Dix méditations de saint François de Sales

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Le dernier article offrait au lecteur un véritable délice spirituel. Saint François de Sales introduisait dans son texte dix méditations que je me dois de publier dans ce nouvel article afin de compléter le tableau. Il s’agit d’exercices spirituels majeurs, surtout pour nous faire prendre conscience de l’état de péché dans lequel nous baignons tous, par la faute du modernisme. Nous devons comprendre que le progrès se définit par la régression morale, sociale et spirituelle de l’humanité afin de la soumettre à l’emprise totale d’une caste mortifère. Le progrès se confronte, dans une lutte à mort, au Christianisme dans le but d’entraîner l’humanité vers le culte de l’homme, c’est-à-dire celui de la perdition, au lieu de l’adoration du seul Dieu Trinitaire. Pour cela, le modernisme doit égarer l’humanité dans les plaisirs terrestres afin de la soumettre à ses pulsions de mort. Une prise de conscience globale et majeure est nécessaire pour stopper l’hérésie démoniaque qui ronge la Miséricorde de Dieu jusqu’à provoquer sa Justice. Terrible fureur qui renouvelle la terre afin d’anéantir les méchants. Ceux qui aujourd’hui ne croient pas en feront les frais, au jour du Jugement, dans la terreur et les éternelles douleurs.

Pour apaiser la Divine Colère, il faut savoir offrir son âme à la blancheur immaculée de notre Seigneur. Cet Amour rejaillit alors sur le monde pour apaiser Sa Colère. L’Eucharistie, siège de la Vie, cœur de l’Agneau immaculé, symbole de pureté et d’union, est la voie royale pour sauver l’humanité en rendant gloire à Dieu. Je vous laisse découvrir et surtout pratiquer les dix méditations de saint François de Sales. Vous participerez à une œuvre de Miséricorde en vous joignant à ces merveilleux exercices spirituels qui honorent la Sainte Trinité.

Saint François de Sales rappelle les fondements de la foi chrétienne dans ses méditations (j’ai fait le choix de ne rien surligner car tout y est important). Par conséquent, ces textes ne sont aujourd’hui plus du tout étudiés. Mieux, ils sont écartés de la foi chrétienne contemporaine afin de tromper un maximum de personnes. Il suffit de constater l’ampleur de l’apostasie pour le confirmer. Rappelons-nous que le royaume de Dieu est surnaturel. Il se situe exactement après le feu tombé du ciel, lorsque les âmes se relèveront toutes pour être jugées par Jésus-Christ, le terrible juge.

Prenez le temps de lire ces méditations afin de vous souvenir de la réalité de notre monde. Gardons en mémoire que l’ennemi, c’est-à-dire Satan, souhaite nous entraîner avec lui dans le péché afin de nous envoyer brûler en enfer, à ses côtés. Cette terrifiante réalité est plus que jamais d’actualité par la faute de ceux qui ont fait le choix d’entraîner l’humanité vers une implacable « raison » qui voue un culte aux richesses matérielles.

Table des matières

Première méditation – De la création
Deuxième méditation – De la fin pour laquelle nous sommes créés
Troisième méditation – Des bénéfices (bienfaits) de Dieu
Quatrième méditation – Des péchés
Cinquième méditation – De la mort
Sixième méditation – Du jugement
Septième méditation – De l’enfer
Huitième méditation – Du paradis
Neuvième méditation – Pour manière d’élection et choix du paradis
Dixième méditation – Par manière d’élection et choix que l’âme fait de la vie dévote

***

Première partie
Chapitre IX
Première méditation – De la création

Préparation

Mettez-vous en la présence de Dieu.
Suppliez-le qu’il vous inspire.

Considérations

Considérez qu’il n’y a que tant d’ans que vous n’étiez point au monde (saint François de Sales rappelle à Philothée qu’elle n’existait pas avant sa naissance), et que votre être était un vrai rien : où étions-nous, ô mon âme, en ce temps-là ? Le monde avait déjà tant duré, et de nous il n’en était nulle nouvelle (nous n’étions nulle part).

Dieu vous a fait éclore de ce rien, pour vous rendre ce que vous êtes, sans qu’il eût besoin de vous, et par sa seule bonté.

Considérez l’être que Dieu vous a donné, car c’est le premier être du monde visible, capable de vivre éternellement, et de s’unir parfaitement à sa divine Majesté.

Affections et résolutions

Humiliez-vous profondément devant Dieu, disant de cœur avec le Psalmiste : « Ô Seigneur, je suis devant vous comme un vrai rien, et comment eûtes-vous mémoire de moi pour me créer ? Hélas ! Mon âme, tu étais abîmée dans cet ancien néant, et y serais encore de présent, si Dieu ne t’en eût retirée : et que ferais-tu dans ce rien ? »

Rendez grâces à Dieu. Ô mon grand et bon Créateur, combien vous suis-je redevable, puisque vous m’êtes allé prendre dans mon rien, pour me rendre par votre miséricorde ce que je suis ! Qu’est-ce que je ferai jamais pour dignement bénir votre saint nom, et remercier votre immense bonté ?

