Guide de lecture

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Cher lecteur,

ATTENTION : À partir de l’année 2016, les articles seront publiés le dimanche, jour du Seigneur.

Blog participatif : Créations Chrétiennes

Blog sur l’histoire de France : La France Chrétienne

Nouveau blog sur saint François de Sales : Les amis de saint François de Sales

Avancer sur le chemin de la quête spirituelle Chrétienne est toujours délicat. Dans ces temps modernes, le Christianisme n’est plus enseigné comme il devrait l’être. Dieu n’est plus le premier servi depuis la moitié du XVIIe siècle. Ce blog peut vous aider, dans une certaine mesure, à progresser sur la voie de la vérité du Christ. Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit !

Voici un petit guide de lecture afin de mettre en avant les articles qui devraient être lus en priorité :

La victoire appartient aux catholiques

La vérité divine du christianisme (Abbé de Broglié)

La conversion du monde romain au christianisme (Abbé de Broglié)

Les miracles de Jésus-Christ (Abbé de Broglié)

La vie du fondateur du christianisme (Abbé de Broglié)

La doctrine chrétienne sur Dieu et les hommes (Abbé de Broglié)

La prophétie hébraïque du Christianisme (Abbé de Broglié)

La sainte Église face aux coalitions hérétiques (Abbé de Broglié)

Dieu et le monothéisme primitif (Abbé de Broglié)

Sur les autels (La vie de saint Dominique Savio)

Dominique revient (La vie de saint Dominique Savio)

Les derniers jours (La vie de saint Dominique Savio)

Le terme approche (La vie de saint Dominique Savio)

La compagnie de l’immaculée conception (La vie de saint Dominique Savio)

Son esprit de prière, sa dévotion mariale (La vie de saint Dominique Savio)

Désir de sainteté (La vie de saint Dominique Savio)

Rencontre de don Bosco (La vie de saint Dominique Savio)

À l’école de Châteauneuf (La vie de saint Dominique Savio)

La vie de saint Dominique Savio (La vie de saint Dominique Savio)

Suivez-moi, mon joug est léger !

Une mort prédestinée (Telle mère, tels fils – 1931 – St Jean Bosco)

Le cadet des trois frères (Telle mère, tels fils – 1931 – St Jean Bosco)

Les transes d’une mère (Telle mère, tels fils – 1931 – St Jean Bosco)

Dix ans de dévouement, de prière et de pauvreté (Telle mère, tels fils – 1931 – St Jean Bosco)

Rajeunie de trente ans (Telle mère, tels fils – 1931 – St Jean Bosco)

Fils dignes de leur mère (Telle mère, tels fils – 1931 – St Jean Bosco)

En collaboration (Telle mère, tels fils – 1931 – St Jean Bosco)

Les origines douloureuses d’une grande oeuvre (Telle mère, tels fils – 1931 – St Jean Bosco)

Le triomphe d’une vocation (Telle mère, tels fils – 1931 – St Jean Bosco)

La fin d’une épreuve (Telle mère, tels fils – 1931 – St Jean Bosco)

Une vocation bien éprouvée (Telle mère, tels fils – 1931 – St Jean Bosco)

Un songe prophétique (Telle mère, tels fils – 1931 – St Jean Bosco)

Un trio de petites têtes peu commodes (Telle mère, tels fils – 1931 – St Jean Bosco)

Une mère qui connaît son métier (Telle mère, tels fils – 1931 – St Jean Bosco)

Les années se suivent et ne se ressemblent guère (Telle mère, tels fils – 1931 – St Jean Bosco)

Une vraie jeune fille chrétienne (Telle mère, tels fils – 1931 – St Jean Bosco)

La bonté de Théodose 1er

La miraculeuse victoire de Théodose 1er

La pénitence de Théodose le Grand

Éclaircissement sur les sacrifices

Le décalogue de la Nouvelle France (gloire de l’Olivier)

Les graves erreurs du XXIe siècle

Napoléon 1er, ennemi de l’Église

L’importance de la famille

Les véritables raisons de la mort de la France

Le catholicisme caricaturé par ses ennemis

Les 72 outils indispensables aux bonnes oeuvres

Cette liberté qui engendre la dictature

Les désastreuses conséquences de l’apostasie

Le procès et le martyre de sainte Cécile

Le martyre de Valérien et Tiburce

Jésus-Christ, Fils de Dieu

Le miracle de la légion Fulminante

Orphée, allégorie de Jésus-Christ

La beauté de la morale chrétienne

Le livre du Pasteur et l’allégorie de la tour

La naissance de l’Église

La chasteté, pierre angulaire du christianisme

Saint Pierre, fondateur de l’Église

Les origines de la gnose

La persécution des chrétiens sous l’empire romain

La divine origine de la chaire

L’abolition de la loi judaïque

Ode à la femme

Fuyons l’esprit du monde

Le mensonge de l’athéisme

L’homme sensé pèse ses mots

Les racines du mal

Dompter le lion qui rugit en soi

Les dangers de la société de droit

La prière miraculeuse

Les croyances qui mènent à la sainteté

De la déification de l’homme

La glorification de l’homme est un poison mortel

De la crucifixion de Notre Seigneur Jésus-Christ

De l’exaltation de la Sainte Croix

La culture du bon sens est un précieux trésor

Comment relever la France après l’effondrement ?

Qu’ont-ils fait de la France ?

Communiqué du Lieutenant du Sacré-Cœur de Jésus

Marchons sur les pas de Jésus

Donne-moi la force d’aimer

Faut-il combattre l’injustice ?

Une mise au point s’impose

L’antisémite, idiot utile du système

La France a besoin de votre talent !

Adieu mes amis, je dois partir

RÉSISTANCE CHRÉTIENNE : Catéchisme de 1947

L’heure est grave. Cessons de tergiverser. Il est temps de nous réveiller.

CRIS DE COLÈRE !

Prophétie pour la France

Nous ne sommes pas Charlie

On ne peut pas être bon et mauvais à la fois

Celui qui ne s’indigne pas de la progression du mal est complice de ceux qui engendrent le chaos

Il est l’heure de faire un choix : Jésus-Christ ou La Bête

Découvrez qui veut anéantir les Chrétiens

Un modèle de société idéale pour la France

Les commandements du roi

Le prince fera lever au Ciel les regards éteints

Le secret du roi

Tous les chemins mènent à Jésus-Christ

Quel est l’ultime secret de cette civilisation ?

Cessons de dire « je ne peux rien changer »

Pour vaincre le mal, il n’y a qu’une seule solution

La seule échelle de valeur réaliste pour une société Juste

Pour en finir avec les mensonges contemporains

Les autres articles peuvent être lus indifféremment. Il est toutefois conseillé de partir des plus vieux aux plus récents : les anciens articles étant moins précis que les nouveaux.

Si vous êtes pressé, ne vous intéressez qu’aux nouveaux articles en remontant progressivement la file.

Ce que vous semez sur terre, vous le récolterez au Ciel. N’oubliez jamais que la Justice Divine est impartiale. Semez l’Amour, de votre vivant, et vous récolterez le Paradis lorsque le Seigneur vous aura rappelé à lui. Dieu vous bénisse pour votre soif spirituelle.

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RARISSIME : l’état des congrégations catholiques de France en 1904

La France Chrétienne et son histoire

Voici les 40 premières pages d’un magnifique ouvrage (contenant une lettre, l’introduction et le premier chapitre concernant les Filles de la Charité de saint Vincent de Paul ainsi que la conclusion du livre), devenu pratiquement introuvable en France, sur le courage des sœurs des congrégations catholiques de France en 1904 et avant cette période. Il rétablit tous les mensonges contemporains que l’on peut entendre ou lire dans ce XXIe siècle si sombre. Les autres pages ne peuvent pas être publiées par manque de temps car le travail serait titanesque. J’essayerai toutefois de publier ponctuellement une partie des autres chapitres de ce fabuleux ouvrage, surtout si les lecteurs le souhaitent (il suffit de le demander à travers un commentaire).

Lettre de Mr François COPPÉE (1842-1908) de l’académie française à l’auteur

Paris, 14 juin 1904.

