Jour de pardon

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Qui nous lavera les pieds pour que nos péchés puissent être nettoyés ? Nous avons tant besoin de pouvoir marcher sur le sol après avoir été purifiés. Le temps s’assombrit un peu plus chaque jour, depuis plusieurs longs mois déjà. L’humanité est prise au piège dans les filets de la haine luciférienne. Ô mon Dieu, toi qui nous observes de ton Amour infini, tu subis nos outrages quotidiens. Mon cœur est fendu, je pleure sur mes propres fautes comme un malheureux. Je ne vois que les ténèbres du péché et pourtant je demande ta Lumière. Je sais que tu es là, à m’observer tendrement mais mon âme pleure pour ma vie passée si chaotique ainsi que pour les péchés de l’humanité. Mon âme souffre, mon cœur est contrit et pourtant les larmes que je refoule s’accumulent comme un océan bercé par le vent de la nuit. J’implore, ô Seigneur, le jour du pardon avant le jour du jugement. Pardonne nos fautes, je t’en supplie, que nos larmes arrosent le sol avant que le ciel ne s’obscurcisse, pour que nous puissions contempler ta Compassion avant de subir l’épreuve du feu.

Le cœur de certains hommes s’endurcit pendant que nous pleurons sur notre misère. Nous portons le poids de l’iniquité pour soulager, un tant soit peu, le monde. Le mal s’écoule comme de la boue sur les champs, les vannes se sont rompues sous les coups endiablés des âmes noires. Ô Seigneur, qui suis-je, moi le pécheur, pour porter le poids de nos iniquités ? Je suis là, agenouillé, le cœur battant en espérant entrevoir ta Face. Où sont passés ces millions d’êtres qui te vénéraient ? Nous sommes aujourd’hui une poignée à pleurer pour les fautes communes. Que faisons-nous là, au milieu de cette colère qui n’est pas la nôtre ? Pendant que le tonnerre gronde, certains vocifèrent, n’ont-ils pas de cœur ? Pourquoi sommes-nous nés dans ces temps glauques, nous qui rêvions de la Paix du Seigneur ? Est-ce un drame de trop aimer dans ce monde ? Pourquoi devons-nous pleurer en cachette ces larmes que les autres ne sauraient voir ? Pourquoi nous as-tu fait, si fragiles et si forts, si faibles dans le monde et si courageux en esprit ?

« Dies iræ, dies illa, Solvet sæclum in favílla, Teste David cum Sibýlla ! »
Jour de colère, que ce jour-là, Où le monde sera réduit en cendres, Selon les oracles de David et de la Sibylle.

Pourquoi est-ce que ceux qui ne te regardent plus méprisent ton Omnipotence ? Méritons-nous le châtiment, même si Ton soleil se lève sur les bons comme sur les méchants ? Que ta Volonté soit faite, assurément, et non pas la nôtre.

« Quantus tremor est futúrus, quando judex est ventúrus, cuncta stricte discussúrus ! »
Quelle terreur nous saisira,
lorsque la créature ressuscitera (pour être) examinée rigoureusement

« Tuba mirum spargens sonum per sepúlcra regiónum, coget omnes ante thronum. »
L’étrange son de la trompette, se répandant sur les tombeaux, nous jettera au pied du trône.

« Mors stupébit et Natúra, cum resúrget creatúra, judicánti responsúra. »
La Mort, surprise, et la Nature, verront se lever tous les hommes, pour comparaître face au Juge.

« Liber scriptus proferétur, in quo totum continétur, unde Mundus judicétur. »
Le livre alors sera produit, où tous nos actes seront inscrits ; tout d’après lui sera jugé.

« Judex ergo cum sedébit, quidquid latet apparébit, nihil inúltum remanébit. »
Lorsque le Juge siégera, tous les secrets apparaîtront, et rien ne restera impuni.

Ne savent-ils pas, ceux qui croient faire danser le monde, que c’est Toi, Seigneur, qui nous berce ? Se croient-ils réellement sans peur et sans reproche ? Hurleront-ils « nous ne savions pas ! » lorsque le jour de Colère aura succédé à celui du Pardon ? Sauront-ils seulement pleurer sur leurs péchés avant que l’heure n’ait retenti ?

