La problématique de la chair au cours des siècles

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La question de la chair est un sujet important qui est rarement abordé de nos jours, d’un point du vue Chrétien, bien évidemment. Lorsque l’ouvrage « l’imitation de Jésus-Christ » est sorti à la fin du XIVe siècle, la chair était considérée comme responsable des tourments de l’âme humaine. La voie de la sainteté appelait à dépasser les limites de son corps, en le martyrisant, afin de s’en dépouiller. Cette considération est intimement liée aux époques et ce qui semble aujourd’hui dépassé et contraignant était pourtant, dans un passé plus ou moins lointain, le centre des préoccupations.

Il était courant de voir des groupes de pénitents se flageller en souvenir du martyr du Christ et des Saints. La question de la chair ne se posait pas vraiment puisqu’elle était considérée comme la cause de la chute d’Adam et d’Ève. L’abnégation du corps permettait à nos ancêtres de s’éloigner du péché originel selon les codes moraux de l’époque. La question de la chair n’est pas résolue et ne pourra pas l’être facilement. Cependant, il faut souligner que si dans le passé les Chrétiens étaient durs avec leur corps, nos contemporains sont bien trop souples. Nous sommes confrontés à une attitude manichéenne vis-à-vis de la chair et nous ne devons plus aborder cette question de ce point de vue. Nous devons parvenir à nous extirper de ces considérations extrêmes.

Il faut savoir être aussi ferme dans la volonté de respecter son intégrité physique que de s’éloigner des vices et du péché. Idéalement, il faudrait parvenir à emprunter ce sentier bordé, sur la droite, de ces instruments de torture qui condamnent la nature de l’homme et, sur la gauche, de ces tentations de tout ordre qui contiennent toujours une dose de poison mortel. Autrement dit, nous devons parvenir à rentrer dans une nouvelle perspective vis-à-vis de la chair. Nous devons suivre la voie de la sainteté qui se veut douce à la manière de Saint Antoine de Padoue ou de Thérèse de Lisieux.

La voie de la sainteté contemporaine, et des siècles à venir, doit être délicate et lumineuse. Si nous sommes actuellement plongés dans les tourments de la chair avec ces invitations à une sexualité débridée à la limite de l’animalité la plus primitive, nous devons apprendre à nous en extirper doucement mais sûrement, à notre rythme. Nous ne pouvons pas devenir des saints du jour au lendemain sans tomber dans un manichéisme spirituel qui mène aux hérésies les plus folles. L’esclavagisme décérébré se trouve toujours au bout de ce funeste chemin. Les ténèbres empruntent toujours les premières marches de l’escalier qui mène au Paradis afin de mieux plonger dans les méandres de l’âme luciférienne. C’est pourquoi toutes les hérésies sont dangereuses et sataniques. Les Blavatsky, Bailey, Guenon, Kardec, Mani, Steiner et autres idolâtres de la gnose, pour ne citer qu’eux, sont tous des lucifériens qui se sont chargés, consciemment ou non, de tromper les âmes.

Jésus-Christ s’est offert en sacrifice pour sauver l’humanité de ses péchés. L’agneau de Dieu nous a laissé en héritage le Saint Sacrement qui est une offrande non sanglante. Cette notion est fondamentale. Les prêtres sont chargés de mener leurs ouailles vers la voie de Dieu en améliorant leurs vies grâce aux enseignements hérités du Christ. Il n’est nulle part demandé aux hommes de se fouetter jusqu’à la mort ou de se vautrer dans la luxure jusqu’au point de non-retour. C’est pourquoi la voie de la sainteté, comme l’a si bien dit Thérèse de Lisieux, se trouve dans les petites actions du quotidien. J’ajouterai que la perfection de l’âme s’obtient par un travail de longue haleine qui doit être effectué par de fréquentes remises en cause personnelle. C’est pourquoi le pardon doit remplacer purement et simplement le jugement d’autrui.

