étonne pas : dire la vérité est utile à celui à qui on la dit mais désavantageux à ceux qui la disent parce qu’ils se font haïr. Or, ceux qui vivent avec les princes aiment mieux leurs intérêts que celui du prince qu’ils servent ; et ainsi ils n’ont garde de lui procurer un avantage en se nuisant à eux-mêmes.

Ce malheur est sans doute plus grand et plus ordinaire dans les plus grandes fortunes ; mais les moindres n’en sont pas exemptes parce qu’il y a toujours quelque intérêt à se faire aimer des hommes. Ainsi la vie humaine n’est qu’une illusion perpétuelle ; on ne fait que s’entre-tromper et s’entre-flatter. Personne ne parle de nous en notre présence comme il en parle en notre absence. L’union qui est entre les hommes n’est fondée que sur cette mutuelle tromperie ; et peu d’amitiés subsisteraient, si chacun savait ce que son ami dit de lui lorsqu’il n’y est pas, quoiqu’il en parle alors sincèrement et sans passion.

L’homme n’est donc que déguisement, que mensonge et hypocrisie, et en soi-même et à l’égard des autres. Il ne veut pas qu’on lui dise la vérité, il évite de la dire aux autres ; et toutes ces dispositions, si éloignées de la justice et de la raison, ont une racine naturelle dans son cœur.

(Blaise Pascal, 1662, article VI. Faiblesse de l’homme)

Qu’est-ce que la gnose selon Dom Guéranger et Jean Vaquié

Les hérésies sont très nombreuses (ébionisme, marcionisme, docétisme, montanisme, gnosticisme, manichéisme, arianisme, donatisme, macédonianisme, nestorianisme, monophysisme, pélagianisme, iconoclasme, catharisme, etc.).

Introduisons la gnose des premiers siècles grâce aux écrits inspirés du noble Dom Guéranger, moine bénédictin du XIXe siècle. Son texte au ton doux et délicat nous transporte littéralement dans les premiers siècles du Christianisme.

L’histoire de la gnose racontée par Dom Guéranger

Il serait impossible de déterminer avec certitude les autres régions que Pierre évangélisa dans le cours de cette période ; mais nous savons par une lettre du pape saint Agapet (535) qu’il fonda des églises dans la Thrace. Enfin le moment arriva où il dut songer à revoir les contrées de l’Occident. Rome en particulier avait besoin de lui. Pierre apprenait que l’ivraie était semée dans le champ qu’il avait cultivé. L’hérésiarque Simon le Mage, qu’autrefois il avait confondu à Samarie, et qui, en diverses circonstances, s’était attaché à ses pas, après avoir essayé de répandre ses impies systèmes et ses pratiques impures dans les chrétientés de l’Orient, venait d’aborder à Rome. Son but était d’y faire des prosélytes à son hérésie, qui réunissait en faisceau un christianisme tronqué, un débris de la mythologie grecque, avec les rêveries panthéistiques de l’Orient. Plus tard, ces éléments se condensèrent, et formèrent la prétendue gnose, qui couvrit tant d’ignobles mystères. Simon avait tout préparé, et il se promettait, en employant quelques termes chrétiens et en flattant la curiosité superstitieuse par l’appât d’initiations secrètes, d’attirer à sa suite un nombre plus ou moins grand des disciples de Pierre, dont il se posait comme le rival. Pierre ne voulait être que le vicaire du Christ : Simon se donnait pour la vertu même de Dieu. Pierre venait purifier les mœurs du genre humain, en relevant la famille et en faisant revivre la dignité de la femme : Simon traînait

Publié dans Article | Laisser un commentaire

Conférence donnée suite à la sortie du livre « de la gnose au transhumanisme »

Publié dans Article | Laisser un commentaire

Parution de l’ouvrage « de la gnose au transhumanisme »

Voici la présentation de l’ouvrage « de la gnose au transhumanisme », fruit de cinq années de recherche passionnée sur les principales causes de la décadence du monde contemporain. 

« Qu’est-ce que la Gnose, le Transhumanisme et comment remédier à ces terribles maux ? Cet ouvrage essaye de répondre à ces trois questions fondamentales à travers cinq parties distinctes et complémentaires.

La première retrace l’histoire de France jusqu’au 20e siècle, en insistant sur les causes de divisions engendrées par la Gnose au fil du temps, à travers des textes anciens et des témoignages historiques relatifs à certaines époques capitales.

La deuxième aborde la problématique du Transhumanisme en dévoilant son véritable visage grâce à des faits contemporains en lien avec les géants du web également surnommés GAFA.