Confondez-vous. Mais, hélas, mon Créateur, au lieu de m’unir à vous par amour et service, je me suis rendue toute rebelle par mes déréglées affections, me séparant et éloignant de vous pour me joindre au péché et à l’iniquité, n’honorant non plus votre bonté, que si vous n’eussiez pas été mon Créateur.

Abaissez-vous devant Dieu. Ô mon âme, sache que le Seigneur est ton Dieu : c’est lui qui t’a faite, et tu ne t’es pas faite toi-même ; Ô Dieu, je suis l’ouvrage de vos mains.

Je ne veux donc plus désormais me complaire en moi-même, qui de ma part ne suis rien. De quoi te glorifies-tu, ô poudre et cendre ? (nous sommes nés poussière et nous retournons à la poussière) Mais plutôt, ô vrai néant, de quoi t’exaltes-tu ? Pour m’humilier, je veux faire telle et telle chose, supporter tels et tels mépris ; je veux changer de vie, et suivre désormais mon Créateur, et m’honorer de la condition de l’être qu’il m’a donné, l’employant tout entièrement à l’obéissance de sa volonté, par les moyens qui me seront enseignés, et desquels je m’enquerrai vers mon père spirituel.

Conclusion

Remerciez Dieu. Bénis, ô mon âme, ton Dieu, et que toutes mes entrailles louent son saint nom ; car sa bonté m’a tiré du rien, et sa miséricorde m’a créée.

Offrez. Ô mon Dieu, je vous offre l’être que vous m’avez donné, avec tout mon cœur ; je vous le dédie et consacre.

Priez. Ô Dieu, fortifiez-moyen ces affections et résolutions ; ô Sainte Vierge, recommandez-les à la miséricorde de votre Fils, avec tous ceux pour qui je dois prier. Pater noster, Ave Maria.

Au sortir de l’oraison, en vous promenant un peu, recueillez un petit bouquet de dévotion des considérations que vous aurez faites pour l’odorer (le flairer) le long de la journée.

***

Chapitre X
Deuxième méditation – De la fin pour laquelle nous sommes créés

Préparation

Mettez-vous devant Dieu.
Priez-le qu’il vous inspire.

Considérations

Dieu ne vous a pas mise en ce monde pour aucun besoin qu’il eût de vous, qui lui êtes du tout inutile, mais seulement afin d’exercer en vous sa bonté, vous donnant sa grâce et sa gloire. Et pour cela il vous a donné l’entendement pour le connaître, la mémoire pour vous souvenir de lui, la volonté pour l’aimer, l’imagination pour vous représenter ses bienfaits, les yeux pour voir les merveilles de ses ouvrages, la langue pour le louer, et ainsi des autres facultés.

Étant créée, et mise en ce monde à cette intention, toutes actions contraires à celles-ci doivent être rejetées et évitées, et celles qui ne servent de rien à cette fin doivent être méprisées, comme vaines et superflues.

Considérez le malheur du monde, qui ne pense point à cela, mais vit comme s’il croyait n’être créé que pour bâtir des maisons, planter des arbres, assembler des richesses, et faire des badineries.

Affections et résolutions

Confondez-vous, reprochant à votre âme sa misère, qui a été si grande ci-devant, qu’elle n’a que peu ou point pensé à tout ceci. Hélas ! Direz-vous, que pensais-je, ô mon Dieu, quand je ne pensais point à vous ? De quoi me ressouvenais-je, quand je vous oubliais ? Qu’aimais-je, quand je ne vous aimais pas ? Hélas ! Je me devais repaître de la vérité, et je me remplissais de la vanité, et servais le monde qui n’est fait que pour me servir.

Détestez la vie passée. Je vous renonce, pensées vaines et cogitations (préoccupations) inutiles ; je vous adjure, ô souvenirs détestables et frivoles ! Je vous renonce, amitiés infidèles et déloyales, services perdus, et misérables, gratifications ingrates, complaisances fâcheuses.

Convertissez-vous à Dieu. Et vous, ô mon Dieu, mon Sauveur, vous serez dorénavant le seul objet de mes pensées ; non, jamais je n’appliquerai mon esprit à des cogitations qui vous soient désagréables. Ma mémoire se remplira, tous les jours de ma vie, de la grandeur de votre débonnaireté (bonté), si doucement exercée en mon endroit. Vous serez les délices de mon cœur, et la suavité de mes affections.

Ah ! Donc tels et tels fatras et amusements auxquels je m’appliquais, tels et tels vains exercices, auxquels j’employais mes journées, telles et telles affections, qui engageaient mon cœur, me seront désormais en horreur, et à cette intention j’userai de tels et tels remèdes.

Conclusion

Remerciez Dieu qui vous a faite pour une fin si excellente. Vous m’avez faite, ô Seigneur, pour vous, afin que je jouisse éternellement de l’immensité de votre gloire ; quand sera-ce que j’en serai digne, et quand vous bénirai-je selon mon devoir ?

Offrez. Je vous offre, ô mon cher Créateur, toutes ces mêmes affections, et résolutions, avec toute mon âme et mon cœur.