Cher Monsieur,

Je vous remercie pour le plaisir que vous m’avez donné en…

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Projet d’un royaume très-chrétien : cahiers de la Nouvelle France

La France Chrétienne et son histoire

Voici les 10 articles précédents « axe de réflexion » regroupés dans un fichier PDF intitulé « cahiers de la Nouvelle France », support indispensable pour un véritable projet de royaume très-chrétien. En outre, ces travaux sont enrichis de sept méditations chrétiennes placées en annexe dudit document.

Le lecteur sera peut-être étonné par ces écrits, mais, je ne les ai pas rédigés de mon propre chef : ils m’ont été dictés suite à des méditations et des prières consacrées au Sacré-Cœur. Nous proclamerons en temps venu, sur le territoire de France, la royauté du Christ-Roi, si Dieu nous prête vie. Nous préservons la foi, l’espérance et la charité comme nos plus grandes richesses.

Vive le Royaume de la Nouvelle France gouverné par le Sacré-Cœur de Jésus !

Stéphane, 8 juin 2017
Blog la France Chrétienne

Lien vers le fichier cahiers de la Nouvelle France au format PDF : http://www.fichier-pdf.fr/2017/06/09/cahiers-de-la-nouvelle-france-projet-royaume-tres-chretien/

Téléchargement direct du fichier cahiers de…

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La victoire appartient aux catholiques

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Tout d’abord, qu’est-ce qu’un fidèle catholique ? Contrairement à ce que nous fait croire le système, un catholique est forcément apolitique. Il s’agit d’un véritable chrétien qui obéit aux commandements de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Il est donc inutile de vouloir assimiler le catholicisme à un courant politique particulier car ce serait l’inclure de force sur l’échiquier politico-maçonnique. Un bourgeois politique ne peut pas se dire catholique surtout s’il vit dans l’opulence, le mépris des pauvres, une orgueilleuse fierté, un confort indécent et l’apparence soignée des pharisiens tout en conservant un cœur souillé d’impuretés.

Le véritable catholique est chargé de rétablir l’ordre surnaturel qui découle du décalogue mosaïque et des commandements de Dieu que Jésus-Christ nous a lui-même précieusement légués avant Sa crucifixion. Ainsi, les actes mauvais doivent être officiellement condamnés et punis afin d’éloigner les individus du mal, tout en pardonnant individuellement ceux qui nous offensent. Les bonnes actions doivent être également publiquement récompensées afin d’encourager les individus au bien. Le laxisme séculaire a rendu nos contemporains sourds et aveugles aux notions fondamentales du bien et du mal léguées par le christianisme. Nous commençons aujourd’hui à en voir le résultat : le retour d’une barbarie qu’il va falloir combattre héroïquement au détriment de notre vie trop confortable.

Tout ce qui découle du vrai, du beau et du bien doit être encouragé, de la tête du royaume jusqu’en bas de l’échelle, conformément au corps chrétien qui forme un bloc gouverné par le Christ-Roi. En y réfléchissant, on s’aperçoit que le catholicisme est à l’exact opposé de la philosophie humaniste prônée par les élites lucifériennes qui dirigent le monde à travers des financements aussi obscurs qu’odieux. Les faire tomber de leur piédestal n’est pas un conseil mais un impératif.

Pour les vaincre, il faut marcher à la tête d’une armée catholique qui se réclame de Dieu et de Ses commandements. Il n’y a donc pas une volonté de conquête mais un devoir de rétablissement de l’ordre qui a été rompu par des êtres malveillants. Il faut galvaniser les troupes endormies, trompées par cet hérétique et dangereux esprit de consommation. Les esprits sont bercés par une philosophie fallacieuse qui les plonge dans une sorte de guimauve molle. Pendant que les ronflements vrombissent, les ennemis préparent dans l’ombre une redoutable guerre homicide.

Sans princes victorieux, sans saints de Dieu, les puissances du mal triompheraient pour imposer à l’humanité leur règne infernal. Les horreurs païennes, les sacrifices sanglants seraient rétablis et les démons retrouveraient leur puissance sur terre à travers les idoles.

Pour vaincre le mal, il faut se réclamer de Dieu, du vrai, du beau et du bien : il faut redevenir de nobles chevaliers du Christ.

J’invite tous ceux qui se sentent prêts pour mener cette bataille surnaturelle à marcher à nos côtés. Ensemble, nous pouvons triompher de Satan.

Conformément à la volonté de Jésus-Christ, tous les hommes de bonne volonté, sans aucune distinction raciale, sont appelés à combattre pour vaincre les ennemis du Père dans le but de rétablir l’ordre selon les commandements de Notre Seigneur.

Je suis un homme d’une quarantaine d’années, parfaitement inconnu et souhaitant le rester, né pauvre, fils et petit-fils d’ouvriers, travaillant dans les œuvres caritatives depuis de nombreuses années. Je fuis l’esprit du monde et la vaine gloire pour me consacrer exclusivement à la beauté du catholicisme.

Nous devons reconquérir notre nation comme l’ont fait nos nobles ancêtres chrétiens afin d’anéantir les œuvres maléfiques et leurs innombrables sectes démoniaques pour que la bannière du Sacré-Cœur flotte glorieusement sur notre belle France. Le décalogue de la Nouvelle France se substituerait immédiatement à l’ensemble des lois républicaines. Les élus qui ont bradé la France aux ennemis de la Croix seraient jugés et condamnés à de sévères peines pouvant aller jusqu’à la condamnation aux travaux forcés.

Pour aider au Salut de la France, le décalogue de la Nouvelle France s’appuiera sur Les lois morales qui sauveront la France, texte issu de « Dieu, la conscience, le devoir » de l’abbé de Broglié, illustre docteur en apologétique de la fin du XIXe siècle. Ces lois morales règlent à elles seules l’ensemble du fonctionnement d’une nation catholique.

Pour redresser le royaume de France qui aura beaucoup souffert à cause de la guerre civile, il sera peut-être nécessaire de proposer un Édit de réconciliation pour la Nouvelle France, comme l’avait fait dans le passé le doux roi Henri IV.

Souvenons-nous de la beauté de la Royauté, de la rigueur et de la douceur du roi ainsi que des saintes maximes du royaume : Dieu Premier Servi ; les Devoirs envers Dieu ; Chacun pour tous et Tous pour la Suprême Gloire de Dieu.

Aidons-nous toujours du Sermon sur la montagne pour garder la foi en Christ, précieusement gravée dans notre cœur, afin de dire, comme David : « Ô Seigneur ! Que vos paroles sont douces à mon palais, elles sont plus douces que le miel à ma bouche ! » comme le rappelle le vénérable saint François de Sales dans « introduction à la vie dévote », quatrième partie, chapitre XII, page 330 ou encore « c’est pourquoi, chère Philothée, j’ai voulu, avant toutes choses, graver et inscrire sur votre cœur ce mot saint et sacré : Vive Jésus ! Assuré que je suis qu’après cela votre vie, laquelle vient de votre cœur, comme un amandier de son noyau, produira toutes ses actions, qui sont ses fruits, écrites et gravées du même mot de salut », « introduction à la vie dévote », troisième partie, chapitre XVIII, page 236.

Apprenons à repérer les faiblesses de notre échelle de valeurs personnelle dans le but de cultiver les vertus qui nous donnent de la force spirituelle. Pour cela, utilisons les croyances qui mènent à la sainteté : charité, chasteté, espérance, foi, force, gratitude, humilité, jeûne, joie, justice, labeur, prudence et tempérance. Rappelons-nous également ce qu’est le monde avec Jésus-Christ et sans Jésus-Christ pour conserver une âme épurée du péché.

Enfin, nous aurons besoin de missionnaires, en hommage à la Congrégation de la Mission de saint Vincent de Paul, pour évangéliser la France et la sauver du chaos.

En ce qui concerne le couronnement du roi Henri V dit « De la Croix » :

1) Pourquoi un tel prétendant choisirait-il ce nom pour gouverner la France ? Parce qu’il s’agit d’un roi sans couronne, conformément au bon roi Henri IV qui, malgré sa vie personnelle dissolue, est parvenu à ramener la paix en France grâce à son esprit de clémence, son désir de concorde et son talent politique. Rajoutons également que le comte Henri de Chambord dit Henri V était le dernier prétendant à la royauté, à ceci prêt qu’il a refusé de monter sur le trône après l’avoir notifié dans sa lettre du 23 octobre 1873 au motif que « Henri V ne peut abandonner le drapeau blanc d’Henri IV ». Le comte de Chambord refusait à juste titre le drapeau tricolore. Le titre Henri V est donc bel et bien vacant pour annoncer un futur roi sans couronne comme semble le vouloir la Divine Providence.