« Quid sum miser tunc dictúrus ? Quem patrónum rogatúrus, cum vix justus sit secúrus ? »
Dans ma détresse, que pourrais-je alors dire ? Quel protecteur vais-je implorer ? alors que le juste est à peine en sûreté…

Moi qui ne suis pas certain de faire partie des Justes, moi qui tremble de froid lorsque la température est douce, quel sera le sort de ceux qui Te méprisent ? Mon cœur bat fort dans cette poitrine contrite et pourtant je subis le courroux de mon âme. Suis-je digne de toi Seigneur, Toi qui es monté sur la Croix pour les fautes que nous avons commises ?

« Rex treméndæ majestátis, qui salvándos salvas gratis, salva me, fons pietátis. »
Ô Roi d’une majesté redoutable, toi qui sauves les élus par grâce, sauve-moi, source d’amour.

Je suis agenouillé dans mon néant, comme si j’étais au pied de Ta Croix, Seigneur. Je sens l’humidité de cette sombre journée envahir mon être. Mes genoux tremblent dans cette boue alors que les cris de tes bourreaux s’élèvent au gré de cette froide bise. Je regarde ta Souffrance, je participe de loin à ton Agonie, me pardonneras-tu d’être faible ? Je sens ton Amour qui se déverse à travers ton regard blessé. Ô Christ, libère-moi de ma misère, moi qui n’aie jamais connu la douleur. Le vent souffle sur mon visage pendant que je t’observe. Les nuages passent dans la noirceur du ciel et je suis là à implorer ton Pardon. J’entends les cris de ceux qui t’aiment et cela me déchire le cœur, arriverai-je seulement à comprendre la portée de cette douleur ? Ô Sainte Vierge Marie, toi qui as tant pleuré sur ton fils, nulle autre que toi ne peut comprendre cet arrachement du cœur. Prie pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.

« Recordáre, Jesu pie, quod sum causa tuæ viæ ; ne me perdas illa die. »
Rappelle-toi, Jésus très bon, que c’est pour moi que tu es venu, ne me perds pas en ce jour-là.

« Quærens me, sedísti lassus, redemísti crucem passus, tantus labor non sit cassus. »
À me chercher tu as peiné, Par ta Passion tu m’as sauvé, qu’un tel labeur ne soit pas vain !

« Juste Judex ultiónis, donum fac remissiónis ante diem ratiónis. »
Tu serais juste en condamnant, mais accorde-moi ton pardon avant que j’aie à rendre compte.

« Ingemísco, tamquam reus, culpa rubet vultus meus, supplicánti parce Deus. »
Vois, je gémis comme un coupable et le péché rougit mon front ; mon Dieu, pardonne à qui t’implore.

« Qui Maríam absolvísti, et latrónem exaudísti, mihi quoque spem dedísti. »
Tu as absous Marie-Madeleine et exaucé le larron ; tu m’as aussi donné espoir.

Ô Seigneur, daigne me pardonner pour toutes ces iniquités, Toi qui es si bon et moi si faible. La douleur coupable que je ressens me fait verser des larmes pour tous ceux qui souffrent. J’entends les cris et les pleurs de ceux qui subissent les affronts de ces âmes noires. Quand me libéreras-tu de ces tourments ? Vois comme j’ai honte de la faiblesse des hommes, vois comme je souffre des miennes, Toi qui lis les cœurs. Seigneur, Pardonne-nous si nous en sommes dignes.

« Preces meæ non sunt dignæ, sed tu bonus fac benígne, ne perénni cremer igne. »
Mes prières ne sont pas dignes, mais toi, si bon, fais par pitié, que j’évite le feu sans fin.

« Inter oves locum præsta, et ab hædis me sequéstra,’ státuens in parte dextra. »
Parmi tes brebis place-moi, à l’écart des boucs garde-moi, en me mettant à ta main droite.