La troisième apporte un éclairage nouveau, à travers des textes et contes originaux, en donnant des outils pratiques qui permettent de détecter et de comprendre les enjeux de différentes hérésies contemporaines.

La quatrième propose une réflexion chrétienne approfondie sur les problématiques majeures de notre antique nation, dans l’optique de la renouveler selon les commandements de Jésus-Christ en s’appuyant également sur les recommandations des plus grands saints qui ont contribué à Son œuvre salvatrice.

Enfin, la dernière partie vient compléter l’ouvrage grâce à des contes chrétiens originaux qui permettent de méditer sur les questions cruciales du Bien et du Mal ainsi que sur leurs conséquences.

Le lecteur découvrira, non seulement, un ouvrage d’analyse qui essaye d’apporter, selon le dogme catholique traditionnel, des solutions concrètes aux problèmes contemporains, mais également une œuvre composée de textes méditatifs et de contes anticipatifs qui sont le fruit de cinq années de travail.

L’auteur, qui travaille dans le milieu social, est informaticien spécialisé dans le domaine des logiciels libres depuis plus de quinze années. »

Lien vers le sommaire complet de l’ouvrage : https://lafrancechretienne.files.wordpress.com/2018/02/de-la-gnose-au-transhumanisme-editions-areopage-sommaire.pdf

Ouvrage au format papier : https://www.amazon.fr/Gnose-Transhumanisme-J%C3%A9sus-Christ-perspectives-chr%C3%A9tiennes/dp/1984967215/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1518944707&sr=8-1&keywords=de+la+gnose+au+transhumanisme&dpID=51mzhj6FBmL&preST=_SY344_BO1,204,203,200_QL70_&dpSrc=srch

Ouvrage au format numérique : https://www.amazon.fr/Gnose-au-Transhumanisme-St%C3%A9phane-B-ebook/dp/B079W22WM1/ref=sr_1_2?s=books&ie=UTF8&qid=1518956359&sr=1-2&keywords=de+la+gnose+au+transhumanisme

Lien court vers le format papier : http://urlz.fr/6ABY

Lien court vers le format numérique : http://urlz.fr/6ADG

Site de l’éditeur : https://www.cercleareopage.org/

Conférence donnée suite à la sortie du livre

Lien vers le fichier PDF : https://lafrancechretienne.files.wordpress.com/2018/02/publication_de_l_ouvrage_de_la_gnose_au_transhumanisme_editions_areopage_v03.pdf

 

Publié dans Article | Tagué , | 2 commentaires

À propos de la chasteté

Voici ci-dessous un texte trouvé sur le forum « cité catholique », que j’ai particulièrement apprécié sur la chasteté, par Xavier Thévenot, prêtre salésien. Beaucoup de choses innovantes sont dites sur la chasteté. Après avoir lu ce texte, j’espère que mes lecteurs verront les choses autrement…

(…) quand le grand public emploi le mot de chasteté, il désigne par là : l’abstention de relations sexuelles que vivent les personnes qui font voeu de chasteté. Or en réalité l’abstention de relation sexuelle doit être désigné de façon précise par le terme de continence.
Donnons donc une définition nette de la continence :

est continente une personne qui s’abstient de tout plaisir conduisant à l’orgasme volontairement provoqué; qui s’abstient de tout plaisir issue soit d’une masturbation, soit d’une relation sexuelle avec une partenaire de l’autre sexe ou du même sexe.

Ayant ainsi définit ce qu’est la continence, nous sommes aptes maintenant à aborder la question de la chasteté proprement dite. En effet, la chasteté contrairement à ce que croit le grand public ne se réduit pas à la continence. La chasteté est en réalité une vertu qui doit être poursuivie par toute personne; que celle-ci soit équilibrée ou non, qu’elle soit célibataire, mariée, divorcée, veuve, qu’elle soit hétérosexuelle ou homosexuelle. Que désigne donc cette vertu de chasteté? Et bien dans une première approche donnons une définition très large :

est chaste, une personne qui tente de vivre sa sexualité de façon libérante pour elle et pour les autres.

On le voit, la chasteté est une vertu extrêmement positive. Il ne s’agit pas de renier sa sexualité, il s’agit au contraire de la vivre. Il s’agit de vivre sa dimension masculine et féminine dans toutes ses relations, et ceci de façon à construire quelque chose ou encore à se libérer davantage.


Mais, direz-vous, quels sont donc les signes de la vraie libération?