Priez. Je vous supplie, ô Dieu, d’avoir agréables mes souhaits, et mes vœux, et de donner votre sainte bénédiction à mon âme, à celle fin qu’elle les puisse accomplir par le mérite du sang de votre Fils répandu sur la croix. Pater.

FAITES LE PETIT BOUQUET DE DÉVOTIONS.

***

Chapitre XI
Troisième méditation – Des bénéfices (bienfaits) de Dieu

Préparation

Mettez-vous en la présence de Dieu.
Priez-le qu’il vous inspire.

Considérations

Considérez les grâces corporelles que Dieu vous a données, quel corps, quelles commodités de l’entretenir, quelle santé, quelles consolations loisibles pour icelui (pour celui-ci, c’est-à-dire pour le corps que Dieu a offert à Philothée), quels amis, quelles assistances ; mais cela, considérez-le avec une comparaison de tant d’autres personnes qui valent mieux que vous, lesquelles sont destituées de ces bénéfices (bienfaits) : les unes gâtées de corps, de santé, de membres ; les autres abandonnées à la merci des opprobres, du mépris et déshonneur ; les autres accablées de pauvreté ; et Dieu n’a pas voulu que vous fussiez si misérable.

Considérez les dons de l’esprit. Combien y a-t-il au monde de gens hébétés, enragés, insensés ! Et pourquoi n’êtes-vous pas du nombre ? Dieu vous a favorisée ; combien y en a-t-il qui ont été nourris rustiquement et en une extrême ignorance, et la Providence divine vous a fait élever civilement et honorablement.

Considérez les grâces spirituelles : ô Philotée ! Vous êtes des enfants de l’Église, Dieu vous a enseigné sa connaissance dès votre jeunesse. Combien de fois vous a-t-il donné ses sacrements ? Combien de fois des inspirations, des lumières intérieures, des répréhensions (réprimandes) pour votre amendement ? Combien de fois vous a-t-il pardonné vos fautes ? Combien de fois délivrée des occasions de vous perdre où vous étiez exposée ? Et ces années passées, n’étaient-ce pas un loisir et commodité de vous avancer au bien de votre âme ? Voyez un peu, par le menu (c’est-à-dire en détail), combien Dieu vous a été doux et gracieux.

Affections et résolutions.

Admirez la bonté de Dieu. Ô que mon Dieu est bon en mon endroit ! Ô qu’il est bon ! Ô que votre cœur, Seigneur, est riche en miséricorde, et libéral en debonnaireté ! Ô mon âme, racontons à jamais, combien de grâces il nous a faites.

Admirez votre ingratitude. Mais que suis-je, Seigneur, que vous ayez eu mémoire de moi ? Oh ! Que mon indignité est grande ! Hélas ! J’ai foulé aux pieds vos bénéfices : j’ai déshonoré vos grâces, les convertissant en abus et mépris de votre souveraine bonté ; j’ai opposé l’abîme de mon ingratitude à l’abîme de votre grâce et faveur.

Excitez-vous à reconnaissance (soyez reconnaissant envers le Seigneur). Sus donc, ô mon cœur ! Ne veuille plus être infidèle, ingrat et déloyal à ce grand bienfaiteur. Et comment, mon âme ne sera-t-elle pas à jamais sujette à Dieu, qui a fait tant de merveilles et de grâces en moi et pour moi ?

Ah ! Donc, Philotée, retirez votre corps de telles et telles voluptés ; rendez-le sujet au service de Dieu, qui a tant fait pour lui ; appliquez votre âme à le connaître et reconnaître, par tels et tels exercices qui sont requis pour cela. Employez soigneusement les moyens qui sont en l’Église, pour vous sauver et aimer Dieu. Oui, je fréquenterai l’oraison, les sacrements, j’écouterai la sainte parole, je pratiquerai les inspirations et conseils.

Conclusion

Remerciez Dieu de la connaissance qu’il vous a donnée maintenant de votre devoir et de tous les bienfaits ci-devant reçus.

Offrez-lui votre cœur avec toutes vos résolutions.

Priez-le qu’il vous fortifie, pour les pratiquer fidèlement, par le mérite de la mort de son Fils ; implorez l’intercession de la Vierge et des Saints. Pater noster, etc…

FAITES LE PETIT BOUQUET DE DÉVOTIONS.

***

Chapitre XII
Quatrième méditation – Des péchés

Préparation

Mettez-vous en la présence de Dieu.
Suppliez-le qu’il vous inspire.

Considérations

Pensez combien il y a que vous commencez à pécher, et voyez.combien, dès ce premier commencement, les péchés se sont multipliés, en votre cœur ; comme tous les jours vous les avez accrus contre Dieu, contre vous-même, contre le prochain, par œuvre, par parole, par désir et pensées.

Considérez vos mauvaises inclinations, et combien vous les avez suivies. Et par ces deux points vous verrez que vos coulpes (fautes) sont en plus grand nombre que les cheveux de votre tête, voire que le sable de la mer.