2) Enfin, le terme « De la Croix » pour rappeler que Henri V aura dédié sa vie à la Croix de Notre Seigneur Jésus-Christ selon les éternels dogmes catholiques.

Le lecteur inspiré saura en tirer les conclusions qui en découlent, Dieu étant seul décideur pour l’avènement du règne de Son Fils, le Christ Roi, à travers le lieutenant de son choix.

Stéphane
P/O le blog Saint Michel Archange.

Lien vers le fichier PDF : http://www.fichier-pdf.fr/2017/06/20/la-victoire-appartient-aux-catholiques/

 

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La vérité divine du christianisme

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Dieu désire se communiquer aux hommes et montrer sa puissance par les miracles, sa sagesse et sa bonté par la pureté de Jésus-Christ. Les ennemis de la Croix souhaitent détruire ce qui leur semble folie alors qu’il s’agit d’une œuvre surnaturellement divine dont le cœur n’est présent que dans le christianisme, mais, dans aucune autre religion ! L’abbé de Broglié nous rappelle avec vigueur que le crucifix ne disparaît que devant un retour de la barbarie !

« La vérité divine du christianisme » tiré de « Problèmes et conclusions de l’histoire des religions » de l’abbé de Broglié. Page 362 à 367.

« Nous venons de parcourir rapidement les fondements de la démonstration du christianisme, et nous ayons reconnu que ces fondements sont aussi solide à nos yeux, près les découvertes scientifiques modernes, qu’ils le semblaient à nos pères.

Un peu plus d’attention dans le choix des preuves et surtout un peu plus de précision dans le langage et de mesure dans les affirmations suffisent pour mettre les antiques bases de la foi chrétienne à l’abri de cette attaque détournée qui consiste à prétendre que ce que nous considérons comme les signes de l’action divine se trouve dans les autres religions. Préparation prophétique par le judaïsme, accord des deux Testaments, doctrine et morale supérieures, vie idéale du fondateur, miracles clairement attestés, conversion miraculeuse de l’empire romain, tous ces caractères de la vraie religion n’ont pas leurs pareils dans les autres cultes, et les analogies éloignées que l’on rencontre ne servent qu’à faire ressortir par leur contraste la supériorité de l’œuvre divine.

Il est en outre une preuve spéciale qui résulte de l’accord de tous ces arguments. Qu’une partie seulement de ces faits, dans lesquels se manifeste l’action divine, se soit rencontrée dans l’histoire d’une religion, ce serait déjà une preuve suffisante. Mais que tous ces traits s’accordent et s’unissent dans la religion de Jésus-Christ, c’est un argument d’une force inéluctable. Tout s’explique en effet par une même cause : l’action de Dieu désirant se communiquer aux hommes et montrer sa puissance, sa sagesse et sa bonté. Dans l’hypothèse rationaliste au contraire, il faut autant de coïncidences, de circonstances
exceptionnelles, de facultés inconnues ailleurs de l’âme humaine, qu’il y a de traits distinctifs du christianisme. Il faut une philosophie profonde chez les prophètes, des
vertus humaines inouïes chez le Christ, une crédulité et un fanatisme incroyables chez les apôtres, une facilité merveilleuse de la part des païens de l’empire romain à se laisser persuader d’abandonner la croyance de leurs ancêtres pour devenir martyrs d’une doctrine juive. La vérité divine du christianisme peut être considérée comme la clef unique qui résout un nombre immense de problèmes historiques et moraux. Cette vérité étant rejetée, l’histoire du judaïsme et du christianisme devient incompréhensible.

J’ai cité dans une précédente étude cette parole étrange d’un rationaliste du moyen âge, qui qualifie le christianisme de religion impossible. Cette parole n’est pas isolée : les adversaires de l’Évangile de tous les temps ne tarissent pas dans leurs railleries sur l’absurdité de croire à un homme qui a été vaincu et crucifié ; ils trouvent nos mystères insensés, le joug de notre religion intolérable. Et cependant cette œuvre impossible a été réalisée. Ce crucifié est adoré, ce joug est porté avec amour par des millions d’hommes, et rien ne fait présager la fin d’un tel prodige.

Ce prodige unique, qui résume toutes les preuves de la religion, est incarné lui-même dans un symbole, l’image du crucifié. Le crucifix manifeste à ceux qui le regardent la profondeur de la doctrine chrétienne, l’union merveilleuse de la justice et de la miséricorde de Dieu, de sa sainteté et de son amour pour les pécheurs ; il rappelle aussi les traits les plus sublimes de la perfection de Notre-Seigneur, sa douceur, sa patience, son courage, son amour. En regardant cette image, nous nous rappelons ses dernières paroles, son pardon pour ses bourreaux, le testament qui nous donne Marie pour mère, la prière et l’acte de foi du bon larron. Nous contemplons le Sauveur dans cet acte de liberté suprême par lequel il quitte la vie pour la reprendre plus tard. Nous pouvons nous rappeler aussi les dévouements sans nombre que cette croix a suscités, les martyrs qui sont morts pour
son amour, les missionnaires qui partent pour la faire connaître aux infidèles. Puis, apparaissent à nos yeux les malheureux qu’elle a consolés, les pécheurs qu’elle a convertis, les mourants qui se sont endormis en paix en l’embrassant.

En considérant ce même symbole par une autre face, nous y voyons l’objet de la haine et du mépris des hommes. Le Sauveur humilié et crucifié est la condamnation vivante de l’orgueil et des passions sensuelles. Aussi est-ce avec une sorte de stupeur que les païens et les musulmans contemplent la folie des chrétiens qui l’adorent. Mais quand ils voient que cette folie subsiste et qu’elle se répand et triomphe dans l’univers, cette stupeur se change en rage et ils voudraient détruire ce signe qui les condamne. Et cependant la Croix a triomphé dans l’univers antique. Cet instrument honteux de supplice, dont Constantin a le premier changé la destination, est devenu dans les sociétés les plus nobles du monde la marque de l’honneur et de la gloire. Il a pris place dans la couronne des rois. L’image de ce condamné est destinée à rappeler leurs devoirs aux juges de la terre. Cette même image est le signe nécessaire de l’éducation chrétienne. Il y a peu de temps encore, elle était l’ornement des rues de nos villes et la bénédiction perpétuelle de nos campagnes. Et lorsque de modernes barbares, qui n’ont même pas l’excuse des païens et des musulmans, car ils n’ont ni foi ni conviction personnelle, s’efforcent de renverser ce symbole vénéré, ne semble-t-il pas que le sol tremble et que la société fondée sur le Christ soit prête à s’écrouler quand on enlève son image ? Ce qui est certain du moins, c’est que le crucifix ne disparaît que devant un retour de la barbarie.

Le crucifix résume donc toute l’apologétique comme toute la morale chrétienne. Pour justifier la foi comme pour réformer les âmes, il suffit de faire ce que dit saint Paul, de prêcher Jésus-Christ crucifié. Maintenant, cherchez dans les autres cultes une image, un signe, un symbole, qui ait exercé sur la partie la plus noble, la plus intelligente, la plus élevée de l’humanité, une action pareille ; cherchez un symbole qui ait une si grande puissance d’attraction sur les âmes simples et droites et qui ait en même temps triomphé d’une si terrible répulsion de la part des instincts grossiers de l’humanité. Vous ne trouverez rien qui puisse y être comparé, et vous reconnaîtrez que c’est avec raison que saint Paul a parlé de ce crucifié qui était scandale pour les Juifs et folie pour les Grecs, et qui cependant a vaincu le monde, et de cette parole de la Croix qui semble insensée à ceux qui périssent en ne l’écoutant pas, mais qui pour ceux qui l’entendent et sont sauvés est la force même de Dieu, Verbum crucis pereuntibus quidem stultitia est, iis autem qui salvi fiunt virtus Dei est (I Corinthiens 1:18. En effet, la doctrine de la croix est une folie pour ceux qui périssent; mais pour nous qui sommes sauvés, elle est une force divine).