Eh bien, pour aider à les trouver je vais partir de l’étymologie, de l’origine du mot chaste. Je vais ainsi montrer que ce mot a une actualité tout à fait considérable aux yeux des chercheurs en sciences humaines. En effet, l’étymologie nous apprend que le mot chaste vient du mot latin « CASTUS ». Or vous savez qu’en latin pour construire le contraire d’un mot, comme en français d’ailleurs, on met « IN » devant. Par exemple, en français, pour dire qu’une matière ne peut pas être enflammée on dira : « ININFLAMMABLE ». Eh bien, de même en latin, le contraire de « CASTUS » qui a donné le mot CHASTE deviendra le mot latin « INCASTUS ». La traduction française du mot « INCASTUS » signifie « INCESTUEUX ». Serait donc chaste une personne qui ne serait pas incestueuse. Vous allez me dire enfin où voulez-vous en venir? Eh bien tout d’abord ceux parmi vous qui ont fait des études en sciences humaines savent combien l’interdit de l’inceste est la base même de la structuration de la personne. Tous les ethnologues, tous les psychanalystes nous ont appris qu’un petit enfant ne peut devenir un adulte équilibré que si l’interdit de l’inceste lui a été signifié convenablement par son entourage. Alors cela peut paraître à certains d’entre vous, pour le moment, tout à fait abstrait. Aussi essayons de comprendre en termes plus simples.

Être chaste, c’est tenter de sortir de la relation incestueuse que nous avions au début de notre existence. Expliquons-nous.

Au point de départ de notre existence, il y a eu quand nous étions dans le ventre de notre mère, un monde tout à fait étonnant; qui était un monde de véritable confusion où l’enfant était en état de coïncidence totale avec son origine qu’est sa mère. Si vous voulez, le petit enfant que nous étions ne savait pas encore qu’il existait autre chose que lui-même. Il n’avait pas la conscience de la différence entre sa mère et lui. Il était dans un monde que l’on pourrait qualifier de fusionnel, un monde où il n’y aucune différence. Un monde où tout est dans une sorte de confusion. Si nous utilisions un terme biblique nous dirions volontiers que ce monde-là était un monde de «tohu-bohu» comme l’état primitif du monde, dans le premier chapitre de la Genèse. Ainsi, au point de départ de chacune de nos vies il y a ce monde fusionnel ou encore « incestueux » entre nous et notre mère.»

Quelques caractéristiques de ce monde fusionnel

1) La première de ces caractéristiques est d’être un monde où n’existe aucune différence, puisque justement une différence c’est quelque chose qui brise la confusion. Il y a notamment ce monde fusionnel, c’est un monde où n’existe pas les deux plus grandes différences qui marque nos vies. D’abord la différence de temps. Vous savez très bien qu’être adulte c’est prendre à bras le corps la durée. C’est découvrir qu’il y a un temps pour toute chose, qu’il faut une profonde patience pour se construire. Dans ce monde c’est un monde sans différence de temps. Mais c’est un monde aussi sans différence d’espace ou mieux encore sans perception de la différence de l’autre qui est en face de moi. Le petit enfant dans le ventre de sa mère et même dans les premiers temps de sa mise au monde ignore encore vraiment qu’il y a quelqu’un d’autre dans l’espace face à lui. Donc première caractéristique de ce monde fusionnel, c’est un monde sans perception de la différence de temps et de l’autre.

2) Deuxième caractéristique, c’est un monde sans faille. En effet, une faille suppose une rupture, une différence. Il y a les deux côtés de la faille. Eh bien, le monde fusionnel est un monde sans faille. Notamment on y a l’illusion que l’échec qui est une faille dans mes projets n’existe pas et ne peut pas exister. C’est aussi un monde de coïncidence totale avec l’autre puisque c’est un monde de fusion.

3) Enfin, troisième caractéristique, c’est un monde de totale puissance, le sujet dans le ventre de sa mère ou le petit nourrisson ignorant encore qu’il existe d’autre personne que lui qui vont faire partie obstacle à ses désirs, eh bien, ce nourrisson vit dans l’illusion qu’il est tout-puissant.

Voilà donc le monde qui marque nos vies à l’origine. J’en redis les caractéristiques fondamentales; c’est un monde sans perception de différence de temps et de l’autre, un monde coïncidence, un monde sans faille ou encore de purisme, un monde de toute-puissance.

Ce monde, il nous travaille de l’intérieur comme un véritable rêve ou comme un paradis perdu. Précisément devenir un adulte, un être humain c’est accepter de quitter ce monde que j’ai qualifié d’incestueux, de le quitter afin de s’inscrire dans le tissu social où je vais découvrir qu’il y a l’autre en face de moi, où je vais découvrir la possibilité de communiquer, où je vais découvrir la plus grande des communications qu’est l’amour. Ainsi notre vie passe (au point de départ et finalement à chaque instant, car ce travail est à recommencer chaque jour) notre vie passe par un renoncement. Vivre c’est renoncer à ce monde incestueux du départ de notre existence pour trouver peu à peu la joie de la communication avec les autres.