Tandis que le jugement met en valeur le défaut de l’autre et cache nos propres travers jusqu’à nous réconforter dans nos erreurs fondamentales, le pardon nous réconcilie avec lui et pose sur une même balance les insuffisances de chacun des protagonistes. C’est en considérant que les défauts de mon proche sont équivalents aux miens que je suis en mesure de me réconcilier grâce à cette notion d’égalité. Ce qu’il faut en conclure, c’est que le jugement est une anomalie comportementale qui place celui qui critique sur un piédestal pendant qu’il condamne son prochain. Le jugement transforme son auteur en demi-dieu issu d’un polythéisme forcené. Autrement dit, celui qui s’auto-proclame « juge de fait » devient la honte des autres lorsque ceux-ci se rendent compte de la supercherie aux relents lucifériens. Qu’est-ce qui fait que celui qui juge son prochain est supérieur à ce dernier si ce n’est son orgueil démesuré ?

Le jugement est devenu la norme dans la civilisation contemporaine en même temps que les vices et les péchés ont été encouragés. Cela s’explique parfaitement puisqu’il s’agit d’une attitude strictement luciférienne selon la logique théologale. Nous vivons dans une époque nocive dans laquelle la superficialité est préférée à la profondeur de l’âme. On encourage les ignorants à se prosterner devant l’autel des gouvernements hérétiques afin d’attirer de plus en plus de monde dans cette chute abyssale. Ainsi, la chair a triomphé grassement sur les hommes contemporains afin de les mener dans les tourments d’une rude bataille vis-à-vis de Dieu. Il est tout de même étonnant de constater que cette guerre est en train de se transposer entre les hommes. La division accède à un sommet jamais atteint auparavant, l’individualisme, cette unicité que l’on notera « 1 » en mathématiques, est en train de rayonner sur le monde. Ainsi, chaque individu se croyant unique selon la règle du chiffre 1 veut son indépendance totale et inconditionnelle vis-à-vis de la société. Ceux qui tombent dans ce piège, sournois mais facilement détectable, se transforment en « loups pour l’homme » ou en « soldats du malin ». L’orgueil découlant de l’unicité réconforte les meurtriers du Fils de l’homme dans leurs propres hérésies. Ce qu’il faut comprendre c’est qu’un mécanisme Luciférien régit le monde actuel. Les hommes sont sur le point de se mener une guerre totale et autodestructrice selon une logique évidente et parfaitement mesurable.

Le pardon, dans toute sa dimension spirituelle, absout l’homme de ses péchés et le réconforte pour avancer sur le Chemin qui mène à la Vérité et à la Vie. Jésus-Christ nous a débroussaillé la sombre forêt pour ouvrir ce sentier situé dans notre esprit afin de nous aider à progresser dans la paix de l’âme. Le pardon est directement hérité de l’Amour du Père. Dieu nous a laissé la liberté de nos comportements afin que ceux qui souhaitent le suivre puissent progresser vers sa Lumière. Lorsqu’une majorité d’hommes se trouvent dans les ténèbres, la flamme de la bougie du Saint Sacrement aide les quelques fidèles isolés à retrouver le sentier de la Vie. Lorsqu’un seul homme pardonne les autres pour leurs péchés, celui-ci se trouve à la fois écrasé par le poids de la charge et propulsé vers la Lumière Divine. Jésus-Christ en se portant garant de l’humanité a hérité de sa double nature humaine et providentielle. Le pardon est un acte sacrificiel parce qu’il nous rappelle nos défauts ainsi que ceux des autres mais assure l’oubli de l’acte qui a brisé le fragile équilibre de la paix. Le pardon est l’antonyme du jugement, il piétine la tête de Lucifer et rallume la flamme de l’Amour de Dieu. C’est grâce au pardon que Jésus-Christ, la Sainte Vierge Marie, les Anges et les Saints ont vaincu le démon. Nous pouvons les imiter en cherchant à épouser cette cause afin de nous transcender en apôtres du Christ contemporains.

La problématique de la chair englobe, par conséquent, des notions spirituelles sous-jacentes difficilement identifiables au premier abord. En parlant de la chair, nous nous rappelons la chute d’Adam et d’Ève mais nous invoquons également le Rédempteur afin qu’il nous soutienne dans l’épreuve. Jésus-Christ ne nous demanderait pas de nous frapper pour l’imiter, il nous demanderait, au contraire, de nous souvenir qu’il est le Chemin, la Vérité et la Vie. Cependant, de nombreux Saints, comme Padre Pio, ont dû porter leur Croix en souvenir de l’œuvre du Sauveur. Ils se sont faits eux-mêmes Rédempteurs afin de soulager l’humanité et y sont parvenus avec une grande noblesse.

