Cessons de dire « je ne peux rien changer »

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Cessons de répéter, à tort et à travers, que nous ne pouvons rien changer. Cette attitude autant négative que fallacieuse est profondément ancrée dans les esprits depuis plusieurs longues décennies. Lorsqu’un quidam nous explique que le monde va mal et qu’il y a beaucoup trop d’injustices, nous avons tendance à dire « je ne peux rien y changer ». En fait, nous croyons, avec déraison, que pour changer le monde nous devrions obtenir un crédit financier pour pouvoir être en mesure de faire ce que nous pensons être juste. Or, ceci est faux d’un point de vue historique. Dans les siècles passés, les saints étaient pauvres, sans ressources matérielles. Cependant, ils possédaient deux richesses : celle de la foi en Dieu et celle du cœur. Prenons l’exemple le plus édifiant qu’il soit, celui de Notre Seigneur Jésus-Christ, Messie rédempteur du monde, qui a prédiqué pendant trois années pour sauver les hommes des griffes du péché.

Si nous voulons vraiment changer le monde, imitons simplement les saints. Pour cela, nous devons apprendre à redevenir un enfant, car, ce monde incite à nous transformer en brute par la diffusion constante d’idées vicieuses et malsaines afin de nous persuader que le monde est fondamentalement mauvais. C’est en diffusant la peur dans les esprits que Satan nous maintient dans ses immondes griffes aiguisées.

Voici les principaux stratagèmes du mal pour emprisonner les âmes. Les médias font croire que l’homme moderne peut être libéré de toutes contraintes, qu’il peut obtenir immédiatement ce qu’il souhaite en travaillant le moins possible et qu’il doit se détacher des valeurs vertueuses parce que celles-ci seraient réservées à quelques misérables et faibles individus. D’un point de vue logique, cette conception du monde n’est absolument pas pertinente, voici pourquoi. Un individu qui veut tout et tout de suite se retourne forcément contre son semblable afin d’obtenir, avant lui et à son détriment, ce qu’il désire. Cela entraîne un effroyable esprit de compétition. Lorsque cette valeur est poussée à son paroxysme, elle entraîne irrémédiablement le chaos par effet domino. Comme la plupart des hommes de notre époque sont perdus dans toutes sortes de pensées fallacieuses et matérialistes, ceux-ci utilisent de préférence la force physique pour vaincre l’adversité au lieu d’employer l’intelligence vertueuse découlant du Saint-Esprit, autrement appelée « Force » spirituelle.

Ainsi, le mal est parvenu à corrompre le sens des mots en leur donnant une tournure perverse. Dans notre exemple, la Force s’est transformée en brutalité sous la plume des philosophes lucifériens du XVIIIe siècle. Autre illustration, un « préservatif » est, à la base, un moyen d’éviter de chuter dans le mal. De nos jours, le préservatif a pris une tournure perverse en se transformant en un simple moyen de « contraception ». Autrement dit, les mots ont perdu leur sens premier, noble et raffiné, pour acquérir une orientation caricaturale, forcément matérialiste et outrancière. Le combat qui assure la victoire sur le mal ne peut être que spirituel : la guerre entraîne l’élimination physique d’individus mais laisse en l’état la connaissance que ces mêmes bougres avaient du monde. Ainsi, malgré l’anéantissement matériel de la civilisation, les générations futures restent prisonnières de ces concepts fallacieux si elles ne parviennent pas à purifier et à anoblir leur conception du monde. Pour acquérir les âmes à la cause du Christ, nous devons les christianiser de nouveau : il n’y a là aucun autre moyen.

Ainsi, afin d’être en mesure de changer le monde, nous ne devons pas viser de grands buts inaccessibles mais nous devons, au contraire, agir selon nos maigres capacités. C’est par notre humilité et notre obéissance aux commandements divins que nous pourrons changer la mentalité des personnes de notre entourage. Dès lors, c’est par l’imitation de ces nobles comportements que la vertu se propagera, lentement, mais sûrement. Malgré les épreuves, nous devons rester stables dans cette attitude sereine, comme ancrés dans le roc, afin de ne pas être mortellement atteints par celles-ci.