Précisément, la chasteté, dont nous avons appris par l’origine des mots latins qu’elle était le contraire du mot incestueux, c’est donc faire de notre sexualité un usage tel qui nous permet peu à peu de quitter ce monde incestueux de notre origine avec chacune de ses caractéristiques. La chasteté c’est donc renoncer au monde incestueux pour trouver avec notre sexualité, avec notre dimension masculine ou féminine, la capacité de nous inscrire peu à peu dans des relations humaines.

Une première application concrète

Nous avons dit en effet qu’une des caractéristiques de ce monde incestueux qu’il s’agit de quitter était d’être un monde où il n’existait pas de faille et où, notamment, n’existait pas le sentiment d’échec. Eh bien, être chaste sera dans la domaine de la vie sexuée, être capable d’assumer lentement, les failles de la vie et les échecs inévitables qui nous attendent. Plus concrètement cela veut dire que la chasteté nous rend capable d’assumer les inévitables déceptions qui arrivent dans nos relations humaines, dans nos amitiés, dans nos relations amoureuses. La chasteté casse ce rêve d’un monde puriste, d’un monde sans faille et me rend capable d’aimer. Or aimer c’est toujours passer du «Je t’aime parce que …» au «Je t’aime parce que et bien que …» L’amour est toujours une capacité d’accueillir l’autre malgré les déceptions qu’il ne manque jamais de m’apporter. L’amour est toujours un amour « bien que ». «Je t’aime bien que tu m’aie déçu…»; «Je continue de t’accueillir bien que tu n’aies pas répondu à toutes mes attentes …» On voit ici combien la vertu de chasteté va jouer dans toutes les relations humaines et même dans notre relation, à la fois, à notre vie religieuse ou encore à notre vie presbytérale, car souvent nous avons idéalisé notre foi, notre vie religieuse. A l’instar des disciples d’Emmaüs qui avait idéalisé Jésus. Ne disaient-ils pas de lui « Nous pensions que c’était le libérateur d’Israël » et voilà qu’ils doivent découvrir que, suivre le Christ c’est être capable de l’aimer alors même que sa vie terrestre a été relativement décevante.

Ainsi être chaste, renoncer à un monde sans faille, c’est être capable d’intégrer la déception.

Être chaste, c’est également comprendre dans le domaine de la sexualité que la sainteté ne se confond pas avec la perfection. Qu’est-ce que serait qu’être parfait dans le domaine de la sexualité? Ce serait être quelqu’un qui aurait une sexualité parfaitement en place, si tant est, d’ailleurs, que l’on sache ce qu’est une telle sexualité. Or précisément la vie humaine nous apprend que la sexualité parfaite n’existe nulle part. Ce qui est normal dans le domaine de la sexualité, nous apprennent les psychologues, a toujours quelque parenté avec ce qui est anormal. La vie sexuelle comme toutes les réalités de nos vies est parcourue par des échecs, par des failles parfois dépassables grâce à un effort soutenu de la volonté mais aussi, parfois, indépassables tant les racines de ces failles sont lointaines dans notre enfance.

La chasteté me fait comprendre alors que je peux être marqué par des failles dans le domaine de la sexualité. Failles qui m’habitent malgré moi; masturbation irrésistible, tendance homosexuelle excessivement importante, difficulté à me stabiliser dans une relation fidèle, peur de la femme, peur de l’homme, peur d’aimer, etc. Eh bien, la chasteté me fait découvrir que je peux être imparfait dans le domaine de la sexualité et pourtant devenir par le don de Dieu un saint. Car la sainteté ne consiste pas à être parfait, elle consiste à tenter de dépasser par l’action de l’Esprit Saint nos failles et quand celles-ci sont indépassables, à les situer pour laisser Dieu mener son combat en nous dans la certitude qu’il nous aime tel que nous sommes.

être chaste, c’est renoncer à un monde sans faille, à un monde de purisme, c’est être capable d’assumer la déception, c’est ne point confonde sainteté et perfection.

Deuxième application très concrète. La chasteté permet de renoncer à un monde sans différence.

Je verrais deux applications immédiates de cette prise en compte de la différence de mon prochain.