Considérez à part le péché d’ingratitude envers Dieu, qui est un péché général, lequel s’épanche par tous les autres, et les rend infiniment plus énormes ; voyez donc combien de bénéfices Dieu vous a faits, et que de tous vous avez abusé contre le donateur ; singulièrement combien d’inspirations méprisées, combien de bons mouvements rendus inutiles ! Et encore plus que tout, combien de fois avez-vous reçu les sacrements, et où en sont les fruits ? Que sont devenus ces précieux joyaux dont votre cher époux vous avait ornée ? Tout cela a été couvert sous vos iniquités ; avec quelle préparation les avez-vous reçus ? Pensez à cette ingratitude, que Dieu ayant tant couru après vous pour vous sauver, vous avez toujours fui devant lui pour vous perdre.

Affections et résolutions

Confondez-vous en votre misère. Ô mon Dieu, comment osai-je comparaître devant vos yeux ? Hélas ! Je ne suis qu’un apostème (un rebut, ancien terme de médecine) du monde, et un égout d’ingratitude et d’iniquité. Est-il possible que j’aie été si déloyale, que je n’aie laissé pas un seul de mes sens, pas une des puissances de mon âme, que je n’aie gâté, violé et souillé, et que pas un jour de ma vie ne soit écoulé, auquel je n’aie produit de si mauvais effets ? Est-ce ainsi que je devais contre-changer (donner en échange) les bénéfices de mon Créateur, et le sang de mon Rédempteur ?

Demandez pardon, et vous jetez aux pieds du Seigneur comme un enfant prodigue, comme une Madeleine, comme une femme qui aurait souillé le lit de son mariage de toutes sortes d’adultère. Ô Seigneur ! Miséricorde sur cette pécheresse, hélas ! Ô source vive de compassion ! Ayez pitié de cette misérable.

Proposez de vivre mieux. Ô Seigneur ! Non jamais plus, moyennant votre grâce, non jamais plus je ne m’abandonnerai au péché.

Hélas ! Je ne l’ai que trop aimé, je le déteste et vous embrasse. Ô Père de miséricorde ! Je veux vivre et mourir en vous.

Pour effacer les péchés passés, je m’en accuserai courageusement, et n’en laisserai pas un que je ne pousse dehors.

Je ferai tout ce que je pourrai pour en déraciner entièrement les plantes de mon cœur, particulièrement de tels ou de tels qui me sont plus ennuyeux.

Et pour ce faire, j’embrasserai constamment les moyens qui me seront conseillés, ne me semblant avoir jamais assez fait pour réparer de si grandes fautes.

Conclusion

Remerciez Dieu qui vous a attendue jusques à cette heure et vous a donné ces bonnes affections.

Faites-lui offrande de votre cœur pour les effectuer.

Priez-le qu’il vous fortifie, etc.

***

Chapitre XIII
Cinquième méditation – De la mort

Préparation

Mettez-vous en la présence de Dieu.
Demandez-lui sa grâce.
Imaginez-vous d’être malade en extrémité dans le lit de la mort, espérance aucune d’en échapper.

Considérations

Considérez l’incertitude du jour de votre mort, ô mon âme ! Vous sortirez un jour de ce corps. Quand sera-ce, sera-ce en hiver ou en été ? En la ville ou au village ? De jour ou de nuit ? Sera-ce à l’imprévu, ou avec avertissement ? Sera-ce de maladie ou d’accident ? Aurez-vous le loisir de vous confesser ou non ? Serez-vous assistée de votre confesseur et père spirituel ? Hélas ! De tout cela nous n’en savons rien du tout ; seulement cela est assuré, que nous mourrons, et toujours plus tôt que nous ne pensons.

Considérez qu’alors le monde finira pour ce qui vous regarde, il n’y en aura plus pour vous ; il renversera sens dessus dessous devant vos yeux : oui, car alors les plaisirs, les vanités, les joies mondaines, les affections vaines, nous apparaîtront comme des fantômes et nuages. Ah ! Chétive ! (âme chétive, pauvre âme !) Pour quelles bagatelles et chimères ai-je offensé mon Dieu ? Vous verrez que nous avons quitté Dieu pour néant. Au contraire, la dévotion, les bonnes œuvres vous sembleront alors si désirables et douces : et pourquoi n’ai-je suivi ce beau et gracieux chemin ? Alors les péchés, qui semblaient bien petits, paraîtront gros comme des montagnes, et votre dévotion bien petite.

Considérez les grands et langoureux adieux que votre âme dira à ce bas monde ; elle dira adieu aux richesses, aux vanités et vaines compagnies, aux plaisirs, aux passe-temps, aux amis et voisins, aux parents, aux enfants, au mari, à la femme, bref, à toute créature. Et enfin, finalement à son corps, qu’elle délaissera pâle, hâve (amaigri), défait, hideux et puant.

Considérez les empressements qu’on aura pour lever (enlever) ce corps-là et le cacher en terre, et que, cela fait, le monde ne pensera plus guère à vous, ni n’en fera plus mémoire, non plus que vous n’avez guère pensé aux autres. Dieu lui fasse paix, dira-t-on, et puis c’est tout. Ô mort ! Que tu es inconsidérable (c’est-à-dire que la mort frappe aveuglément), que tu es impiteuse ! (sans pitié)

Considérez qu’au sortir du corps l’âme prend son chemin, ou à droite ou à gauche. Hélas ! Où ira la vôtre, quelle voie tiendra-t-elle ? Non autre que celle qu’elle aura commencée en ce monde.