Pour bien comprendre ce principe élémentaire, je vous invite à découvrir l’exemple de saint Anselme, saint Paul et saint Pacôme à travers les écrits, tirés du quinzième « entretien spirituel » de l’ouvrage éponyme, du vénérable saint François de Sales.

« Ce que, pour vous mieux faire entendre, il faut que je vous dise ce que j’en ai trouvé ces jours passés dans la Vie du grand saint Anselme, où il est dit que durant tout le temps qu’il fut Prieur et Abbé de son Monastère, il fut extrêmement aimé d’un chacun, parce qu’il était fort complaisant, se laissant plier à la volonté de tous, non seulement des Religieux, mais même des étrangers. Si on lui venait dire : Mon Père, votre Révérence devrait prendre un peu de bouillon chaud, il vous ferait grand bien à l’estomac ; tout soudain il le prenait : Je le veux bien, mon fils, disait-il. Après, un autre venait qui lui disait : Ô mon Père, cela vous fera mal, vous ne le devriez pas prendre ; et tout soudain il le quittait. Ainsi il se soumettait, en tout ce qui n’était point manifestement contre la volonté de Dieu, à celle de ses Frères, lesquels bien souvent sans doute suivaient leurs inclinations naturelles ou habituelles, mais encore plus particulièrement les séculiers qui le faisaient aussi tourner à toutes mains, selon leurs volontés.

Or, cette grande souplesse et condescendance du Saint n’était pas approuvée de tous, bien qu’il fût fort aimé de tous ; si que, un jour, il y eut de ses Frères qui lui voulurent remontrer que cela n’était pas bien selon leur jugement. Étant venus à lui, ils commencèrent à dire : Vraiment, mon Père, vous êtes honoré et aimé d’un chacun de nous autres qui sommes sous votre charge ; mais il faut que vous nous permettiez de vous dire, comme étant ceux qui vous aiment plus particulièrement que les autres, qu’il nous semble que vous êtes trop facile, condescendant et souple à la volonté de tout le monde. Il semble que vous devriez être plus généreux, faisant plier ceux qui vous sont sujets sous votre volonté, et non pas ainsi que vous faites, vous soumettant à tous. — Ô mes enfants, dit le grand saint Anselme, vous ne savez peut-être pas à quelle intention je le fais. Sachez, mes Frères, que me ressouvenant que Notre- Seigneur a commandé que nous ne fissions à notre prochain que ce que nous voudrions qui nous fût fait, m’en ressouvenant, dis-je, je ne puis faire autrement ; car je voudrais que Dieu fît ma volonté, et partant, je fais volontiers celle de mes Frères et de mes prochains, afin qu’il lui plaise à ce bon Dieu de faire quelquefois la mienne. De plus, j’ai une autre considération, qui est que, après ce qui est de sa volonté signifiée, je ne puis connaître la volonté de Dieu, je veux dire la volonté du bon plaisir, que par la voix de mon prochain car Dieu ne me parle point, moins m’envoie-t-il des Anges pour me déclarer ce que c’est que son bon plaisir. Les pierres, ni les animaux, ni les arbres, ni les plantes ne parlent point ; il n’y a que l’homme donc qui me puisse manifester la volonté de mon Dieu, et partant je m’attache à cela tant que je puis. Dieu me recommande la charité envers le prochain ; c’est une grande charité de se conserver en l’union les uns avec les autres, et je ne trouve point de meilleur moyen que d’être fort doux et condescendant. La douce et humble condescendance doit toujours surnager en toutes nos actions. Mais la principale considération est de croire que Dieu me manifeste ses volontés par celles de mes Frères, et partant j’obéis à Dieu toutes les fois que je leur condescends en quelque chose. Outre cela, Notre-Seigneur n’a-t-il pas dit que si nous ne sommes faits comme un petit enfant, que nous n’entrerons point au Royaume des cieux ? Ne vous étonnez donc point si je suis souple et facile à condescendre comme un enfant, puisque, en cela, je ne fais que ce qui m’a été ordonné par mon Sauveur. II n’y a pas grand intérêt que je m’aille coucher ou que je demeure levé, que je prenne un bouillon ou que je le laisse, que j’aille là ou que je demeure ici ; mais il y aurait bien de l’imperfection de ne pas me soumettre en cela. Voyez-vous, mes chères Sœurs, le grand saint Anselme se soumet en tout ce qui n’est point contre les Commandements de Dieu et de la sainte Église, ou contre ses Règles, car l’obéissance marche toujours devant. Je ne pense pas, non, que si on eût voulu lui faire faire quelque chose contre cela, qu’il l’eût fait ; oh ! Nullement, mais après cela, sa règle générale était la condescendance en tout et à tous.