Cependant, nous ne sommes pas tous appelés à devenir l’équivalent de notre Sauveur. C’est pourquoi nous devons emprunter le sentier de la Sainteté qui nous amène, lentement mais sûrement, vers la Lumière du Père. Lors de cette lente progression comparable à un pèlerinage intériorisé, nous pouvons sentir l’Amour de Dieu nous emporter dans les Cieux afin de contempler, pendant de brefs instants, ce qu’est le Paradis. Le « souvenir de la Lumière » peut nous faire verser des larmes d’Amour face à la confrontation quotidienne avec la noirceur des hommes. Dans ces moments de paix de l’âme, l’Amour nous remplit la coupe jusqu’à déborder pour finir par nous dévoiler le visage des Anges qui louent perpétuellement le Seigneur. La Lumière est tellement belle qu’elle nous fortifie dans les épreuves et nous attendrit devant la misère des autres.

Après avoir connu l’Amour du Père, serrer dans nos bras le pauvre, le malade, le vieillard et l’orphelin devient le but de notre vie parce que cela permet de faire descendre un « morceau de Paradis » sur terre. À chaque fois que nous œuvrons pour l’Amour du Ciel, nous écrasons la tête du serpent et tirons par le bras le Père afin qu’il vienne nous consoler dans la temporalité. Prier Dieu afin que le Paradis annoncé dans le Nouveau Testament devienne une réalité devrait être le but de chacun. Si nous n’améliorons pas le monde, nous nous plaçons, consciemment ou non, en ennemi du Christ dans la plénitude de sa Charité. Nous devons devenir les « phares de Dieu » afin d’éclairer un tant soit peu nos contemporains. Que ceux-ci souhaitent ou non nous rejoindre est une autre question. Montrer le sentier menant au Christ ne signifie pas ordonner aux autres de nous suivre, cela revient plutôt à expliquer qu’il existe et que nous l’avons trouvé. La liberté doit être l’aliment de base de l’apôtre amoureux de Dieu.

Nous constatons que le Royaume de Dieu est éclairé par une forte Lumière et que ceux qui cherchent à l’établir œuvrent dans la Foi, l’Espérance et la Charité. Ils s’approchent des vertus telles le pardon, la liberté, la paix, la joie et le bonheur des pauvres en Amour. Les fidèles de Dieu travaillent la tête dans le Ciel en sachant garder les pieds sur Terre. Ils se collent à la vertu pour s’éloigner d’autant du péché. Par conséquent, dès qu’un individu n’agit pas selon ces préceptes, c’est qu’il œuvre pour l’ennemi. La rancœur, la colère injustifiée, l’envie, la luxure, la haine, le mensonge et l’invitation au péché sont les indicateurs du poison satanique. Le don de discernement provient de cette capacité à analyser les fruits produits par les autres. Le tout est de savoir pardonner les pauvres âmes égarées afin de faire la joie du Christ. C’est de la même manière que les hérésies sont détectables à leurs mauvais fruits.

Cet article n’élude pas la question de la chair mais clarifie davantage la voie de la perfection spirituelle selon le dogme Chrétien. Nous pouvons avancer sur le sentier qui mène à la paix de l’âme jusqu’à nous faire plonger amoureusement dans les bras du Père tout en laissant de côté les instruments de tortures et les péchés. Dieu soit loué pour sa grande Miséricorde. Que les hommes se rapprochent un peu plus chaque jour du Sacré-Cœur de Jésus pour que la Paix puisse s’installer, un jour ou l’autre, sur Terre. Amen.

Lien vers le fichier PDF : http://www.fichier-pdf.fr/2014/08/29/la-problematique-de-la-chair-au-cours-des-siecles/

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3 commentaires pour La problématique de la chair au cours des siècles

  1. pierre bernard dit :

    Merci, cette lecture arrive vraiment au bon moment…mon coeur en avait besoin.

    J'aime

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