Affections et résolutions

Priez Dieu et vous jetez entre ses bras. Las ! Seigneur, recevez-moi en votre protection pour ce jour effroyable. Rendez-moi cette heure heureuse et favorable, et que plutôt toutes les autres de ma vie (saint François évoque certainement les affections de la vie passée) me soient tristes et d’affliction.

Méprisez le monde. Puisque je ne sais l’heure en laquelle il te faut quitter, ô monde ! Je ne me veux point attacher à toi. Ô mes chers amis ! Permettez-moi que je ne vous affectionne plus que par une amitié sainte, laquelle puisse durer éternellement ; car pourquoi m’unir à vous, en sorte qu’il faille quitter et rompre la liaison ?

Je me veux préparer à cette heure, et prendre le soin requis pour faire ce passage heureusement : je veux assurer l’état de ma conscience de tout mon pouvoir, et veux mettre ordre à tels et tels manquements.

Conclusion

Remerciez Dieu de ces résolutions qu’il vous a données ; offrez-les à sa Majesté ; suppliez-la derechef, qu’elle vous rende votre mort heureuse par le mérite de celle de son Fils. Implorez l’aide de la Vierge et des Saints. Pater, Ave Maria.

FAITES UN BOUQUET DE MYRRHE.

***

Chapitre XIV
Sixième méditation – Du jugement

Préparation

Mettez-vous devant Dieu.
Suppliez-le qu’il vous inspire.

Considérations

Enfin, après le temps que Dieu a marqué pour la durée de ce monde, et après une quantité de signes et présages horribles pour lesquels les hommes sécheront d’effroi et de crainte, le feu, venant comme un déluge, brûlera et réduira en cendre toute la face de la terre, sans qu’aucune des choses que nous voyons sur celle-ci en soit exempte.

Après ce déluge de flammes et de foudres, tous les hommes ressusciteront de la terre (excepté ceux qui sont déjà ressuscités), et à la voix de l’archange, comparaîtront en la vallée de Josaphat (cette vallée se trouve à proximité de Jérusalem et du mont des Oliviers. Elle sera le lieu du Jugement dernier selon le prophète Joël). Mais, hélas ! Avec quelle différence, car les uns y seront en corps glorieux et resplendissants, et les autres en corps hideux et horribles.

Considérez la majesté avec laquelle le souverain Juge comparaîtra, environné de tous les anges et saints, ayant devant soi sa croix plus reluisante que le soleil, enseigne de grâce pour les bons et de rigueur pour les mauvais.

Ce souverain Juge, par son commandement redoutable, et qui sera soudain exécuté, séparera les bons des mauvais, mettant les uns à sa droite, les autres à sa gauche ; séparation éternelle, et après laquelle jamais plus ces deux bandes ne se trouveront ensemble.

La séparation faite, et les livres des consciences ouverts, on verra clairement la malice des mauvais et le mépris dont ils ont usé contre Dieu ; et d’ailleurs, la pénitence des bons et les effets de la grâce de Dieu qu’ils ont reçue ; et rien ne sera caché. Ô Dieu ! Quelle confusion pour les uns, quelle consolation pour les autres !

Considérez la dernière sentence des mauvaises. Allez, maudits, au feu éternel qui est préparé au diable et à ses compagnons. Pesez ces paroles si pesantes : « Allez » dit-il : c’est un mot d’abandonnement perpétuel que Dieu fait de tels malheureux, les bannissant pour jamais de sa face. Il les appelle maudits : ô mon âme ! Quelle malédiction ! Malédiction générale, qui comprend tous les maux ; malédiction irrévocable, qui comprend tous les temps et l’éternité. Il ajoute : au feu éternel. Regarde,

ô mon cœur, cette grande éternité ; ô éternelle éternité des peines, que tu es effroyable ! Considérez la sentence contraire des bons : Venez, dit le juge (ah ! C’est le mot agréable de salut, par lequel Dieu nous tire à soi (dans sa direction) et nous reçoit dans le giron de sa bonté), bénis de mon Père ! Ô chère bénédiction qui comprend toute bénédiction ! Possédez le royaume qui vous est préparé dès la constitution du monde. Ô Dieu ! Quelle grâce ! Car ce royaume n’aura jamais de fin.

Affections et résolutions

Tremble, ô mon âme ! À ce souvenir. Ô Dieu ! qui me peut assurer pour cette journée, en laquelle les colonnes du ciel trembleront de frayeur ?

Détestez vos péchés, qui seuls vous peuvent perdre en cette journée épouvantable.

Ah ! Je me veux juger moi-même maintenant, afin que je ne sois pas jugée ; je veux examiner ma conscience, et me condamner, m’accuser et me corriger, afin que le Juge ne me condamne en ce jour redoutable. Je me confesserai donc, j’accepterai les avis nécessaires, etc.