Tout d’abord être chaste c’est se refuser tant dans le domaine de la vie communautaire que de la vie amicale ou amoureuse, c’est se refuser à la volonté de transparence. Si cette volonté signifie vouloir tout dire de soi, vouloir tout savoir de l’autre, ne plus avoir à la limite de jardins secrets, la transparence, c’est toujours une quête du monde perdu de nos origines qu’il faut savoir quitter pour bien vivre. En réalité la volonté de transparence conduit toujours à l’angoisse et à la violence. Car pour être heureux dans nos relations humaines il faut toujours être trois : l’autre, moi et le manque; ou si vous préférez, l’autre, moi et le mystère de chacun.

Vous savez, la solitude n’est pas l’apanage des célibataires. Ce qui est souvent l’apanage des célibataires, c’est le mauvais isolement. Mais la solitude en réalité est nécéssaire pour vivre bien, même dans une amitié, même dans un couple, même dans une communauté. La chasteté se refuse donc à la transparence et prône, par contre, la communication. Celle-ci nécéssite très souvent la médiation d’une réalité tierce, une troisième réalité entre les deux partenaires qui communiquent. Cette réalité peut être une activité faite en commun, un livre lu chacun de son côté, des loisirs pris ensemble, un souci apostolique partagé, la lecture commune de passages bibliques, etc. Oui, pour communiquer dans la durée il faut finalement être trois : l’autre, moi et une réalité culturelle qui sert de médiation entre l’autre et moi.

Être chaste c’est aussi (toujours dans le domaine du respect des différences de l’autre), c’est aussi faire un bon usage de la séduction.

Vous connaissez sans doute l’origine du mot séduction, cela vient du mot latin SE DUCERE, c’est à dire conduire à soi. La séduction c’est cette dimension de moi-même qui fait que l’autre va être conduit vers moi. Alors on voit les chances et les risques de la séduction. Chances puisque la séduction est indispensable afin de permettre que l’autre s’intéresse à moi et que je m’intéresse à lui. Mais en même temps, risques, parce que je peux me servir de l’autre pour colmater mes désirs, pour saturer mon affection, pour vivre avec lui une relation indifférenciée qui finalement ne prend pas au sérieux sa liberté. La chasteté, au contraire, prenant acte de la différence de l’autre va permettre de constituer des relations par un bon usage de la séduction.

Je ferai remarquer que tous sans exception nous avons des pouvoirs de séduction. Pour les uns ce sera évidemment la beauté physique, le charme et pour d’autres ce peut être la qualité de l’intelligence, la délicatesse de sentiments, la serviabilité, que sais-je encore! Faisons donc tous un inventaire de nos pouvoirs de séduction. Et cherchons la façon dont nous utilisons ces pouvoirs. Est-ce que je les utilise pour permettre à la liberté de l’autre de grandir? Ou, au contraire, est-ce que je les utilise pour enfermer l’autre dans mes désirs? Voyez la chasteté c’est d’abord dans ce domaine qu’elle se joue et pas seulement comme on croit trop souvent dans le domaine de la mise en oeuvre des actes génitaux.

Combien de chrétiens ne se croient-ils pas chastes parce que célibataires, ils ont évité d’avoir des relations sexuelles ou de se masturber, alors qu’en réalité ils utilisent leur pouvoir de séduction pour enfermer les autres. Quand je vis une amitié, quand je suis éducateur, ou pasteur, quand je suis religieuse soignante, quand je suis en relation avec quelqu’un , quand je suis parent, j’ai toujours à tenter de vivre mes pouvoirs sexués de façon à rendre l’autre plus autre que moi-même, plus différent que moi, tout en essayant de garder la communication avec lui.

Si je me permet de jouer sur les mots et même de créer un nouveau mot un peu compliqué, un peu barbare, j’oserais dire que le manque de chasteté altère l’autre, abîme l’autre. Tandis que la vraie chasteté altérise l’autre, du mot latin « ALTER » qui signifie «autre», la vraie chasteté rend l’autre plus autre que moi-même.

La première question à se poser quand nous essayons de juger de la qualité de nos vies sexuées dans nos relations humaines, est la suivante :

Est-ce que ma façon de vivre ma sexualité, ma condition masculine ou féminine, par mon corps, par mon cœur, par mes sentiments, par mon être, est-ce que cette façon altérise l’autre, c’est à dire contribue un peu à sa liberté ou est-ce qu’elle l’enferme?

On voit dès lors qu’il arrive que l’on soit parfaitement continent dans une relation et que pourtant l’on ne soit pas chaste. Ainsi la chasteté contribue à promouvoir la liberté de l’autre.