La force de Dieu, c’est là cette puissance incomparable que nous avons reconnue dans le christianisme. C’est là ce que nous ne trouvons nulle part ailleurs. Cette force divine se manifeste d’une manière qui nous étonne ; elle suit les règles d’une sagesse qui n’est pas notre sagesse. C’est pourquoi, si par d’autres côtés le christianisme ressemble si étroitement aux autres religions qu’il semble en être la forme parfaite et l’harmonie générale, par le côté de la croix il en diffère profondément et s’élève au-dessus d’elles en s’écartant de toutes les prévisions humaines.

Ressemblances et différences s’unissent donc pour prouver une même vérité, et pour nous faire trouver dans la religion de Jésus-Christ la réponse, singulière sans doute et inattendue, mais seule réelle, seule complète, seule suffisante et seule certaine, à ces grands problèmes dont l’humanité religieuse, depuis l’origine du monde, poursuit sans se lasser la solution. »

Lien vers le fichier PDF : http://www.fichier-pdf.fr/2017/05/21/la-verite-divine-du-christianisme/

 

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La conversion du monde romain au christianisme

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La preuve de la vérité du christianisme est la conversion de l’empire romain. Sans cette conversion surnaturelle, le christianisme n’aurait jamais pu transcender les nations. En effet, le paganisme était profondément enraciné dans cette civilisation. Lisons sans plus tarder cet indispensable texte de l’abbé de Broglié.

« La conversion du monde romain au christianisme » tiré de « Problèmes et conclusions de l’histoire des religions » de l’abbé de Broglié. Page 351 à 362.

« La conversion du monde par la prédication des apôtres a toujours été considérée comme l’une des preuves fondamentales de la vérité du christianisme. C’est un miracle d’une espèce particulière, un miracle historique. Le fait ne peut absolument pas être contesté : la discussion ne porte que sur sa valeur. Au moyen âge cet argument était considéré comme capital. C’était le seul réellement certain et indiscutable. La critique n’existant pas, il était impossible de s’appuyer raisonnablement sur les textes historiques et sur le récit de faits de détail. On n’avait aucun moyen de discerner les écrits authentiques des apocryphes. Aussi est-ce l’argument dont se sert le Dante répondant aux questions de saint Pierre sur les fondements de la foi chrétienne. Le Dante ayant d’abord allégué les miracles, saint Pierre insiste et lui dit : Mais comment prouver que les miracles se sont vraiment accomplis ? Le Dante reprend alors : Si le monde s’était converti sans miracles, la conversion elle-même serait le plus grand des miracles (Paradis, ch. XXIV, XXXIII à XXXVII). L’avantage de cet argument est qu’il repose comme le précédent sur un fait visible et sensible, sur une vérité historique : mais le fait est si vaste et si évident qu’il dispense de toute constatation fondée sur des documents spéciaux, de toute critique historique de détail.

C’est un fait qu’avant la quinzième année de Tibère il n’existait pas de chrétiens dans l’univers et que le paganisme régnait dans l’empire romain. C’est un fait qu’au temps de Constantin, près de la moitié de l’empire était chrétienne et que le christianisme était triomphant. C’est un fait que la croix du Sauveur, objet d’humiliation et de honte, supplice des esclaves, est devenue l’objet de l’adoration et de l’amour et le signe de l’honneur chez
les peuples modernes. C’est un fait que les premiers apôtres qui ont prêché l’Évangile étaient des juifs, c’est-à-dire appartenaient à une race méprisée, et que tous, sauf un seul, saint Paul, étaient des hommes de basse condition et sans instruction ni éloquence. C’est un fait que la société romaine a combattu avec énergie la nouvelle doctrine, et qu’il y a eu d’affreuses persécutions. On a pu contester, à tort, mais avec quelque apparence de raison, la fréquence des martyres des premiers siècles, mais rien ne peut atténuer ce qu’ont eu d’épouvantable les persécutions de Dèce et de Dioclétien.

Le fait est donc constant, et n’a besoin d’aucune démonstration.

II ne s’agit que d’en mesurer la portée, afin de voir s’il explicable par des causes humaines.

Pour cela, nous n’avons qu’à considérer, d’une part, les obstacles que cet établissement de la religion nouvelle devait rencontrer ; d’autre part, les moyens apparents qui ont servi à l’accomplissement de cette grande œuvre. Puis, nous jetterons un regard sur l’œuvre elle-même et nous constaterons sa grandeur et sa vitalité merveilleuse.

Le premier obstacle que rencontrait la prédication des apôtres était le paganisme lui-même. Cette religion, si brillante dans ses formes, si bien adaptée aux besoins inférieurs de la nature humaine, était en possession depuis un temps immémorial de la foi des peuples. Si elle était moins puissante sur les classes éclairées, elle était considérée par les politiques comme une nécessité sociale absolue. La religion polythéiste pénétrait dans tous les détails les plus intimes de la vie ; elle était assise au foyer de la famine sous la forme des Pénales, devant l’autel desquels brûlait le feu sacré, qui était lui-même une divinité : l’idolâtrie, en rendant les dieux visibles, avait donné à leur culte un caractère éminemment populaire.

« L’enfant avait vu sa mère oindre de cire parfumée ou de baume liquide ces noires statues des Lares ; et, pâle d’émotion ou d’inquiétude, prier devant une petite image de la Fortune tenant une corne d’abondance. Sa nourrice l’avait fait monter sur ses épaules, afin qu’il put toucher de ses petites mains les pierres de l’idole. II avait vu, aux solennités domestiques, son père immoler aux dieux un agneau. Sortant de sa demeure, il n’avait aperçu dans Rome que prêtres couronnés de lauriers victimes mugissantes poussées vers les sanctuaires. Ses souvenirs étaient tout imprégnés de paganisme ; une longue chaîne de traditions et de pratiques séculaires s’était comme enroulée autour de lui (Extraits de Prudence, article de P. Allard, dans le Contemporain d’août 1884, sur la polémique de Prudence). »

Saint Paul nous apprend d’autre part que dans les boucheries on ne trouvait souvent que des viandes consacrées aux idoles, d’où résumaient pour les chrétiens de difficiles cas de conscience.

Or, il a fallu que tous ces liens fussent brisés ; il a fallu que toutes les coutumes périssent : le nouveau culte, par son principe même, était sans pitié pour tous ces usages antiques et chéris.

Le second obstacle, s’unissant étroitement au premier, était la puissance politique. L’idée de droits de la conscience que l’État dût respecter était inconnue dans l’antiquité. L’union était complète entre la religion et la société civile. Le culte national faisait partie essentielle des lois et de la constitution de la société. On ne pouvait se dérober aux obligations légales du culte que par une résistance ouverte à la société : une telle résistance donnait, avec une certaine apparence de raison, le renom de mauvais citoyen. Cette union entre le culte païen et l’ordre politique se manifestait plus étroitement encore dans les armées. Les aigles qui servaient d’étendard aux légions étaient ornées de statues des dieux : on leur offrait des libations.

II fallait que cette société entière fût renouvelée ; il fallait triompher de la résistance persécutrice du pouvoir social le plus absolu et le plus puissant qui ait jamais existé. Il fallait dissoudre tous ces liens, et faire naître une société nouvelle au sein même de l’ancienne.

Le troisième obstacle provenait de la philosophie et de la sagesse profane des Grecs. Les philosophes, sans doute, n’étaient point asservis au joug des croyances mythologiques. Ils savaient leur échapper par des interprétations allégoriques, ou même souvent les combattre directement ; mais ils n’étaient pas pour cela disposés à accepter le joug d’une doctrine étrangère prêchée par des hommes sans lettres et sans crédit, et à soumettre
les spéculations de leur raison à la règle d’une rigoureuse orthodoxie. Il pouvait, sans doute, se trouver parmi les philosophes des hommes fatigués du doute et disposés à accepter une doctrine qui, sous certains rapports, ressemblait à celle de Platon, et qui était enseignée par une autorité plus haute et plus sûre. L’opposition entre le christianisme et la philosophie n’était point absolue Comme celle qui existait entre les deux cultes ennemis. Néanmoins il devait arriver que le plus grand nombre des sages de ce monde se tournassent contre la doctrine nouvelle et s’alliassent au paganisme : cette prévision a été justifiée par les faits. C’était encore une puissance redoutable dont il fallait triompher.