Conclusion

Remerciez Dieu, qui vous a donné moyen de vous assurer pour ce jour-là, et le temps de faire pénitence.

Offrez-lui votre cœur pour la faire.

Priez-le qu’il vous fasse la grâce de vous en bien acquitter. Pater noster, Ave.

FAITES UN BOUQUET DE MYRRHE.

***

Chapitre XV
Septième méditation – De l’enfer

Préparation

Mettez-vous en la présence divine.
Humiliez-vous, et demandez son assistance.
Imaginez-vous une ville ténébreuse, toute brûlante de soufre et de poix puante, pleine de citoyens qui n’en peuvent sortir.

Considérations

Les damnés sont dans l’abîme infernal, comme dans cette ville infortunée, en laquelle ils souffrent des tourments indicibles en tous leurs sens et en tous leurs membres ; parce que, comme ils ont employé tous leurs sens et leurs membres pour pécher, ainsi souffriront-ils en tous leurs membres, et en tous leurs sens les peines dues au péché : les yeux, pour leurs faux et mauvais regards, souffriront l’horrible vision des diables et de l’enfer ; les oreilles, pour avoir pris plaisir aux discours vicieux, n’ouïront jamais que pleurs, lamentations et désespoirs, et ainsi des autres.

Outre tous ces tourments, il y en a encore un plus grand, qui est la privation et perte de la gloire de Dieu, laquelle ils sont forclos (empêchés) de jamais voir.

Que si Absalon trouva que la privation de la face aimable de son père David était plus ennuyeuse que son exil, ô Dieu ! Quel regret d’être à jamais privée de voir votre doux et suave visage !

Considérez surtout l’éternité de ces peines, laquelle seule rend l’enfer insupportable. Hélas ! Si une puce en notre oreille, si la chaleur d’une petite fièvre, nous rend une courte nuit si longue et ennuyeuse, combien sera épouvantable la nuit de l’éternité avec tant de tourments ? De cette éternité naissent le désespoir éternel, les blasphèmes et rages infinies.

Affections et résolutions

Épouvantez votre âme par les paroles de Job (c’est par erreur que ces paroles sont attribuées à Job). Ô mon âme ! Pourrais-tu bien vivre éternellement avec ces ardeurs perdurables (continuelles), et dans ce feu dévorant ? Veux-tu bien quitter ton Dieu pour jamais ?

Confessez que vous l’avez mérité : mais combien de fois ? Or, désormais, je veux prendre parti au chemin contraire ; pourquoi descendrai-je en cet abîme ?

Je ferai donc tel et tel effort pour éviter le péché, qui seul me peut donner cette mort éternelle.

REMERCIEZ, OFFREZ, PRIEZ.

***

Chapitre XVI
Huitième méditation – Du paradis

Préparation

Mettez-vous en la présence de Dieu.
Faites l’invocation.

Considérations

Considérez une belle nuit bien sereine, et pensez combien il fait bon voir le ciel avec cette multitude et variété d’étoiles ; or joignez maintenant cette beauté avec celle d’un beau jour, en sorte que la clarté du soleil n’empêche point la claire vue des étoiles, ni de la lune, et après dites hardiment que toute cette beauté, mise ensemble, n’est rien au prix de l’excellence du grand paradis. Oh ! Que ce lieu est désirable et aimable (se lit amiable dans le texte) ! Que cette cité est précieuse !

Considérez la noblesse, la beauté, et la multitude des citoyens et habitants de cet heureux pays ; ces millions de millions d’anges, de chérubins et séraphins, cette troupe d’apôtres, de martyrs, de confesseurs, de vierges, de saintes dames ; la multitude est innumérable (innombrable). Oh ! Que cette compagnie est heureuse ! Le moindre de tous est plus beau à voir que tout ce monde ; que sera-ce de les voir tous ? Mais, mon Dieu ! Qu’ils sont heureux ! Toujours ils chantent le doux cantique de l’amour éternel, toujours ils jouissent d’une constante allégresse ; ils s’entre-donnent (partagent) les uns aux autres des contentements indicibles, et vivent en la consolation d’une heureuse et indissoluble société.

Considérez enfin quel bien ils ont tous de jouir de Dieu, qui les gratifie pour jamais de son aimable regard, et par celui-ci répand dans leurs cœurs un abîme de délices. Quel bien d’être à jamais uni à son prince ! Ils sont là comme des heureux oiseaux, qui volent et chantent à jamais dans l’air de la divinité, qui les environne de toutes parts de plaisirs incroyables : là, chacun à qui mieux mieux et sans ennui chante les louanges du Créateur : bénit (béni) soyez-vous à jamais, ô doux et souverain Créateur et Sauveur, qui nous êtes si bon, et nous communiquez si libéralement votre gloire ! Et, réciproquement, Dieu bénit d’une bénédiction perpétuelle tous ses Saints : bénites soyez-vous à jamais, dit-il, mes chères créatures, qui m’avez servi et qui me louerez éternellement avec si grand amour et courage !