Le glorieux saint Paul, après avoir dit que rien ne le séparera de la charité de Dieu, ni la mort, ni la vie, non pas même les Anges, ni tout l’enfer s’il se bandait contre lui n’en aurait pas le pouvoir : Je ne sache point de plus grande finesse, dit-il, que de me rendre tout à tous, rire avec les riants, pleurer avec ceux qui pleurent, boire avec ceux qui boivent, enfin me rendre un avec un chacun. Ce que je dis qu’il faut pleurer avec ceux qui pleurent, ne se doit pas entendre avec ceux qui pleurent de tendreté sur eux-mêmes, car il ne le faut pas ; non plus qu’il ne se faudrait pas enivrer avec ceux qui le font, car si bien je dois boire quand quelqu’un me témoigne de le désirer bien fort, regardant la volonté de Dieu eu cela, je ne dois pourtant pas excéder les termes de la modestie et sobriété. — Mais, me direz-vous, dois-je penser que Dieu ait inspiré cet homme de me présenter à boire ? — Non pas, mais oui bien de condescendre à sa volonté en buvant : la volonté de Dieu est que je boive, encore que ce ne fût pas sa volonté que l’on m’ait présenté à boire.

Saint Pacôme, faisant un jour des nattes, il y eut un enfant (car il recevait en ce temps- là des enfants pour les élever en la Religion), ce pauvre petit donc, regardant comme faisait le Saint, lui dit : Ô mon Père, vous ne faites pas bien ; ce n’est pas ainsi qu’il faut faire. Le grand Saint, quoi qu’il fît bien ces nattes, se leva néanmoins tout promptement, et s’en alla asseoir proche de l’enfant, lequel lui montra comme il entendait qu’il fallait faire. Il y eut quelques- uns des Religieux qui lui dirent ; Mon Père, vous faites deux maux en condescendant à la volonté de cet enfant, car vous l’exposez au danger d’avoir de la vanité, et vous gâtez votre natte, car elle était mieux ainsi que vous faisiez. — À quoi le bienheureux Père répondit : Ô mes Frères, si Dieu permet que l’enfant ait de la vanité, peut-être qu’en récompense il me donnera de l’humilité ; et quand il m’en aura donné, j’en pourrai par après donner à cet enfant. Il n’y a pas grand danger de passer ainsi ou ainsi les joncs pour faire des nattes, mais il y aurait un grand danger si nous n’avions pas à cœur cette parole tant célèbre de Notre-Seigneur  : Si vous n’êtes faits comme un petit enfant en simplicité, humilité et souplesse, vous n’aurez point de part au Royaume de mon Père. — Oh ! Que c’est un grand bien d’être ainsi pliables et faciles à être tournés à toute main ! Non seulement les Saints nous ont enseigné cette pratique de la soumission de notre volonté, mais aussi Notre-Seigneur même, tant par exemples que par paroles. Le conseil de l’abnégation de soi-même, qu’est-ce autre chose sinon renoncer en toute occasion à sa propre volonté, à son jugement particulier, pour suivre la volonté de Dieu, et se soumettre à tous et en toutes choses, excepté toujours ce en quoi l’on offenserait Dieu en le faisant ?  »

Lien vers le fichier PDF : http://www.fichier-pdf.fr/2015/09/28/cessons-de-dire-je-ne-peux-rien-changer/

 

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4 commentaires pour Cessons de dire « je ne peux rien changer »

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  2. Bonsoir St Michel Archange,

    Merci pour ton partage, tu viens indirectement de répondre à l’une de mes questions du moment.