Le dernier obstacle provenait de la doctrine chrétienne elle-même. Elle semblait, par son premier aspect et sa forme extérieure, destinée à soulever contre elle une opposition violente. S’il ne s’était agi que de remplacer le culte des idoles par celui d’une divinité invisible, c’était déjà une tentative humainement insensée. Mais il fallait substituer à ces cultes, en union avec l’adoration du Dieu invisible, celle d’un homme, et cet homme était un Juif deux fois condamné par les magistrats de son pays et par ceux de Rome, et mis à mort d’une manière ignominieuse. C’était le Dieu dont il fallait préférer le culte à celui de Jupiter et d’Apollon, les grands deux de l’Olympe, à celui de Rome et d’Auguste, personnification de la puissance sociale, et enfin au culte des empereurs divinisés.

On se représente à quel degré une pareille idée devait blesser tous les sentiments intimes des Romains. Elle devait sembler une folie répugnante et odieuse.

Quant à la doctrine morale du christianisme, elle devait sembler insensée sous d’autres rapports ; elle devait paraître absolument inapplicable. Le christianisme défendait, comme fautes contre les mœurs, des actes qui ne semblaient mériter chez les païens aucun reproche ; il punissait de l’excommunication l’adultère, même dans le sexe masculin ; il inaugurait des principes nouveaux d’une sévérité inconnue jusque-là. Tels étaient, résumés en quelques mots, les obstacles qui rendaient humainement impossible le succès de la prédication évangélique.

Maintenant, quels furent les moyens employés ?

Ce furent quelques Juifs, pauvres, sans crédit, sans éloquence, maudits et persécutés par leur propre peuple, chassés des synagogues, qui entreprirent cette grande œuvre de la rénovation du monde.

Leur mode de prédication était simple. Il consistait à affirmer leur propre conviction, à attester le fait de la résurrection de Jésus-Christ, à menacer des châtiments futurs ceux qui adoraient les idoles, et à promettre le pardon de leur fautes à ceux qui se convertiraient. Qu’une telle prédication ait touché certaines consciences troublées, certaines âmes inquiètes, que les apôtres aient converti des esclaves, des hommes du peuple, quelques femmes, cela se comprend. Qu’il se soit rencontré, même parmi les hommes de la classe lettrée, des personnes bien disposées qui aient été touchées par la vertu des chrétiens, cela s’explique encore. Les conversions individuelles, quand elles ne sont pas instantanées comme celle de saint Paul, sont des faits qui ne sortent pas de l’ordre commun.

Mais comment avec de si faibles moyens ébranler une société entière ? Comment amener des multitudes à embrasser une doctrine nouvelle, comment produire, en faveur d’une religion si contraire aux idées régnantes, un courant d’opinion suffisant pour que le nombre des chrétiens devint considérable, relativement à la masse de la population !

Cent cinquante ans environ après le commencement de la prédication des apôtres, Tertullien nous dit que les chrétiens remplissaient les armées, les villes, les sénats, et ne laissaient aux païens que leurs temples ? Ces paroles étaient sans doute entachées d’une certaine exagération ; mais le seul fait qu’elles aient pu être placées dans un écrit destiné au public prouve un immense développement de la nouvelle doctrine. Ce développement si rapide est tout à fait hors de proportion avec l’effet naturel de la parole de quelques hommes obscurs prêchant une doctrine qui combat l’orgueil et les passions.

À défaut de cause extérieure, on a supposé une cause naturelle interne. On a dit que la société païenne était travaillée du besoin d’un renouvellement religieux ; que les âmes, peu satisfaites des doctrines régnantes, étaient prêtes à en accepter d’autres, en un mot que le monde ancien portait en germe un monde nouveau.

Une telle explication, quand elle est donnée sans commentaires et sans étude détaillée des tendances réelles de l’antiquité, ressemble beaucoup à la vertu dormitive de l’opium, dans la comédie de Molière. Elle revient à dire : Une nouvelle religion s’est produite ; donc elle devait se produire. Elle ne montre nullement que cette production ait eu lieu d’une manière naturelle, en vertu de causes humaines préexistantes. C’est une explication vaine et purement verbale.

Que si maintenant l’on cherche à découvrir les véritables aspirations de la société païenne des premiers siècles de notre ère, on trouve sans doute qu’elle sentait le besoin de plusieurs des bienfaits qu’apporta le christianisme ; elle pouvait désirer l’établissement d’une idée plus élevée de la dignité que celle que contenait la mythologie païenne, l’abaissement des barrières nationales et la création d’une religion universelle. On peut croire aussi qu’il y avait une certaine tendance vers l’idée de l’égalité entre les hommes, et vers la suppression des abus de l’esclavage, bien que les jurisconsultes de cette
époque maintiennent la dureté des anciennes formules.

Le christianisme a satisfait à ces tendances, mais il n’était pas le seul moyen de réaliser ces aspirations de certains esprits. La philosophie permettait de se faire une idée élevée de la divinité ; le stoïcisme prêchait une morale sévère ; la législation pouvait s’adoucir et s’est
adoucie sans changement de culte ; des œuvres de bienfaisance pouvaient être fondées et l’ont été réellement. Enfin, s’il s’était seulement agi d’un changement de culte, les sauveurs, les messies, les prophètes ne manquaient pas. Sans parler des sectes gnostiques qui commencent dès le premier siècle, les sectateurs des cultes orientaux, les adorateurs d’Isis et de Mithra, étaient répandus dans l’empire et offraient à tous cette rénovation religieuse qu’ils cherchaient.

Pourquoi donc la société païenne aurait-elle été s’adresser à ces juifs méprisés, qui ne voulaient la sauver qu’en la forçant à renier ses dieux, à bouleverser ses institutions, à adorer un crucifié, à embrasser une morale austère, à se soumettre au culte exclusif du Créateur, et à plier sa raison devant de profonds mystères ? Pourquoi est-ce le culte le plus détesté, le plus persécuté, celui auquel Tacite impute comme reproche principal la haine du genre humain, qui seul a pu grandir, qui seula vu se multiplier ses disciples au milieu de la persécution, et qui a fini par s’emparer de la société tout entière ?

Jamais les tendances de la société païenne n’expliqueront une révolution pareille, ou plutôt, s’il faut l’attribuer aux tendances et aux aspirations spéciales des habitants de l’empire romain, ces tendances et ces aspirations elles-mêmes, cette préférence pour le culte du Crucifié et la morale évangélique parmi toutes les doctrines du Monde, sont des faits miraculeux et surnaturels. Des tendances et des aspirations de ce genre ne sont pas celles de la nature, ce sont celles de l’Esprit-Saint.

Quant à la conséquence de cette grande révolution, quant à l’œuvre produite par la prédication apostolique, elle présente encore des caractères incomparables et transcendants.

En premier lieu, c’est une œuvre définitive ; le paganisme est détruit sans retour. Tout l’ordre des idées auxquelles correspondait la mythologie antique s’est écroulé pour ne plus renaître. Après l’essai de réaction de Julien l’Apostat, le paganisme se hâte vers sa ruine, et dès lors ses plus chauds partisans n’ont pas osé même prévoir sa résurrection.

En second lieu, cette œuvre est vitale et progressive. La grande transformation de la société païenne n’était pas encore achevée, que déjà il fallait en entreprendre une autre ; il fallait façonner et mouler les Barbares pour qu’ils entrassent comme éléments dans une civilisation nouvelle. Si, au lieu d’être une œuvre originale, le christianisme avait été le résultat des tendances de l’ancienne société, et le fruit tardif du vieux monde, aurait-il été adapté à la création de ce monde nouveau ? Aurait-il ainsi conquis les vainqueurs et les conquérants de l’ ancien monde ?