Je viens donc de dire que la chasteté, c’est prendre au sérieux la différence de l’autre. Mais j’expliquais plus haut, qu’une deuxième grande différence marque nos vies, à savoir la différence de temps. En fait devenir un être adulte c’est prendre le temps à bras le corps. Devenir une femme ou un homme, c’est très très long. Nous avons la lenteur de nos vies qui se déroule à assumer. La chasteté va toujours de pair, comme nous le montre les spirituels, avec la patience. Car la sexualité ce n’est pas un donné comme on le croit trop souvent. La sexualité c’est un devenir, c’est à dire qu’elle se déroule en partie grâce à l’effort de ma volonté, mais aussi malgré les efforts de ma volonté.

Les sciences humaines nous ont en effet appris que la sexualité est certes faite de progression mais aussi parfois sous le coup de certaines épreuves, de régression, de fixation à des étapes plus ou moins immatures ou plus ou moins difficiles et puis quelquefois de nouveau de progression, etc. Bref, la sexualité ça bouge, c’est un DEVENIR. La sexualité est une tâche et un devenir parfois tumultueux. Que de fois n’ai-je pas entendu des personnes me dire : «Ah si j’avais pu deviner il y a 20 ans que j’en serais là aujourd’hui dans le devenir de ma sexualité, vraiment jamais je n’aurais cru que j’en serais là! …» Combien de religieux, religieuses ne se retrouvent-ils pas après 15 ans ou 20 ans de vie religieuse, à vivre des difficultés sexuelles d’ordre masturbatoires, à vivre des amitiés mal contrôlées, à vivre une sexualité avec quelques bizarreries sexuelles qui les laissent parfois tout désarçonnés tout dépités devant eux-mêmes. Précisément, la chasteté comme prise en compte de la différence du temps, permet de vivre sans désespérance la lenteur de nos évolutions sexuelles et ces éventuels retours …

Notamment, la chasteté m’apprend à distinguer ce qui est de l’ordre du refus explicite et volontaire de Dieu, finalement du péché dans mes transgressions sexuelles et ce qui est de l’ordre de mes limites humaines, les philosophes diraient de ma finitude. la chasteté me permet de découvrir que tout raté de la vie sexuelle n’est pas systématiquement un péché.

Dans une formule un peu lapidaire, on pourrait dire que si tout péché contre la chasteté est une transgression sexuelle, toute transgression sexuelle n’est pas un péché. Ainsi la chasteté aide à assumer l’évolution de la sexualité et elle me permet ainsi de passer de l’humiliation à l’humilité. L’humiliation c’est quoi? C’est la dépréciation de soi-même, je suis dépité, j’ai une mauvaise image de moi, je me déçois. L’humilité au contraire c’est la sereine reconnaissance devant Dieu de ma réalité dans toute sa complexité et son ambiguïté. La chasteté parce qu’elle rend patient dans le domaine de la sexualité me permet de mieux comprendre les failles éventuelles qui m’arrivent dans le devenir de ma sexualité et du coup de mieux passer de l’humiliation, de l’auto dépréciation qui est toujours teintée d’orgueil et de narcissisme, de mieux passer de l’humiliation à la véritable humilité.

Troisième application concrète : c’est que être chaste conduit à renoncer à un monde de toute-puissance

Nous avons dit tout à l’heure que dans le monde qui est le nôtre au départ de notre existence il y a une illusion de toute-puissance. Alors concrètement qu’est-ce que ça veut dire? que veut dire renoncer à un monde de toute-puissance dans le domaine des relations sexuées? Eh bien, tout d’abord, cela permet d’accepter les amitiés saines qui se présentent. Je m’explique. Le voeu de toute-puissance qui nous habite nous fait parfois rêver de vouloir donner et uniquement donner. Or uniquement donner c’est finalement imposer son don à l’autre. La chasteté comme lutte contre la toute-puissance, fait découvrir que tout amour, toute amitié est toujours une articulation de don et d’abandon. Il y a toujours une sorte de laisser faire, un lâcher prise dans le domaine de la chasteté. Être chaste c’est donc savoir accueillir en se démaîtrisant partiellement dans les amitiés qui se présentent.

Si telle personne avait refuser volontairement et lucidement le don de l’amitié. je crois qu’il faudrait dire alors qu’elle a manqué de chasteté. Par contre, il arrive que certaines personnes, malgré les efforts renouvelés pour se créer des amitiés et à cause d’un certain nombre de problèmes psychologiques qui les habitent, se voient contraintes de rester dans un douloureux isolement qui les accablent. Il en est comme si les autres refusaient de répondre à leurs appels implicites pour nouer des relations amicales. Il est sûr alors que cet isolement n’est pas le résultat d’un manque volontaire de chasteté, n’est pas le résultat du péché. Il est plutôt un très dur problème, un mal profond. Aussi ces personnes ont-elles droit au respect le plus grand possible de notre part. Car finalement il n’est peut-être pas pire difficultés que de souffrir dans la mauvaise solitude.