Affections et résolutions

Admirez et louez cette patrie céleste. Oh ! Que vous êtes belle, ma chère Jérusalem, et que bien-heureux sont vos habitants !

Reprochez à votre cœur le peu de courage qu’il a eu jusques à présent de s’être tant détourné du chemin de cette glorieuse demeure. Pourquoi me suis-je tant éloignée de mon souverain bonheur ? Ah ! Misérable, pour ces plaisirs si déplaisants et légers, j’ai mille et mille fois quitté ces éternelles et infinies délices. Quel esprit avais-je de mépriser des biens si désirables, pour des désirs si vains et méprisables !

Aspirez néanmoins avec véhémence à ce séjour tant délicieux. Oh ! Puisqu’il vous a plu, mon bon et souverain Seigneur, redresser mes pas en vos voies, non, jamais plus je ne retournerai en arrière. Allons, ô ma chère âme ! Allons en ce repos infini, cheminons à cette bénite terre qui nous est promise ; que faisons-nous en cette Égypte ?

Je m’empêcherai donc de telles choses qui me détournent ou retardent de ce chemin.

Je ferai donc telles et telles choses qui m’y peuvent conduire.

REMERCIEZ, OFFREZ, PRIEZ.

***

Chapitre XVII
Neuvième méditation – Pour manière d’élection et choix du paradis

Préparation

Mettez-vous en la présence de Dieu.
Humiliez-vous devant lui, priant qu’il vous inspire.

Considérations

Imaginez-vous d’être en une rase campagne, toute seule avec votre bon ange, comme était le jeune Tobie allant en Ragès (Tobie est un jeune Israélite captif à Babylone, qui est resté fidèle à son Dieu au milieu de la lâcheté générale qui a porté le grand nombre à adorer les idoles), et qu’il vous fait voir en haut le paradis ouvert, avec les plaisirs présentés en la Méditation du paradis, que vous avez faite ; puis, du côté d’en bas, il vous fait voir l’enfer

ouvert avec tous les tourments décrits en la Méditation de l’enfer. Vous étant colloquée ainsi par imagination, et mise à genoux devant votre bon ange.

Considérez qu’il est très vrai que vous êtes au milieu du paradis et de l’enfer, et que l’un et l’autre est ouvert pour vous recevoir, selon le choix que vous en ferez.

Considérez que le choix que l’on fait de l’un et de l’autre en ce monde durera éternellement en l’autre.

Et encore que l’un et l’autre soit ouvert pour vous recevoir, selon que vous le choisirez, si est-ce que Dieu, qui est appareillé (toujours est-il que Dieu est prêt à…) de vous donner, ou l’un par sa justice, ou l’autre par sa miséricorde, désire néanmoins d’un désir nonpareil, que vous choisissiez le paradis, et votre bon ange vous en presse de tout son pouvoir, vous offrant, de la part de Dieu, mille grâces et mille secours pour vous aider à la montée.

Jésus-Christ, du haut du ciel, vous regarde en sa débonnaireté et vous invite doucement. Viens, ô ma chère âme ! Au repos éternel, entre les bras de ma bonté, qui t’a préparé les délices immortelles en l’abondance de son amour. Voyez de vos yeux intérieurs la Sainte Vierge qui vous convie maternellement. Courage, ma fille , ne veuille pas mépriser les désirs de mon Fils, ni tant de soupirs que je jette pour toi, respirant avec lui ton salut éternel. Voyez les saints qui vous exhortent, et un million de saintes âmes qui vous convient doucement, ne désirant que de voir un jour votre cœur joint au leur pour louer Dieu à jamais, et vous assurent que le chemin du ciel n’est point si malaisé que le monde le fait. Hardiment, vous disent-elles, très chère amie ! Qui considérera bien le chemin de la dévotion, par lequel nous sommes montés, il verra que nous sommes venus en ces délices, par des délices incomparablement plus souëves (suaves) que celles du monde.

Élection.

Ô enfer ! Je te déteste maintenant et éternellement ; je déteste tes tourments et tes peines ; je déteste ton infortunée et malheureuse éternité, et surtout ces éternels blasphèmes et malédictions que tu vomis éternellement contre mon Dieu ; et, retournant mon cœur et mon âme de ton côté, ô beau paradis, gloire éternelle, félicité perdurable (éternelle) ! Je choisis à jamais irrévocablement mon domicile et mon séjour dans tes belles et sacrées maisons, et en tes saints et désirables tabernacles. Je bénis, ô mon Dieu, votre miséricorde, et j’accepte l’offre qu’il vous plaît de m’en faire. Ô Jésus, mon Sauveur ! J’accepte votre amour éternel, et avoue (je reconnais) l’acquisition que vous avez faite pour moi d’une place et logis en cette bienheureuse Jérusalem, non tant pour aucune autre chose, comme pour vous aimer et bénir à jamais.

Acceptez les faveurs que la Vierge et les Saints vous présentent ; promettez-leur que vous vous acheminerez à eux ; tendez la main à votre bon ange, afin qu’il vous y conduise, encouragez votre âme à ce choix.