Ici nous nous arrêtons, car la preuve du christianisme par sa fondation miraculeuse se rejoint à une autre preuve, celle qui s’appuie sur sa durée, sur sa résistance séculaire aux attaques de ses ennemis, et sur son caractère progressif. Nous avons déjà indiqué cet argument dans un chapitre précédent. Il n’entre pas dans notre plan d’y revenir. Ce qui regarde spécialement le sujet de cette étude, c’est la question de savoir si l’histoire des religions fournit des exemples de faits assez semblables à la conversion du monde païen pour pouvoir lui être opposés et en atténuer la force probante. Or, il n’est que deux religions dont la propagation puisse être comparée à celle du christianisme, l’islamisme et le Bouddhisme. L’islamisme est mis facilement hors de cause. Une religion sensuelle, qui autorise la satisfaction des passions et qui se propage par le sabre, est si différente du christianisme, elle a des moyens de succès si distincts et même si opposés à ceux de l’Évangile, que la comparaison est inutile. La propagation de l’islamisme peut être un problème historique, mais la solution de ce problème, quelle qu’elle soit, n’ébranle en rien l’évidence de ce fait, qu’une force surnaturelle était nécessaire pour faire triompher le christianisme dans le monde.

C’est la propagation du bouddhisme qui est la véritable objection moderne contre l’argument tiré de la conversion du monde romain. Le bouddhisme, en effet, a deux ressemblances avec le christianisme. Il enseigne une morale pure, et sa propagation s’est faite par la persuasion et non par la force. Enfin il est arrivé, très lentement, il est vrai, à une très grande extension dans l’Asie et possède un nombre immense de sectateurs. II y a néanmoins, pour peu qu’on y regarde de près, une immense différence entre la nature et la destinée de ces deux religions. Le christianisme est une loi divine qui s’impose d’une manière obligatoire à tous les hommes. Il a prohibé absolument toute idolâtrie, tout culte rendu aux dieux païens, et par conséquent le culte des dieux nationaux et la religion impériale dont Rome et Auguste étaient les divinités principales. À cette loi rigoureuse,
il joignait celle du mariage indissoluble et la prohibition de tout désordre de mœurs, même chez les personnes non engagées dans le mariage. Enfin il imposait à l’intelligence de lourds mystères, et en particulier l’adoration du Crucifié. Le bouddhisme ne nous présente rien de pareil. Bien loin de combattre les superstitions, il les admet dans son sein et les laisse entrer dans le cadre de sa doctrine. Sa morale est pure, mais elle contient plus de conseils que de préceptes. Le bouddhisme ne parle pas au nom d’un Dieu ; il invite les hommes à la vie de renoncement, mais ne change rien aux mœurs sociales ni surtout à la loi du mariage. Il n’impose aucun mystère, et les bouddhistes modernes du Japon se félicitent de ce que leur religion ne leur impose pas même la foi à un Dieu créateur. Le christianisme a été prêché par des apôtres ignorants. Le bouddhisme, dont le fondateur est le fils d’un roi, devenu un ascète illustre et vénéré, est adopté et prêché dès l’origine par des hommes des classes supérieures, des brahmanes et des kshattryas. Le christianisme soulève une violente opposition provenant de l’antagonisme de ses principes avec ceux de la société gréco-romaine. Le sang versé et la violence des édits donnent la mesure de la grandeur de l’œuvre accomplie. On ne réforme pas impunément des coutumes perverses qui ont une haute antiquité. Les persécutions du bouddhisme sont au contraire purement légendaire (Barth. Religions of India, p. 133). Il a été toujours protégé par les souverains, et, comme nous l’avons indiqué, il a eu son Constantin avant d’avoir son Dèce et son Dioclétien. Son succès dans l’Inde n’a été que passager : dans les autres parties de l’Asie, il a subsisté jusqu’à nos jours, mais il s’est presque partout transformé en grossière superstition ; il n’a créé que des sociétés demi-barbares telles que celle du Thibet et de Ceylan ; il n’apporte dans l’univers aucune idée nouvelle, et aujourd’hui sa décadence est évidente. On voit donc que, par d’autres raisons que celles qui concernent l’islamisme, la propagation du bouddhisme doit être considérée comme un fait de nature absolument différente de celui de la conversion du monde romain par les apôtres. L’explication de l’un ne peut résoudre le problème que soulève l’autre. Nous avons d’ailleurs exposé plus haut quelques considérations sur les causes de la propagation du bouddhisme. Ici encore, l’objection tirée des religions païennes s’évanouit comme un fantôme, et les bases de l’apologétique chrétienne subsistent sans
être ébranlées.»

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Les miracles de Jésus-Christ

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Les œuvres de Jésus-Christ sont ses miracles, ceci afin de prouver qu’Il est le Fils de l’Homme, le Fils de Dieu prophétisé dans l’Ancien Testament et attendu depuis la nuit des temps. L’abbé Broglié prouve par l’apologétique que les miracles sont seulement le fait du christianisme, aucune autre religion ne pouvant s’attribuer de tels phénomènes divins. Il prouve également que la résurrection de Jésus-Christ est authentique !

« Les miracles de Jésus-Christ » tiré de « Problèmes et conclusions de l’histoire des religions » de l’abbé de Broglié. Page 340 à 351.

« Ce que la vie idéale et réelle de Jésus-Christ prouve aux cœurs élevés et aux esprits droits, les miracles le prouvent à tous les hommes de bonne foi d’une manière plus claire et plus facilement intelligible. La preuve des miracles est une de celles auxquelles Jésus-Christ en appelle le plus souvent. Croyez à mes œuvres, dit-il, et ces œuvres sont ses miracles. Avant de quitter la terre, il promet à ses apôtres qu’ils auront le pouvoir de faire des miracles, afin d’inspirer la foi à ceux qui les verront. Il est facile de comprendre le motif de cette importance attachée aux miracles visibles parmi les preuves de la foi chrétienne. C’est que les miracles donnent à la foi un fondement rationnel clairement explicable. Si réellement il y a eu des miracles éclatants, supérieurs à tous les autres faits surnaturels allégués en faveur des autres religions, si ces miracles sont donnés en preuve d’une révélation faite par le Dieu créateur, il est certain qu’il faut croire à cette révélation. Dieu seul est le maître de la nature, et s’il manifeste cette souveraineté, l’homme doit croire à sa parole. Cette preuve diffère des autres, de celle qui résulte de la beauté de la doctrine ou de la sainteté du fondateur, en ce qu’elle repose sur des faits extérieurs, précis et déterminés, capables d’être vus ou touchés par les témoins immédiats, capables d’être attestés comme tous les autres faits. Une fois de tels faits constatés, une fois qu’il est prouvé qu’ils sont l’œuvre du Dieu suprême, il devient raisonnable et logique de soumettre sa raison à l’autorité qu’ils appuient. De tels miracles sont semblables aux marques extérieures qui font connaître l’authenticité d’une pièce, au cachet ou au sceau qui garantit contre les falsifications. Si au contraire il n’y a pas de miracles visibles en faveur d’une religion, si l’on en est réduit aux preuves morales seules, l’illusion est plus facilement admissible. Les preuves morales sont affaire d’appréciation individuelle ; les miracles sont des faits palpables et capables de frapper tous les esprits. Une religion sans miracles serait semblable à la lettre d’un souverain, dont le cachet et la signature auraient disparu et dont l’auteur ne pourrait être reconnu que par l’appréciation du contenu de la missive.

Il y aurait d’ailleurs présomption contre une religion monothéiste qui se prétendrait révélée et qui ne s’appuierait pas sur des miracles. Le Dieu créateur est en effet le maître de la nature ; il a le pouvoir de faire des miracles. S’il se refusait absolument à user de ce pouvoir pour garantir une parole venant de lui, il serait vraisemblable qu’il n’a pas le dessein d’enseigner les hommes d’une manière exceptionnelle et surnaturelle, et qu’il les laisse éclairés par les seules lumières de leur conscience et de leur raison. Cette présomption serait plus forte encore et deviendrait décisive si à côté de cette religion il y en avait d’autres se prétendant établies par le même créateur et essayant de s’appuyer sur des preuves visibles. Nous devons donc attacher une grande importance à la preuve des miracles, et c’est à tort que certains apologistes et certains orateurs chrétiens lui donnent une place secondaire. Les miracles visibles sont comme les ossements et la charpente de la démonstration du christianisme ; les preuves morales pourraient être comparées aux nerfs et aux muscles : sans ossements, les nerfs et les muscles seraient impuissants.