Donc, renoncer à un monde de toute-puissance c’est accepter les amitiés. Mais c’est aussi se situer convenablement par rapport au trouble. Il est très important de réfléchir au trouble. Car c’est une expérience commune de nos vies sexuées.

Le trouble, c’est cet ébranlement de tout mon être qui se traduit par des réactions physiologiques venant de l’excitation par un stimulus interne par exemple : l’imagination érotique ou encore par un stimulus externe, par exemple : la vue de telle personne ou de telle image.

Le trouble, il faut bien le reconnaître, nous gêne quelque fois parce qu’il est une expérience de non toute-puissance, de dépendance. Réfléchissons, quand je suis troublé par quelqu’un, quand mon corps réagit malgré ma volonté, eh bien il n’y a plus moyen de se prendre pour un Dieu, et je dirais même pour un ange. Je suis obligé de constater que cette personne qui est devant moi, que cette imagination, que ce parfum, que cette vue de telle partie du corps de l’autre … eh bien, tout cela déclenche en moi une réaction, malgré moi. Ainsi, le trouble est une expérience de notre condition de créature. C’est pourquoi la tentation de toute-puissance qui nous habite sera de dire : «Ne soit plus troublé». Et l’on construit alors sa vie de chasteté sur la volonté de fuir le trouble. Or cette volonté me paraît à la fois vouée à l’échec et génératrice de difficulté de vie et même de problèmes psychiques.

La vraie chasteté qui est « acceptation de la non toute-puissance » n’a pas pour but, comme on le croit souvent, de supprimer tout trouble. La véritable chasteté permet de situer le trouble qui nous arrive, de le situer comme un appel à reconnaître notre condition de créature. Bien sûr, la chasteté ne cherche pas à provoquer le trouble, à aller au devant du trouble, mais quand le trouble survient, elle essaie de le situer avec un certain humour comme un signe que l’on est profondément créature limitée.

[…]

Enfin, la chasteté permet comme « expérience de la non toute-puissance » de se situer convenablement par rapport aux différents plaisirs qui m’atteignent. Vous savez combien l’Église a toujours eu du mal à se situer par rapport au plaisir. Réfléchissons quelques minutes sur cette réalité importante de nos vies. Le plaisir comme le trouble est une expérience de non toute-puissance, puisque c’est une expérience de démaîtrise.

Quand je jouis, ma volonté perd sa maîtrise pendant quelques instants. Jouir c’est se démaîtriser, et finalement c’est avoir foi en l’autre, en soi-même, en son corps. La chasteté permet donc d’accueillir les plaisirs sains. Je dis les plaisirs sains. Car il peut arriver qu’une tentation inverse de celle du refus de la démaîtrise se produise devant le plaisir. Car curieusement le plaisir est aussi une expérience de sortie de ma condition habituelle de créature. Les jeunes qui parlent l’argot disent : « Je m’envoie en l’air ». Quand je jouis, en effet, pendant quelques minutes j’ai le sentiment de dépasser mes limites. Tant et si bien que je peux m’imaginer ne plus être vraiment marqué par les limites du temps et de l’espace. La tentation se fait jour alors de suraccumuler les plaisirs pour oublier ma condition de créature. Ainsi la chasteté va permettre de me défier des deux tentations inverses attachées au plaisir : la tentation de suraccumuler pour me faire comme un Dieu, et la tentation de fuir tout plaisir pour oublier que je suis créature limitée.

Une dernière caractéristique

La chasteté permet dans le domaine de notre vie affective de refuser, mais refuser de coïncider avec notre origine qu’est Dieu. Au début de cet exposé j’ai expliqué que le monde fusionnel de notre enfance, c’est un monde de coïncidence avec notre origine. Ce que je vise ici, ce sont toutes ces relations pseudo-spirituelles ou pseudo-mystiques avec Dieu, où Dieu est en fait vécu comme un substitut de notre réalité perdue qui est notre mère. Ainsi à chaque fois qu’une spiritualité se vit sous le mode « Ne … Que … » : « Il n’y a que Dieu dans ma vie » ou encore « Dieu me comble » ou encore « Dieu me suffit », eh bien, chaque fois, une telle spiritualité n’est que la prolongation de ce monde fusionnel de mon origine. La chasteté me fait donc découvrir qu’en réalité la joie en Dieu ne me comble pas, mais au contraire qu’elle me creuse, qu’elle creuse mon désir de l’autre. Avec Dieu aussi on est toujours trois : Dieu, moi et le mystère. Je terminerai en donnant une définition assez descriptive de la chasteté.

est chaste une personne qui sous l’action reconnu du Saint Esprit tente de vivre sa sexualité de façon à construire sa relation aux choses, aux êtres, dans la reconnaissance des différences qui la structurent.