Dans ma faiblesse, je te supplie. Que puis-je faire d’autre, Seigneur, Toi qui connais d’avance notre destinée ? Je ne sais rien, pas même ce que je ferai dans un instant. J’essaye de marcher sans trembler, pour suivre le chemin qui mène jusqu’à Toi, ô Seigneur. Serai-je digne de serrer ta main droite pour que tu me places à tes côtés ? Comment savoir, comment être sûr que je ne me sois pas égaré ? Mon cœur me dit de sécher ces larmes, est-ce toi qui me parles ?

« Confutátis maledíctis, flammis ácribus addíctis, voca me cum benedíctis. »
Quand les maudits, couverts de honte, seront voués au feu rongeur, prends-moi donc avec les bénis.

Lorsque les cruels apparaîtront devant Toi, te maudiront-ils encore ? Nous, les Justes, tremblerons dans cette foule impie en espérant apercevoir ton Amour. Nous serons comme ces brebis qui appellent leur bon berger. Nous prendras-tu sur tes épaules pour nous emmener vers le Salut ? Tu récupéreras, j’en suis certain, jusqu’au dernier de tes fidèles avant que les fourbes ne disparaissent dans la tourmente. Seigneur, ne nous oublie pas, nous t’en supplions.

« Oro supplex et acclínis, cor contrítum quasi cinis, gere curam mei finis. »
En m’inclinant je te supplie, le cœur broyé comme la cendre : prends soin de mes derniers moments.

Seigneur, je m’incline devant ta Sainte Face comme le ferait un prêtre d’un autre temps. Par delà l’éternité, je sens cet Amour brûlant qui me pousse dans tes bras. Ils étaient des dizaines de milliers à te prier mais le temps les a emmené dans la tombe. Je peux presque les toucher dans mes prières. Seigneur, prends soin de nos âmes lorsque nous basculerons de l’autre côté. Conduis-nous par delà la mort, nous t’en supplions car toutes nos pensées sont dirigées vers Toi. Amen.

« Lacrymósa dies illa, qua resúrget ex favílla judicándus homo reus. Huic ergo parce, Deus. Pie Jesu Dómine, dona eis réquiem. Amen. »
Jour de larmes que ce jour-là, où surgira de la poussière le pécheur, pour être jugé ! Daigne, mon Dieu, lui pardonner. Bon Jésus, notre Seigneur, accorde-leur le repos. Amen.

Source des paroles : http://fr.wikipedia.org/wiki/Dies_Iræ_(poème)

Lien vers le fichier PDF : http://www.fichier-pdf.fr/2014/09/25/jour-de-pardon/

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7 commentaires pour Jour de pardon

  1. p'titplum dit :

    Bien cher Stéphane, je m’attriste devant votre tristesse et pourtant je sais que Dieu ne peut rester sourd à vos prières car elle viennent d’un coeur contrit. Vous dirais-je que non, nous n’avons pas à avoir honte de notre faiblesse naturelle car c’est ainsi que nous avons été créés , c’est donc ainsi que notre Père céleste nous aime? Ajouterais-je , pour tenter de vous consoler,que l’amour véritable de Dieu ne commence que lorsque nous prenons conscience de notre néant, que nous ne pouvons réellement prendre la mesure de la grandeur de l’amour divin que devant le lamentable spectacle de notre bassesse?
    Oui, car vous avez reçu le don des larmes, Dieu en soit remercié! C’est avec ces larmes-là que le Seigneur lave nos fautes et que les âmes des justes, par cette intime passion, participent à l’économie du Salut.

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    • Bonjour P’titplum,

      Je vous remercie pour votre message. En janvier 2014, j’ai pleuré, pendant 3 jours durant, en ressentant le mal qui commençait de plus en plus à se répandre. J’ai senti, à ce moment là, que l’année allait être difficile et c’est malheureusement le cas.

      Hier j’ai pleuré car je sens que quelquechose s’approche. Comment vous dire, j’ai ressenti, seulement ressenti, la Sainte Vierge Marie qui nous demandait de faire un effort car l’humanité allait se renforcer dans ses mauvais comportements.

      Si j’étais prêtre, je crois que je passerai mon temps dans une chapelle à prier et à verser des larmes sur le Sacrifice de Jésus-Christ. La méchanceté du monde me pèse trop mais, dans mon malheur, je sais être fort, ce qui est étrange. Je ressens depuis l’enfance la méchanceté et je me souviens que je pleurais dans mon lit, le soir, lorsque je voyais le malheur s’abattre sur la planète.