Ceci posé, si nous comparons le christianisme aux autres religions, au point de vue des miracles, nous arrivons au résultat suivant. En dehors du christianisme il peut se rencontrer certains faits surnaturels, mais ces faits ou sont peu éclatants, ou ne sont que très faiblement attestés. En outre la plupart de ces faits peuvent être expliqués sans avoir recours à la puissance du Créateur. Nous pouvons ranger parmi les faits équivoque et peu éclatants les miracles du paganisme proprement dit, les oracles de Delphes et de Memphis, les faits miraculeux attribués à Vespasien, et les faits magiques racontés par les missionnaires de l’extrême-Orient. Il n’y a dans tous ces faits rien qui soit comparable à la résurrection de Lazare, à la tempête apaisée, à la guérison de l’aveugle-né ; il est difficile de savoir quelle est la part exacte d’illusion, d’imposture ou de surnaturel véritable qui s’y rencontre. La part du surnaturel, si vraiment il y en a une, est si faible, qu’elle peut être attribuée à un être spirituel quelconque, ange ou démon, aussi bien qu’au Créateur. Nous trouvons d’un autre côté dans certaines religions l’allégation d’un déploiement très grand d’une puissance surnaturelle. Tels sont les récits relatifs à Zoroastre et à Çakia-Mouni. Mais nous sommes alors sur le terrain de la légende pure, sans aucune base historique solide. Zoroastre est, comme nous l’avons vu, un personnage absolument légendaire ; et quant à Çakia-Mouni, le récit fantastique de ses miracles est de plusieurs siècles postérieur à sa mort. Ces derniers miracles d’ailleurs ne sont point attribués à une puissance divine, mais à un pouvoir magique résultant, dans l’opinion des Hindous, de la sagesse et des vertus de Çakia-Mouni lui-même. Ce sont donc des miracles irrationnels, qui, fussent-ils réels, ne prouveraient pas la vérité de la doctrine bouddhique : car, de ce qu’un homme serait un puissant magicien il ne s’ensuivrait pas qu’on dût croire à sa parole. II n’y a d’ailleurs pas à s’occuper de faits si évidemment légendaire.

Si nous passons à l’Évangile, nous nous trouvons en face d’un spectacle tout différent. Nous rencontrons une série de miracles éclatants accomplis à une époque et dans des lieux clairement désignés, en présence d’une foule nombreuse. Nous voyons des malades guéris par la seule parole d’un homme, ou même à distance par sa seule volonté, des morts ressuscités, Jésus marchant sur l’eau et apaisant la tempête. L’explication naturelle de tels faits est impossible. S’ils sont réels, leur éclat est tel, et tellement supérieur à celui des faits pareils qui ont été racontés dans d’autres circonstances, qu’il est impossible de ne pas les attribuer au Créateur lui-même. Il faut observer en effet que l’ensemble de ces faits évangéliques s’est accompli dans l’espace de trois années, et dans un pays qui n’est pas plus étendu qu’une province de la France. Que l’on compare ce récit évangélique avec les miracles les plus nombreux et les plus attestés des temps modernes, avec ceux en particulier qui sont allégués à l’occasion de certains pèlerinages, et on verra de suite quelle immense différence sépare l’une de ces manifestations surnaturelles de l’autre. Les faits surnaturels contemporains, quand ils peuvent être prouvés, sont capables de produire la conviction chez les personnes bien disposées ; mais il s ne sauraient, comme ceux de l’Évangile, être la base d’un enseignement populaire et d’une prédication publique.

Toute la question, relativement aux miracles évangéliques, se réduit à un seul point : sont-ils suffisamment attestés ? Le livre qui les raconte est il l’œuvre de témoins assez rapprochés des faits pour qu’on ne puisse pas douter de leur exactitude et assez dignes de foi pour que l’on ne puisse pas les accuser d’imposture ? Si cette question est résolue affirmativement dans le sens de la vérité des récits évangéliques, le christianisme a cause gagnée ; car les faits évangéliques, mille fois plus éclatants qu’aucune autre série de faits de ce genre, ne peuvent être attribués qu’à une puissance qui dispose de la nature entière et qui est maîtresse de la vie et de la mort. Les miracles de l’Évangile sont d’ailleurs, par leur nature même, parfaitement adaptés à être la marque de la puissance divine. Ils ont pour but le soulagement des maux de l’humanité, ou bien ils sont destinés directement à prouver l’autorité divine de leur auteur. Ils sont donc conformes à la sagesse et à la bonté du Créateur. Reste donc l’unique question : l’Évangile est-il authentique ? Ses récits reproduisent-ils la parole de témoins oculaire s, sûrs et dignes de foi ?

On peut traiter cette question dans deux dispositions d’esprit différentes. On peut être d’avance convaincu que les miracles sont impossibles, que toute allégation de faits surnaturels est ma l fondée et doit s’expliquer par la légende ou l’imposture. On peut au contraire croire à la possibilité générale de s miracles, et n’avoir de doute que sur l’évidence réelle de ceux de l’Évangile. Ceux qui sont dans la première disposition d’esprit ont leur siège fait d’avance. II y a dans leur esprit une donnée première qu’ils ne peuvent laisser ébranler ; à savoir que les miracle évangéliques ne sont pas réels. La question pour eux est celle-ci : Comment ont pu être formés des livres attestant aussi clairement des miracles qui n’ont pas existé ? Ceux qui admettent la possibilité des miracles posent la question autrement. Ils se demandent simplement, sans parti pris, sans idée préconçue, si les livres sont authentiques, si les témoins sont dignes de foi, si les miracles sont réels. Ils se tiennent prêts à adopter l’une ou l’autre alternative, selon qu’elle se manifestera à eux avec évidence par les règles ordinaires de la critique sur l’époque des livres, par les règles du bon sens sur la valeur des témoignages.

D’où vient cette différence d’appréciation ? Elle vient d’un principe philosophique. Ceux qui a priori ne croient pas aux miracles sont athées panthéistes ou naturalistes. Ils se croient certains d’avance qu’il n’y a aucune puissance supérieure à la nature capable d’accomplir de telles œuvres. Ceux qui sont prêts à admettre les miracles, si les miracles sont prouvés, peuvent être de deux opinions. Ils peuvent être monothéistes ou sceptiques. S’ils sont monothéistes, ils savent qu’il y a un Dieu qui a créé le monde, et qui peut faire des miracles. S’ils sont sceptiques, ils ne savent rien sur l’origine du monde, mais la logique veut qu’ils acceptent, sans les contester d’avance, les faits que l’histoire leur présentera, puisqu’ils n’ont aucun principe qui leur donne le droit de les rejeter.