La chasteté se présente comme une tentative à recommencer chaque jour. On n’est pas chaste, on devient chaste et ce jusqu’à notre mort. Vous avez pu remarquer aussi que la chasteté se vivait sous la reconnaissance de l’Esprit Saint qui nous libère. En ce sens, on rejoint la grande tradition chrétienne qui a toujours établi un lien entre la chasteté et la dévotion à la Vierge Marie.

En effet, selon ma définition, la chasteté est une vertu qui a une structure mariale. Elle est un don de l’Esprit en nous. Je crois aussi que Marie est un modèle de chasteté en raison des liens d’affection altérisant, comme je disais tout à l’heure, ou si vous préférez libérateur, en raison des liens d’affection libérateurs qu’elle a entretenus avec son entourage et notamment avec son Fils.

Regardons, par exemple, comme son amour maternel sexué a été vécu de façon qu’il a permis à son Fils d’accomplir sa mission dans la fidélité à son Père. Regardons comment Marie a su accompagner son Fils jusqu’à la croix et assumer les profondes remises en question de ses rêves que la forme de la vie de son Fils a dû lui apporter. Voilà que celui dont l’ange lui avait dit qu’il serait appelé Fils du Très Haut, eh bien voilà que Celui-là est en train d’agoniser sur une croix comme les exclus auxquels la société croient si peu qu’elle préfère les condamner à mort. Et pourtant, Marie est là avec son amour maternel, croyant toujours en son Fils, acceptant de l’accompagner dans la liberté de son choix de Messie. Quelle affection chaste! Demandons donc à Marie de nous obtenir le don d’une véritable chasteté, cette vertu qui conduit à vivre nos affections de façon libérante.

Source : https://libertatemvocati.wordpress.com/2015/04/02/castitas/

Publié dans Article | Tagué , , , , | Laisser un commentaire

A propos du rêgne de notre Seigneur sur la nation française.

La Charte de Fontevrault

Publié le par WalkTsin

Voci un entretien entre l’empereur Napoléon III et le Cardinal Pie. Le Cardinal Pie explique à l’empeureur comment faire durer un gouvernement. L’avis de l’évêque est d’une justesse vérifiable, d’un gouvernement qui a duré de 496 à 1792, ce sont succédés, cinq républiques, deux empires, deux restaurations, 2 guerres mondiales, le gouvernement de Vichy, le gouvernement d’après guerre … et ce en 200 ans …

Cardinal Pie

Cardinal Pie s’adressant  à Napoléon III, vers 1860 – 1870)

 « Ni la Restauration, ni vous n’avez fait pour Dieu ce qu’il fallait faire, parce que ni l’un ni l’autre, vous n’avez relevé Son Trône, parce que ni l’un ni l’autre vous n’avez renié les principes de la Révolution dont vous combattez cependant les conséquences pratiques, parce que l’Evangile social dont s’inspire l’Etat est encore la Déclaration des Droits de l’Homme, laquelle n’est autre chose, Sire, que la négation…

View original post 186 mots de plus

Publié dans Article | 1 commentaire

le providentialiste Joseph de Maistre vu par Jules Barbey d’Aurevilly

La Charte de Fontevrault

Publié le 3 Février 2018 par Rhonan de Bar

Publié dans : #EN FAVEUR DE LA MONARCHIE

JOSEPH DE MAISTRE PAR JULES BARBEY D’AUREVILLY

JOSEPH DE MAISTRE [1] par Jules BARBEY D’AUREVILLY.

Il est des génies avec lesquels il semble qu’on n’en ait jamais fini, et qui rappellent ce qu’on disait de la Sainte-Ampoule, de miraculeuse mémoire. Un jour, on croit qu’on l’a tarie, et voilà qu’en repenchant un peu la fiole sacrée, il en tombe inépuisablement des gouttes encore. Tel le génie du comte Joseph de Maistre, et depuis quelques années, son histoire. Après sa mort, qui limita ses œuvres, en les interrompant, et les fit complètes, on pensait tout tenir de cet esprit puissant, qui s’était concentré, dans une époque ou presque personne ne se concentre, mais où tout le monde s’avachit ; et, de fait, ce qu’il avait publié suffisait à la plus grande gloire religieuse…

View original post 6 080 mots de plus

Publié dans Article | 1 commentaire