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  3. Je vous salue…
    Prier à temps et à contretemps.
    Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 1,47-51.

    Jésus reprend : « Je te dis que je t’ai vu sous le figuier, et c’est pour cela que tu crois ! Tu verras des choses plus grandes encore. »
    Et il ajoute : « Amen, amen, je vous le dis : vous verrez le ciel ouvert, et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme. »
    C’est curieux de constater que nous sommes toujours surpris que quelqu’un nous disent des choses que nous pensions être secrètes et seulement connues de nous !
    Alors, Nathanaël n’y échappe pas.
    C’est comme en ce moment, sans le savoir, nous vivons une période UNIQUE dans notre histoire humaine. Qui aurait pu dire, il y a seulement 50 ans, que nous vivrions une période aussi bouleversée que la notre ? Certainement pas moi.
    Regardons ou est descendue dans la bassesse, de notre pauvre monde :
    Nous tuons ‘légalement’ plus de 220 000 bébés, par an, dans le ventre de leurs mamans, et cela rien que dans notre ‘beau’ pays de France ; qui fût un temps le phare de l’humanité ! Le Commandement de DIEU et pourtant clair : « TU NE TUERAS PAS. »
    Nous tolérons la dépravation de l’homme en reconnaissant, oui, en reconnaissant qu’il peut jouir par tous les pores de sa peau. Nous érigeons l’homosexualité au rang de la VERTU ! En oubliant ce qui est advenu aux villes de Sodome et Gomorrhe. Oubliant : « TU NE FERAS PAS D’IMPURETE »
    Nous sommes en passe de détruire le socle de la Société, en dénaturant le mariage chrétien. Qui est et restera : un homme + une femme et des enfants, dans un mariage INDISSOLUBLE, puisque nous avons pris à témoins le Créateur de l’Univers en disant : OUI, pour sceller à VIE, ce contrat.
    Nous dénions aux malades le droit de VIVRE ! Au prétexte qu’ils sont ’UN BOULET’ pour la ‘Société civile’, et qu’ils coûtent trop ‘cher’ par rapport au bénéfice que l’on pourrait en retirer, si nous avions le ‘courage’ de les trucider ! Le cas de Vincent LAMBERT en est une preuve éclatante.
    Je m’arrête là, car dans le cas, d’un article, il serait trop long d’allonger la liste qui semble sans fin.
    Pour en avoir une idée, nous n’avons qu’à prendre les 10 Commandements de DIEU à l’envers, et nous aurons la ‘devise’ de notre société moribonde. Car elle est bien sur le chemin de l’agonie ! Je pense même, qu’il est déjà trop tard pour reprendre nos esprits afin de redresser la barre.
    Mais n’ayons pas peur, le Sauveur est à la porte et Il frappe ! Bientôt nous aurons la libération de ce monde du vice, qui est le fruit du péché.
    Et il (Notre Seigneur JESUS-CHRIST) ajoute : « Amen, amen, je vous le dis : vous verrez le ciel ouvert, et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme. »

    Que l’ESPRIT-SAINT vous guide et vous soutienne dans ces temps difficiles, et qu’Il vous donne Sa paix et Sa Joie en abondance !
    Merci !
    JFL

    Nota : Si vous le désirez, vous pouvez, ici, dire : Merci à DIEU par Son Fils, JESUS-CHRIST le Ressuscité, Notre Seigneur et Maître. Celui-là même qui fût enfanté dans le sein de la Vierge Marie. Vous pouvez, ici, nous relater les merveilles, que l’ESPRIT-SAINT a faites, dans votre vie personnelle. Vous serez ainsi des missionnaires. Il vous suffit de cliquer sur le lien : https://prieratempsetacontretemps.wordpress.com
    N’oubliez pas non plus: http://i.hozana.org/1MDvxyg prière pour demander la guérison de Vincent LAMBERT !

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