Ceci posé, voyons quels sont, relativement à l’époque de la rédaction des Évangiles, les résultats auxquels parviennent ces deux écoles. Les rationalistes, sauf quelques extrêmes, admettent que les trois premiers Évangiles ont été rédigés sous la forme où nous les possédons, à la fin du premier siècle de l’ère chrétienne, soit 70 ans après la passion de Jésus-Christ. Ils considèrent l’Évangile de saint Jean comme rédigé 15 ou 20 ans au plus après la mort de cet apôtre, par ses disciples, soit 85 ou 90 ans après la passion de Jésus-Christ. Les critiques chrétiens qui admettent le surnaturel, et par conséquent ne considèrent pas comme une objection valable le fait que des miracles publics soient racontés par des contemporains, placent la composition des trois premiers Évangiles ayant la ruine de Jérusalem, c’est-à-dire environ 30 à 35 ans après la Passion, et celle de l’Évangile de saint Jean un peu ayant la mort de cet apôtre, c’est-à-dire 65 ans après la mort du Sauveur. On voit que l’écart n’est guère que d’une trentaine d’années, d’une génération d’hommes. Afin de bien comprendre ce que valent ces intervalles de temps, comparons-les à des intervalles contemporains. Trente-cinq ans, c’est l’intervalle qui nous sépare de la révolution de Février. Soixante-cinq ans, c’est celui qui nous sépare de l’invasion de 1815. Quatre-vingt-dix ans, c’est le temps qui s’écoule depuis la première Terreur. Donc, si l’on admet l’hypothèse des rationalistes, nos plus anciens documents auraient, quant aux temps, la valeur d’un récit racontant un épisode de 1815, et l’Évangile de saint Jean celui d’un récit du temps de la Terreur. Si l’on admet l’opinion des critiques chrétiens, les trois premiers Évangiles correspondraient à un récit relatif à la république de 48, le dernier à un récit du moment de la Restauration. Remarquons maintenant quelle étroite chaîne de témoignages nous unit à des époques si voisines. Que de vieillards ont été témoins oculaires de la Restauration et même du premier Empire ! Il n’est pas un homme de 40 ou 50 ans qui n’ait connu plusieurs témoins de la première révolution. Considérons, d’autre part, que l’Église chrétienne formait une société très étroitement unie, vivait d’une même vie, extrêmement attachée à ses traditions, recueillant avec la plus grande attention les moindres paroles attribuées au Sauveur. Songeons que les chrétiens étaient en hostilité et en contact avec les Juifs sur le théâtre même des miracles. Songeons que ces miracles étaient la preuve invoquée à tout instant par les apôtres pour démontrer que Jésus-Christ était le Messie, que ces miracles étaient considérés comme le fondement d’une foi qui allait jusqu’au martyre. Dans de telles circonstances, peut-on admettre que cette grande série de miracles ait été inventée et imaginée de toutes pièces ? Peut-on admettre qu’une légende miraculeuse se soit formée tout entière en si peu de temps, sans être contestée, cette légende étant considérée comme preuve fondamentale de la nouvelle religion et par conséquent comme le pivot même de la discussion ? Qui ne voit qu’une telle hypothèse est inadmissible, et que, même en concédant aux rationalistes une rédaction un peu tardive des Évangiles, l’attestation qu’ils donnent des faits miraculeux ne perdrait rien de sa force ? Ici encore d’ailleurs il y a une réponse plus simple. Qu’on lise l’Évangile de bonne foi, et qu’on lise encore une histoire légendaire quelconque, celle de Bouddha, ou la biographie récente de Mahomet, et que l’on compare. D’une part il y a une simplicité, une naïveté, un caractère évident de vérité ; on sent qu’on entend la parole de celui qui a vu ce qu’il raconte. De l’autre côté, on est averti par la couleur même du récit qu’on est en présence d’une œuvre d’imagination.

Il est enfin une dernière série de miracles, on plutôt un miracle suprême, entouré de plusieurs autres, qui est appuyé sur des preuves qui défient toute critique. Nous voulons parler de la résurrection de Jésus-Christ, de ses apparitions et de son ascension. Ces faits ont eu pour témoins les apôtres et un nombre considérable de fidèles, plus de 500, au dire de saint Paul. Il est vrai qu’ils ont été contestés par les Juifs et les païens. Mais quelle force particulière prend dans ce cas le témoignage apostolique ! Comme ces récits des apparitions du Sauveur sont naturels et simples ! Comme on voit se former graduellement la conviction des apôtres ! Quelle force leurs hésitations, leurs doutes, leur difficulté à croire donnent à leurs affirmations postérieures ! Et lorsqu’on songe que cette affirmation a été scellée de leur sang, et qu’elle a été si puissante qu’elle a produit dans des multitudes immenses la foi à un Dieu ressuscité, malgré les railleries des sages de ce monde, comment ne sent-on pas que la vérité seule a un tel pouvoir sur les âmes ? Ajoutons que, malgré leurs efforts, les ennemis de l’Évangile n’ont pu jusqu’à nos jours donner aucune explication plausible de la croyance des apôtres, ni même opposer à leur récit un récit admissible à un degré quelconque sur la fin de la vie de Jésus-Christ. S’il n’est pas ressuscité, qu’est devenu le corps de ce supplicié, et comment l’autorité qui l’avait condamné et avait scellé son sépulcre, se l’est-elle laissé dérober ? S’il n’est pas ressuscité, comment ce condamné et ce vaincu a-t-il pu avoir des adorateurs ? Les solutions de ce problème sont misérables. Tantôt c’est la femme fanatique dont parle Celse, qui, en croyant voir le Sauveur, a été la cause de la fondation du christianisme et du renouvellement de l’univers. M. Renan n’a pas craint, faute de mieux, de rééditer cette pauvreté par cette phrase :

« La passion d’une hallucinée donne au monde un Dieu ressuscité. »

D’autres ont imaginé une véritable imposture : Jésus-Christ ne serait pas mort de la crucifixion ; il serait sorti vivant du tombeau, et se serait montré à ses apôtres ; comme si les ennemis qui l’avaient poursuivi avec tant de haine avaient pu laisser échapper leur proie. La résurrection et l’ascension du Sauveur, ces faits si clairement attestés, sont le fondement inébranlable de la foi chrétienne. Notre croyance à la vie future repose sur le témoignage d’un homme qui a passé par la mort et qui est revenu sur la terre : c’est la preuve expérimentale par excellence. Tout à l’heure nous remarquions, dans la personne de Jésus-Christ, l’union partout ailleurs inconnue de l’idéal et du réel. Nous voyons maintenant que cette union, qui constitue la perfection, n’est pas un accident passager, que l’homme parfait est victorieux de la mort ; qu’il possède, et par conséquent peut communiquer la vie éternelle et divine.

Trouvera-t-on maintenant quelque chose de comparable dans les autres religions ? Non : c’est vainement que l’on chercherait quelque chose de pareil. Tous les fondateurs de culte meurent comme les autres hommes : aucun n’ose prétendre être plus fort que la mort. À ce sujet, il me semble intéressant de citer un des traits de la légende de Çakia-Mouni. Il semble que l’auteur de cette légende ait senti combien il était peu raisonnable de supposer une sagesse et une puissance infinie dans un homme, et de lui laisser finir vulgairement sa vie comme un autre mortel. Il lui a semblé nécessaire à la dignité de Bouddha qu’il ne mourût que volontairement et par son propre choix (Burnouf, Introduction à l’histoire du Bouddhisme indou, p.65 et suivantes). Voici le fait qui, dans la légende, précède immédiatement la mort de Çakia-Mouni. Le Bouddha, se promenant avec Ananda, son disciple chéri, lui dit un jour :

« Ananda, celui qui est arrivé à la perfection de la sagesse peut, s’il le veut, vivre pendant une révolution entière du monde, c’ est-à-dire des milliards d’années. Or, je suis arrivé à cette perfection de la sagesse. »

Il répéta trois fois ces paroles, s’attendant à ce qu’Ananda le suppliât d’user de son privilège pour rester plus longtemps avec ses disciples et continuer à les instruire. Mais Ananda eut une distraction : le démon Mara lui suggéra des pensées étrangères. II n’entendit que vaguement les paroles du Maître et ne comprit pas son intention secrète. À quelque temps de là, un tremblement de terre se produisit, Ananda effrayé demanda l’explication de ce prodige.

« C’est, lui dit Çakia-Mouni, que j’ai renoncé à l’existence et que je vais entrer prochainement dans le Nirvana.
– Comment , s’écria Ananda tout en larmes, ô maître, vous allez nous quitter : mais nous ne sommes pas instruits, nous avons encore de besoin de vous. Restez avec nous !
– Ananda, reprit Çakia-Mouni, il est maintenant trop tard pour me faire cette demande. II fallait à me la faire tout à l’heure, quand je t’ai déclaré que je pouvais, si je le voulais, passer avec vous le temps d’une révolution entière du monde. Maintenant mon sort est fixé d’une manière irrévocable. »

Fatale distraction d’Ananda ! S’il eut été attentif, Çakia-Mouni vivrait encore, et sans doute nous serions tous bouddhistes. Mais grâce à un piège du démon Mara, le maître de l’univers est mort à 80 ans, et ne songe pas à ressusciter, puisque, selon sa doctrine, la vie n’est qu’un mal. Ne semble-t-il pas que l’auteur de cette légende ait senti la nécessité d’expliquer le singulier dénouement de la vie de son héros ? Ne semble-t-il pas aussi que le Bouddha ait essayé vainement d’être ce que le Christ a été réellement, le vainqueur de la mort ? »

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