***

Chapitre XVIII
Dixième méditation – Par manière d’élection et choix que l’âme fait de la vie dévote

Préparation

Mettez-vous en la présence de Dieu.
Abaissez-vous devant sa face ; requérez son aide.

Considérations

Imaginez-vous être derechef (de nouveau) en une rase campagne avec votre bon ange, toute seule, et, à côté gauche, vous voyez le diable assis sur un grand trône haut élevé, avec plusieurs des esprits infernaux auprès de lui, et tout autour de lui une grande troupe de mondains, qui tous, à tête nue, le reconnaissent, et lui font hommage, les uns par un péché, les autres par un autre. Voyez la contenance de tous les infortunés courtisans de cet abominable roi ; regardez les uns furieux de haine, d’envie et de

colère ; les autres qui s’entre-tuent ; les autres hâves, pensifs et empressez à faire des richesses ; les autres attentifs à la vanité, sans aucune sorte de plaisir qui ne soit inutile et vain ; les autres vilains, perdus, pourris en leurs brutales affections. Voyez comme ils sont tous sans repos, sans ordre, et sans contenance. Voyez comme ils se méprisent les uns les autres, et comme ils ne s’aiment que par de faux semblants. Enfin, vous verrez une calamiteuse république, tyrannisée de ce roi maudit, qui vous fera compassion.

Du côté droit, voyez Jésus-Christ crucifié, qui, avec un amour cordial prie pour ces pauvres endiablés (abandonnés au diable), afin qu’ils sortent de cette tyrannie, et qui les appelle à soi (à lui). Voyez une grande troupe de dévots qui sont autour de lui avec leurs anges ; contemplez la beauté de ce royaume de dévotion. Qu’il fait beau de voir cette troupe de vierges, hommes et femmes, plus blanches que le lys ; cette assemblée de veuves pleines d’une sacrée mortification et humilité ! Voyez le rang de plusieurs personnes mariées, qui vivent si doucement ensemble, avec le respect mutuel, qui ne peut être sans une grande charité ; voyez comme ces dévotes âmes marient le soin de leur maison extérieure, avec le soin de l’intérieure, l’amour du mari avec celui de l’Époux céleste. Regardez généralement partout : vous les verrez tous en une contenance sainte, douce, aimable, qui écoutent Notre-Seigneur, et tous le voudraient planter au milieu de leur cœur.

Ils se réjouissent, mais d’une joie gracieuse, charitable et bien réglée ; ils s’entr’aiment, mais d’un amour sacré et très-pur. Ceux qui ont des afflictions en ce peuple dévot, ne se tourmentent pas beaucoup, et n’en perdent point contenance ; bref, voyez les yeux du Sauveur qui les console, et que tous ensemblement (ensemble) aspirent à lui.

Vous avez meshuy (désormais) quitté Satan, avec sa triste et malheureuse troupe, par les bonnes affections que vous avez conçues, et néanmoins vous n’êtes pas encore arrivée au roi Jésus, ni jointe à son heureuse et sainte compagnie de dévots ; ains (mais) vous avez été toujours entre l’un et l’autre.

La Vierge sainte, avec saint Joseph, saint Louis, sainte Monique et cent mille autres qui sont dans l’escadron de ceux qui ont vécu parmi le monde, vous invitent et encouragent.

Le Roi crucifié vous appelle par votre nom propre ; venez, ô ma bien-aimée, venez, afin que je vous couronne.

Élection

Ô monde ! Ô troupe abominable ! Non, jamais vous ne me verrez sous votre drapeau. J’ai quitté pour jamais vos forceneries (folies) et vanités. Ô roi d’orgueil, roi de malheur, esprit infernal ! Je te renonce avec toutes tes vaines pompes ; je te déteste avec toutes tes œuvres.

Et me convertissant à vous, mon doux Jésus, Roi de bonheur et de gloire éternelle, je vous embrasse de toutes les forces de mon âme ; je vous adore de tout mon cœur ; je vous choisis maintenant et pour jamais pour mon Roi, et, pour mon unique Prince, et, par mon inviolable fidélité, je vous fais un hommage irrévocable, je me soumets à l’obéissance de vos saintes lois et ordonnances.

Ô Vierge sainte, ma chère Dame ! Je vous choisis pour ma guide ; je me rends sous votre enseigne ; je vous offre un particulier respect et une révérence spéciale.

Ô mon saint ange ! Présentez-moi à cette sacrée assemblée, ne m’abandonnez point jusqu’à ce que j’arrive avec cette heureuse compagnie, avec laquelle je dis et dirais à jamais, pour témoignage de mon choix : Vive Jésus ! Vive Jésus !

Lien vers le fichier PDF : http://www.fichier-pdf.fr/2015/07/25/dix-meditations-de-saint-francois-de-sales/

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10 commentaires pour Dix méditations de saint François de Sales

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  2. Je ne peux pas dire mieux : « Nous devons comprendre que le progrès se définit par la régression morale, sociale et spirituelle de l’humanité afin de la soumettre à l’emprise totale d’une caste mortifère. » 🙂

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  3. Merci pour ses 10 méditations qui sont un trésor spirituel de grande valeur pour élever l’âme vers le père, amen !

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