      Cependant, je ne montre jamais ce côté là de ma personnalité aux gens du quotidien. C’est pourquoi j’ai décidé de faire un article pour en faire profiter les lecteurs. Peut-être que cela pourra nous rappeler que nous avons besoin de larmes. En effet, on nous a interdit de pleurer dans cette société alors que c’est le fondement même de la Foi. Cela a contribué à endurcir les coeurs. D’ailleurs remarquez que l’on nous force à rire aux éclats, à hurler jusqu’à la folie mais jamais à pleurer car c’est, soi-disant, pour les faibles. Quelle hérésie.

      Ceci dit, je vous souhaite une belle journée et un bon week-end 🙂
      Soyez bénie.

      Stéphane

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      • marie dit :

        Bonjour st Michel ,je comprend votre tristesse, je crois que si l’on a un tant soi peu « d’intelligence » au sens que jésus donne a ce mot,on ressent obligatoirement la même chose. Oui le monde est fou et ce depuis l’aube de l’humanité , mais il faut prier et espérer que nos larmes soit accepter par le seigneur comme une offrande , pour ma part une des rares que je puis lui donner,et que quand le temps viendra ,ces larmes servent a laver le mal sur notre merveilleuse terre.
        bien a vous.
        Marie

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  2. p'titplum dit :

    Votre mise au point me rassure. Pourtant, si, comme je le suppose, vos lecteurs sont des catholiques fervents, point n’est besoin de leur rappeler le goût des larmes qu’ils versent sans aucun doute avec vous sur le monde actuel. Je suis pour ma part persuadée que l’un seulement des nombreux pièges du Malin est pour l’heure de mettre la désespérance au coeur des fidèles en bombardant leurs consciences d’images et de nouvelles toutes plus affreuses les unes que les autres. Ne sait_il pas très bien qu’ils ont cessé depuis longtemps de mordre aux tentations avec lesquelles il distrait la grande masse des hommes?

    Pour ce qui est de votre ressenti, je le respecte absolument, bien sûr. Ce qui n’est pas sans me troubler, c’est que le mien soit présentement inverse. Je « vois » tout au contraire Satan en pleine déroute devant les armées de Saint Michel; moi qui depuis toujours pressentais l’approche de l’apocalypse, je me surprends à découvrir avec joie mille signes qui me montrent que le règne des ténèbres touche à sa fin.

    Bon, c’est, j’en conviens, un peu l’histoire du verre à moitié vide ou à moitié plein …et bon week-end à vous aussi, Stéphane.

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  3. alix dit :

    Bonjour à vous tous.
    J’admire la foi et le coeur que vous avez. Depuis quelque temps, je pleure parfois en pensant à mes pêches commis, et surtout ma foi ( aussi petit soit il ) perdu. J’ai peur d’avoir trahi dieu, car je lui ai tourner le dos quand il ne fallait pas il y à de cela environ 3 ans ! Aujourd’hui c’rst plus la raison que le coeur qui me ramène vers lui tel un hypocrite ! Et j’ai mal d’avoir perdu mon innocense ! L’impression de l’avoir trahie ! J’ai un vide, les paroles de la bible ne me parle pas ou plus ! Je suis perdu et je me rend compte que je suis devenu un de ces brebis égarer ! Tomber les deux pieds dans le cercle infernal de satan ! Je vous envie

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    • Le pardon est essentiel à la foi. Pardonnez-vous, pleurez, morfondez-vous sincèrement et vous obtiendrez instantanément le pardon de Dieu.

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    • Souri7 dit :

      Alix,
      lisez Luc 15, c’est pour vous. Faites ce cheminement, humblement, et ne tardez pas à aller vous confesser auprès d’un prêtre, qui a reçu le pouvoir de pardonner les péchés au Nom de Jésus-Christ.
      Tombez maintenant à genoux devant Dieu, Il vous relèvera avec Amour.
      Courage! L’Espérance c’est la lumière de la petite flamme de la foi.

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